Ayiti pa w la diferan? #ShameOnYou!

Maintenant que nous tournons la page Carifesta, je prends un petit temps pour répondre à ceux qui ont réagi – manifestement sans les lire – à mes deux articles sur Cité Soleil et le Festival des Arts de la Caraïbe, pour m’accuser de faire une fixation sur les mauvaises images d’Haïti et de ne pas me fendre d’un #selapouwla ou d’un #experienceit pour contrer la mauvaise propagande de la presse internationale. Il appert que la toute dernière mode serait – comme l’a souligné un lecteur – de réagir à toute remarque peu flatteuse sur Haïti en y opposant son Haïti à soi.

Désormais, nous aurions chacun notre Haïti à nous et l’Haïti qui a droit de cité sur les réseaux sociaux n’est pas celle de la faim (56% d’entre nous), des logements précaires (72% d’entre nous), de l’insalubrité urbaine … de la misère crasse et abjecte. L’Haïti qui a droit de cité sur les réseaux sociaux n’est pas celle de ces 2,500,000 Haïtiens vivant dans l’extrême pauvreté, de ces 500 000 Haïtiens menacés chaque année par les catastrophes naturelles, de ces 100 000 enfants de moins de 5 ans souffrant de malnutrition aiguë …

À cette triste Haïti que, dans son incomparable méchanceté, la presse internationale s’obstinerait à présenter, nous opposerions l’Haïti des urbains branchés, ayant accès à l’électricité (28%) et à Internet (10%) dans un logement équipé d’une douche ou d’une baignoire (7,6%), d’un WC (6,7%) et d’un robinet à l’intérieur (4,7%). Nous lui opposerons donc l’Haïti des séjours en hôtel de plage (à 120 dollars la nuit, soit 1/6 du PIB par habitant), du tourisme local en grosses cylindrées, de Carifesta, du Dîner en Blanc … parce que celle-ci est plus belle et donc plus vraie.

Notre devoir de citoyen est désormais de poster sur Instagram, Facebook et Twitter de belles photos d’Haïti parce que nous voulons que Google nous cache cette photo de Cité Soleil que nous ne saurions voir. Même si Cité Soleil est bien là. Tous les jours. À nous narguer par sa laideur indécente.

Nous ne voulons pas non plus voir les images de nos rues remplies de fatras ou des enfants qui y cherchent leur subsistance. Nous n’en pouvons plus de voir les disgracieuses images des rapatriés qui nous arrivent de la République Dominicaine. Ils sont trop réels et gâchent le paysage. Ils obstruent l’objectif de ces jeunes, de plus en plus nombreux, qui se découvrent des talents de photographes. Ces jeunes qui mitraillent Haïti, jour et nuit, à la recherche du cliché vendeur.

C’est évidemment là une chance inespérée de voir notre pays selon une perspective qui est nôtre. Malheureusement, pour la plupart, nos jeunes photographes sont influencés par le #experienceIt et le devoir de présenter une image aseptisée d’Haïti. L’émotion et l’art en prennent un coup et c’est dommage. Haïti, Perle des Antilles, a des exigences esthétiques que l’impertinente réalité risque de compromettre. Il vaut donc mieux l’escamoter.

Ce désir de retour aux splendeurs d’antan m’inquiète à deux niveaux. Le premier est qu’il a des allures fascistes qui rappellent la dictature des Duvalier, au temps des Comédiens, à l’époque où nous recevions beaucoup de touristes partis vers le Sud, comme on s’en va au zoo, pour admirer la faune locale, de loin et dans son confort, sans se soucier de leurs conditions de vie puisqu’ils ne sont guère plus qu’une partie du décor. Le second tient au côté néo-colonialiste de la chose puisque la beauté que nous devons montrer doit correspondre à un schème esthétique occidental et notre culture n’est valide que sous son aspect exotico-ethnique.

Tout ceci n’a, bien sûr, rien d’étonnant puisqu’enfin, la Perle des Antilles n’a jamais existé que pour un petit groupe, une petite minorité zwit – pour utiliser une formule bien connue – de grands propriétaires, de hauts gradés de l’armée, de capitaines d’industrie, d’importateurs … À côté, a toujours existé la masse défavorisée des esclaves, des simples civils, des ouvriers, des prolétaires … généralement le même groupe qu’aujourd’hui nous ne nous voulons pas #experience même s’ils sont bien là.

Il y a du bon à vouloir montrer Haïti sous un meilleur jour. Notre pays est riche en histoires et en culture. Nous avons plus à offrir au monde que des catastrophes naturelles et des catastrophes politiques. Ce n’est pas toutefois en cachant la criante réalité que nous y arriverons. À titre d’exemple, la méthode Rudy Giuliani pour « nettoyer » les rues de New York de ses habitants sans domicile fixe en les poussant hors de la ville, n’a pas eu – et c’était prévisible – les résultats escomptés. De même, ignorer les laideurs qui salissent l’image d’Haïti ne la rendra pas plus belle. Il est temps de comprendre, comme le résume si bien le beau et touchant documentaire Time out of Mind de Richard Gere, que la misère n’est pas affreuse parce qu’elle enlaidit nos rues mais parce qu’elle enlaidit des vies. Ce n’est donc pas l’évidence de l’existence de laideurs dans notre pays qui doit nous outrager mais plutôt que des gens soient réduits à vivre de cette manière.

Votre Haïti est différente de la leur ? En quoi y a-t-il là matière à être fier ? Que célébrez-vous au juste ? Le fait d’avoir eu plus de chance que 80% de la population ? Le fait d’être né dans une famille de la classe moyenne, qu’elle soit moyenne à vocation bourgeoise, moyenne moyenne, ou moyenne à vocation prolétaire? De quoi vous réjouissez-vous ? De ne pas avoir, par un simple hasard de naissance,  à supporter la crasse, jour et nuit? Dans un pays où l’ascenseur social est en panne et où la majorité de nos compatriotes est réduite à « brasser la rue », qu’y a-t-il de si moral à poster sur Instagram la photo de votre dernier repas dans un restaurant hors de prix ? De quel droit osez-vous en faire une simple affaire d’opinion et d’appréciation ? D’établir une fausse équivalence entre votre « Perle des Antilles » et leur « Misère des Antilles » ? D’où vient cette (absence de) conscience qui vous permet d’accuser ceux qui décrivent et décrient la réalité de contribuer à ternir l’image du pays le plus pauvre et du seul Pays Moins Avancé de l’Amérique ?

Votre Haïti est différente? Soit. Faites-en la promotion tant que vous voudrez. Ne vous avisez pas, toutefois, de m’empêcher de parler de ces deux petites filles qui m’ont offert une clé dorée. Ne vous avisez pas de m’interdire de parler de mes compatriotes qui ont faim alors que vous faites la Festa. Mon Haïti est celle de tous les Haïtiens, ceux que vous voulez ignorer, ceux à qui vous voulez ressembler et qui vous méprisent, ceux qui travaillent à la changer et ceux, comme vous, qui la veulent différente en photo. Moi, aussi, je la veux différente … mais dans la réalité et pour tous.


PS : La première partie du titre de cet article est similaire à un texte du jeune rappeur Baky Popilè qui, contrairement à l’usage qu’on en fait ces derniers jours sur les réseaux sociaux, invite à travailler ensemble pour changer l’image d’Haïti. Ce billet ne le cible donc en aucune façon.

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59 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Roxy-Ann dit :

    Bien parlé (ou plutôt bien écrit 😉 ). Rien à ajouter. À part MERCI de ne pas NOUS avoir oubliés dans votre Haïti, Patricia.

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    1. 3sh@ dit :

      Moi, mon Haïti est celle de tous les Haïtiens et de toutes les Haïtiennes du pays 🙂 . Merci de me lire.

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  2. Je partage dans l’absolu ces réflexions…Je me demande à quel moment un grand dîner de solidarité ou dîner en noir sera organisé le même jour que le DEB ! Mon Haïti à moi est surtout AYITI PA YO A!

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  3. Edulove dit :

    Chapo ba pou moun ki ekri Article sa. Si plis jeune te panse konsa peyi a tap lwen. Antouka toutan map di menm bagay la. Peyi nou malad. Jeunesse la pi mal toujou.

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  4. Maitre Dras dit :

    Exerçons un peu de tolérance a l’égard de cette tendance “Ayiti Pa’m lan diferan”, je ne pense pas qu’une volonté de présenter une belle Haïti soit mauvaise, je ne pense non plus que cela soit un manque de patriotisme. Tout au contraire, ca nait d’une démarche patriotique de haïtiens qui cherchent désespérément des motifs pour être fier de leur pays. Et aussi long qu’un peuple ne soit pas fier de sa patrie, je crois fortement qu’aucun changement radical ne peut être fait. Certes, les problèmes dans le pays sont bien concrets, mais comment les arranger si notre économie continue son saut parachutiste du haut du ciel. Comment porter une solution si le pays ne se trouve pas un moyen de gagner de l’argent. Je ne veux pas être illusionniste, toutefois, je crois que le tourisme puisse servir à un moyen d’entrée économique pour l’état haïtien. Pour revenir a la première idée, cette tendance n’est pas un problème en soi, peut-être elle doit être mieux comprise, tout du moins mieux organisée. Ce que je propose c’est qu’en publiant une photo d’une belle Haïti il faudrait certainement ne pas oublier les problèmes que nous avons. Mais aussi, ces belles photos/activités que vous trouvez antipatriotes ou irréalistes servent quand même a des remontées morales qui nous disent qu’une belle Haïti est bien possible. Ne soyons pas un peuple qui se plaigne de ces problèmes à tout moment, car au long de cette démarche nous deviendrons certainement fous. Mais présentons une belle image de notre pays, une image qui peut nous redonner une fierté d’être haïtien, une image qui peut nous faire croire qu’une meilleur Haïti est possible, et ainsi nous travaillerons à rendre Haïti totalement différent.
    PS: Tous les pays ont leurs problèmes a eux, nous aussi nous en avons, mais que préférez-vous, que je reste a me plaindre sur Facebook, a publier des images dégradantes de ma nation, pour que les blancs aient pitié de moi, ou du moins préférez vous, que j’encourage le tourisme, une activité qui peut rapporter a mon pays, et en même temps travailler à résoudre les problèmes internes de ma Ayiti chérie.

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    1. 3sh@ dit :

      C’est exactement le point de vue émis dans l’article. Publier de belles photos oui mais ne pas faire comme si la réalité cessait d’exister pour autant. Si nous refusons de faire face à la réalité, comment arriverons-nous à la changer ?

      PS : C’est une fausse dichotomie que vous présentez là. Il faut abandonner cette vision manichéenne qui veut que l’on doive faire l’un ou l’autre. On peut parfaitement faire les deux ou ni l’un ni l’autre… Ou tout-à-fait autre chose. Pourquoi se limiter à ces deux choix ? Sinon, mon blogue ne s’adresse pas prioritairement aux étrangers mais aux Haïtiens du pays. Si des étrangers s’y retrouvent toutefois je m’en réjouis parce que nous sommes tous partis de la grande famille humaine et ce qui touche un humain, concerne tous les humains.

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      1. Vraiment tres bien dit! Nous devons cesser a vouloir ressembler aux autres en maquillant l’exterieur alors que l’interieur est completement poussieureux, crasseux et rempli de toile d’arraignée. Nous devons commencer par faire le menage a l’interieur et nous assurer que ceux que l’on voit du dehors est aussi la realite de l’interieur ou encore ressemble un peu a l’interieur. Cessons d’etre superflu pour rien! vanité des vanités toute est vanités!

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    2. Barbara pradel dit :

      Je suis fatiguee de ce slogan « chak peyi gen pwoblem pa yo ».c’est une excellente facon de se dire qu’on n’est pas les seuls et ne rien faire pour changer notre situation.Ca me fait penser a mes annees a l’ecole fondamentale: quand mes notes avaient baisse et que je tentais de justifier tt cela en disant a ma mere que je ne suis pas la seule,que plusieurs enfants ont de mauvaises notes.elle me repondait toujours: j’ai besoin que tu travailles pour ameliorer tes notes a toi,garde tes comparaisons pour toi…c’est pour vous dire qu’on ne peut pas dormir sur nos lauriers.on doit regarder notre realite en face et avancer.

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      1. 3sh@ dit :

        Votre mère avait raison.

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    3. Myrielle dit :

      Maitre Dras, je ne rajoute rien tu as tout dit et croire qu on y arrivera. Ce qu il faut voir maintenan, ceux qui avaient de mauvaises idées de nous viennent me demander: Quelle agence de voyage pourrions nous contacter pour aller en Haiti? En plus, n importe qui va en Haiti peut avoir une assurance (protection de vie) depuis juin 2014 a nos jours. Merci pour ton texte Dras.

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  5. Say dit :

    Merci Madame ! Si on n’est pas conscient de cet état de choses, on ne pourra pas se faire une vision pour développer Haïti réellement…

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  6. Charly dit :

    Merci a l’auteur ainsi qu’a Maitre Bras qui a bien commente le texte!

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  7. Tony dit :

    D’accord avec cet article mais…
    Cela fait 50 ans que les médias montrent des images qui choquent l’opinion publique et qui provoquent peur et pitié.
    De ce fait les autres nations prennent le peuple haïtien pour un peuple attardé violent et sans culture.
    il est temps que cela change,qu’importe le moyen car tout cela est faux,ce peuple est culturellement riche.Tous les haïtiens n’habitent pas à Cité Soleil!
    Nous devons montrer nos atouts pour attirer les touristes comme font tous les pays et en meme temps nos leaders doivent oeuvrer afin d’aider ces quartiers en difficultés.

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  8. ricazeph dit :

    G le regret de vous annoncer que Haiti pa m’ nan diferan. Vous pouvez toujours continuer à vilipender, salir, lapider, dénigrer comploter contre votre Haiti à vous autant qu’on le fait depuis 1804, de mon côté; que cela vous plaise ou non, je vais continuer à faire la promotion de mon Haiti, qui est différent du votre. Et je me demande de quel droit osez-vous me dire: « Shame on you », alors que je vends une image de mon Haiti, l’Haiti que bon nombre ont contribué à salir l’image auprès des institutions internationales pour trouver le financement pour des projets bidons.
    Il y a plusieurs façon de réagir face à un problème: il y a ceux qui vont rester dans leur coin à lamenter sur leur sort et il y a ceux qui vont choisir de jouer leurs partitions pour le résou.
    Si la République Dominicaine avait choisi d’attendre que la misère disparaisse, que tous les problèmes soient résolus avant de faire la promotion du pays ; elle ne serait pas aujourd’hui la première destination touristique de la caraïbe.
    A chacun son Haiti.
    HAITI PA M’ NAN DIFERAN

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    1. 3sh@ dit :

      Avez-vous seulement lu le texte ?

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    2. Barbara pradel dit :

      Si vous avec lu l’article vous n’avez absolument rien compris.c dommage!oser dire que l’auteure denigre Haiti c de la méchanceté.Ayiti pa’m nan veut dire quoi?c tellement facile de repeter des slogans sans en comprendre leur sens ou s’en meme prendre le temps de reflechir.Ajouter de belles photos d’Haiti(merci en passant a Photoshop) va changer quoi?La realite va disparaitre?on va brusquement avoir acces aux soins de sante?a l’education?…Arretons de nous mentir et travaillons de preference afin d’avoir un pays qui est le meme pour nous tous.Notre individualite poussee aura raison de nous

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    3. Jacki dit :

      Mon cher il faut sortir du déni(la belle politique de l’autruche) ne faites pas comme ceux qui de leur chambre d’hotel ou de leur appartement « tet neg » ne voient pas le bidonville!

      Haiti paw la ap diferan leu nou louvri je nou

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  9. marie dit :

    certes tous les haitiens n habitent pas Cité Soleil mais pour le monde entier c est le symbole cuisant des échecs dictatoriaux et politiques infligés à Haiti durant des décennies et l image ne s est pas arrangée depuis le tremblement de terre et le choléra malheureusement….alors.donner une nouvelle image de paradis retrouvé pour essayer de relancer le tourisme why not,?….mais de quel paradis parlons nous?….il est vrai que des diners en blanc à la E Barclay version st Trop sur Haiti!! c est vraiment choquant quand on sait que les 3/4 de la population ne mange pas à sa faim ….donc il doit s agir du paradis Duvalier sans doute….!
    .Le développement touristique ne pourra se faire que sur des bases fiables , un état fort et une stabilisation sociale et économique….ce qui est loin d être le cas……les gens ont toujours en tête que l argent versé après le tremblement de terre n a pas été utilisé dans sa totalité pour reconstruire Haiti, que beaucoup a été détourné pour des profits privés…..j ai bien peur que ce developpement touristique ne profite qu à une petite minorité et à des compagnies étrangères et que cela se fasse sur des expropriations sans indemnisations pour repousser plus loin la population non grata aux abords des sites touristiques….comme c est déjà le cas à Labadie……
    le tourisme comme industrie c est bien mais cela doit être une activité complémentaire à un développement économique basé sur l industrie, le commerce la créations d entreprises etc;;….le tourisme comme unique visIon de développement économique n a jamais été source de création d emplois suffisant pour faire un tissus social economique stable…..on peut le constater dans des pays qui on tt miser sur le tourisme comme la Tunisie ou même la RD…..cela n a jamais permis de régler les inégalités sociales bien au contraire ; cela a cree des emplois à bas couts et peu qualifiés
    En RD principalement basé sur le tourisme et l exploitation sucrière ( rentable car ils exploitent de manière esclavagiste les Haitiens) la société Dominicaine n est vraiment pas un modèle à suivre ….les inégalités y sont criantes, la corruption, la drogue……un état dont la stabilité financière et politique est loin d être bonne..et les laissés pour compte légions……..

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  10. Chuits dit :

    Wow, cet article est parfait. Un grand rmerciement a l auteur.
    Je lisais recemment un article de Carel Pedre qui defendait son choix de presenter une autre image du pays en avançant que c etait l’Haiti qui il a fait le choix de montrer et qu’il laissait aux autres le plaisir de montrer la laideur, la misere etc.
    Que cela soit clair, il n y a aucun probleme a montrer d autres facettes de notre pays mais a un certains il faut eviter de vivre dans une certaine levitation en faisant fi de l ecrasante realité. Et je pense qu’en s obstinant a vouloir vendre la facette agreable de notre pays, on lui fait au final plus de mal que de bien. Car un touriste leuré par ces images et qui debarque et que se retrouve en face de la realité risque no. Seulement de ne plus revenir mais surtout il risque de dire a son entourage sa deception.
    D autre part, je pense que ces jeunes qui s echappent de la realité en plongeant ds des photos, sont pris ds un mouvement tres vieux et tres connu : les villages Potemkine. Construire une realité de facade alors mm qu’on croupit dans la misere la plus execrable.
    Au lieu d investir(c est la un bien gros mot) dans carifiesta on aurait pu reloget qq de nos compatriote expulsés de RD ou contruir des abris permanents pr les sinistrés des catastrophes a venir. Ou encore refaire, ne serait ce qu’un kilometre de route etc…
    Continuons a faire la politique de l autruche, ca ne peut qu aider ceux qui sont deja en haut.

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  11. Edulove dit :

    Lè Ayiti sou wout devlopman an vre, ou p’ap janm bezwen fòse vann bèl imaj li, men imaj li ap briye pou kont li. Wi Ayiti bèl, men gen plis salte ke bèlte. Si w pa reyalist ou pap ka wè sa. Asepte ss e chanje vizaj peyi a.

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  12. Jill dit :

    Hier encore, les images des dommages causes par le cyclone ont révélé la fragilité dans laquelle la majorité des Haitiens vivent. Merci a l’auteur de nous presenter les statistiques. Les chiffres ne mentent jamais. La responsabilité de ceux qui sont au pouvoir c’est de veiller a la dignité, a la sécurité et la bienveillance de tous les citoyens, non pas a un petit groupe minoritaire. J’avoue que ces notions ne peuvent pas se presenter en image, mais elles sont d’autant plus important qu’aucune société ne peut s’avérer de progresser sans faire d’elles une priorité.

    Le « cout d’opportunité » que représentent les choix de financer Carifesta ou les Carnavals – ont pour conséquences ou correlation directes – la vie et la fragilité dans laquelle les autres pataugent. Si ce petit groupe se reserve le droit de se proclamer être la meilleure qu’Haiti a offrir (ou tout ce qu’ils font), l’abime dont nous avons cree nous engloutira sous peu. Quand on finance a coup surs les Carnavals et non la restauration de l’hôpital General pouvant desservir la population, ou ne pas payer les médecins, les infirmières, les professeurs, supporter le secteur de l’ agriculture, nos ouvriers quotidiens avec les salaires adéquats, résoudre nos problèmes d’électricité a fin de créer de nouveaux emplois et industries – c’est un choix délibéré de ceux qui détiennent les ressources du pays. Je comprends l’impulse a se donner a cette notion ou Haiti doit se presenter sous d’autres images; mais ces images ou notre criante situation avec les Dominicains n’auraient pas exister si les efforts a les effacer constituaient une priorité a part entière ou persisteraient tout autant.

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  13. Claude dit :

    Article bien écrit. Effectivement vous avez le droit d’émettre vos opinions. Si c’est cet aspect le la vie que voulez exposer, allez-y. Mais peut-on crucifier ou juger des gens qui veulent prôner le côté joyeux de leur vie? D’après vous nous devons donc chanter la laideur du pays? Depuis quand cette forme de marketing a-t-elle aider un pays? Car si c’était le cas, Haïti serait super riche en nourriture, en argent en maison puisque que c’est tout ce que l’international prone ?
    Vous voulez aider le pays et mon peuple qui a faim? Faîtes le bien. Communiquez avec eux dans une langue qu’il comprendront, allez à la radio pour les alphabétiser, car quand vous blogguez de ce genre, vous ne parlez qu’à une catégorie qui va utiliser ceci contre nous haïtiens à son bénéfice.

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    1. 3sh@ dit :

      Pour les réponses à vos questions, puis-je vous recommander de lire le texte ? Quant à votre suggestion sur comment aider le pays et « votre peuple » qui a faim, puis-je, à mon tour, vous suggérer de la garder et de l’utiliser pour vous ? Certains bloguent, d’autres font des commentaires, d’autres parlent à la radio, d’autres enseignent à l’université et ont deux fondations œuvrant dans le développement dont une depuis plus de 15 ans. Que voulez-vous? Chacun de nous choisit librement comment servir son pays. C’est un droit (et un devoir) qui nous a été donné par nos ancêtres.

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      1. Claude dit :

        Vous avez raison, chacun a sa façon de servir son pays. Mais je vous poserez une simple question dont vous garderez la réponse pour vous : comment peut-on servir son pays en parlant QUE de la négativité et en crucifiant ceux qui font autrement? Sur ce je vous quitte. J’apprécie votre intervention.

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  14. Mackendy dit :

    Je pense que chaque personne a le droit de parler de tout ce qu’il veut sur un pays. La seule chose, je me demande pourquoi les medias haïtiens ne presentent pas les quartiers pauvres des pays dont leurs medias diffusent a longueur de journée les guettos de notre pays. La raison c’est que les PDG attendent les 4 et 14 juillet pour aller deguster les plats francais et americains alors qu’ils(etrangers) n’ont pas besoin de nos cassaves a manba.
    La pauvrete d’haiti ne peut pas empecher la tenue d’un festival voire un diner en blanc puisque si quelqu’un a bien travaille on ne peut pas l’empecher d’etre heureux.

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  15. Barbara dit :

    La parole est puissante et une mauvaise langue impacte plus que l’on peut croire.
    Si ta propagande est de scander le malheur, la tristesse et la pauvreté, est-ce que tes actions font la différence?
    Le positivisme ne tue pas. Au contraire, il incite les courageux à poursuivre leur lutte contre les actions stériles.

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    1. 3sh@ dit :

      Mauvaise langue ? Propagande ? Êtes-vous certaine d’être sur le bon blogue. En quoi les faits bruts et objectifs qui sont présentés ici correspondent à ces descriptifs ? Il faudrait aussi signaler que, ironiquement, je suis celle qui est positiviste ici puisque me basant sur la réalité objective. Les mots ont leurs sens. Tentons de ne pas (trop) les dévoyer.

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  16. Darline dit :

    Mèsi pou tèks sa ki ekri ak kè. Pèmèt mwen ale nan menn sans avèk ou pou nou kontinye pale de volonte kèk moun ta genyen pou fè kwè nou ka ap viv pa bò isit la avèk yon linèt pou wè bèlte sèlman.

    Vwadèzil fè yon chante ki rele « pa ka enjoy », se tankou yon repons li bay chante J. Perry a. Tout kesyon an la. Posibilite pou tout moun « enjoy » nan peyi a la men fòk gen mwayen pou sa. Gen mwayen pou sa vle di kreye kondisyon pou sa. Kondisyon pou sa posib se responsabilite leta ki dwe asire-l ke tout moun nan peyi pa bò isit ka ale nan bonjan kalite lekòl pou yo byen fòme, pou yo ka travay e pi tou pou yo genyen bon kalite lavi.

    Se responsabilite leta tou pou li enpoze règ pou kay bati, pou dlo rive nan kay yo, pou kouran disponib pou timoun ka etidye e pou granmoun travay. Se responsabilite leta pou genyen yon sistèm pou ranmase fatra mennsi se konpayi prive ki pase ranmase yo kay chak moun, se responsabilite leta pou l veye ke moun pap manje nan fatra.

    Lè leta ta fenn pran responsabilite l, fè edikasyon pou moun aprann pa jete fatra nan lari, kòman pou yo itilize konfò modèn, ki dwa ak devwa chak sitwayen, lè sa na kòmanse pale de yon lòt Ayiti, de Ayiti pa’m, Ayiti pa w, paske lè sa se bòn volonte, fòs travay ak entelijans chak moun ka pemèt yon nivo diferans fèt. Se pap ni non manman w, ni non papa w, ni koulè w, ni richès ou, ni kote ou mare nan pye tab kay moun kap detèmine sa ou ka ye.

    Mikròb ak maladi pa fè konsidersyon klas. Lè nan lè nap respire an Ayiti gen sa blan rele « particules de matières fécales »-mwen pa kwè mwen bezwen tradwi pou nou- se nan nen tout moun yo rantre, se nan poumon tout moun yo ale. Nan Ayiti pa w la mennjan ak nan lòt Ayiti a, tout moun ap respire malpropte paske twaka moun ap fè bezwen yo atè. Lan Ayiti pa w la ou ka deside pa wè timoun ak jèn moun ka manje mizè nan lari a, men pa enkyete yo menn yo wè w.

    Nan Ayiti pa w la, ou gen dwa deside pa wè , men pa enkyete lòt Ayiti a gen de je l kale pou gade jan nou ka pase lide peyi, kilti, viv ansanm, nan betiz. Lè tout sa pa vle anyen pou privilejye kap byen mennen piga nou espere lòt Ayiti a ap pi « sivilize ».

    * Pou mwen leta se moun ki gen responsabilite mennen bak peyi a e se sosyete sivil la tou ki dwe ap veye, fè presyon chak jou pou dirijan yo ak zanmi yo pa pase tout tan yo ap enjoy sèlman.

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  17. Tropenvos MV dit :

    r cet article : je partage votre frustration d’assigner le financement du Carifesta et des Carnavals comme une priorité de Haïti! Pour moi ça semble plutôt un effort pour détourner l’attention des élections des comédiens ou pour noyer les cris des « sans-voix ».

    Non je me ne présume surtout pas le droit de juger, mais en lisant les multiples réactions sur votre blog, je me demande comment une personne peut usurper un pays comme si ce pays était juste à elle/il?

    Est ce que ce n’est pas la riche diversité des individus résidents, chacun avec leurs passé, leurs force, leurs connaissances et compétences, qui font d’un pays ce qu’il est? Est ce que ce n’est pas selon les lunettes que nous choisissons de porter, que nous voyons ce que nous voulons (ainsi que nous ne voulons pas !) C’est le droit de chaque un, mais en voulant voir et partager qu’une seule coté (et même 5% au lieu de 95%) je me considérais certainement perdent ! Ne cherchons pas à faire d’Haïti une photo en encadrement ou une magasin bien illustrée ; Haïti est une terre vivante, qui bouge et qui est humaine (= jamais parfaite !)

    Vos commentateurs parlent des images salissantes qu’on doit éviter? Eh bien … ouvrir mes yeux pour faire entrer la nature superbe ici, facile eh… ça plaise. Ouvrir mes yeux pour faire entrer également la criante réalité des autres autour de moi, ça gêne et même outrage! Mais je m’en doute fort que la politique d’autruche vous apportera du bonheur !

    Oui Haïti a si beaucoup à offrir au monde, mais si Haïti a pu s’offrir comme mon pays adoptif, c’est grâce aux Haïtiens « patriot konsékan » qui m’ont pu montrer les vues le plus divers ET réalistes : Haïti dans toutes ses richesses ET ses tristesses! Et c’est souvent merveilleux ET révoltant, et Haïti m’a séduit!

    Depuis des dizaines d‘années je tente d’afficher une image équilibré d’Haïti: pas celui de CNN, du Min. de Tourisme, de l’agence de voyage, du site des ambassades étrangères, non plus celui du dépliant pathétique d’un NGO pour recueillir des billets verts, mais un image diversifié, parfois attrayante avec des lunettes positives, mais toujours en donnant place aux divers réalités et oui parfois ça choque !

    Je me demande comment nous pouvons persuader les jeunes talentueux photographes de relever ce défi : réaliser des clichés esthétiques mais à la fois réalistes, respectueux envers leurs sujets, pour que ces images nous parlent et nous interrogent (ne pas jugent!!!) ; des images voulant inciter un curiosité et un appréciation pour ce qui est la de beau et également inciter un soif de montrer un monde à construire d’avantage plus juste pour les ‘sans voix’, ces 95% d’autres.

    Comment nous pouvons faciliter des multiples jeunes leaders qui bougent et qui méritent notre encouragement, parce que certes ils font la différence ! Comment encourager un tourisme qui depuis son planification de départ inclus toutes les acteurs locaux, qui eux-mêmes tous y profiteront à part justes ?
    Une société plus juste n’est pas construite par des show féeriques, mais par un vrai dialogue où tous ont leur place, suivi par des actions concrets et constructifs, épaulés par tous.

    Si on parle d’un Carifesta comme la fête superbe, sa voix a laissée beaucoup des haïtiens sans musique , sans espoir, avec un ventre vide, dormant dans leur tente de fortune sous les étoiles et sous Erika : des gens sans nom, sans voix et même maintenant sans identité.

    Merci d’utiliser votre blog pour partager votre opinion ; la quantité et la qualité des commentaires me montre que l’image d’un Haïti juste et différente et pour TOUS est encore un bel défi !

    Aimé par 1 personne

    1. 3sh@ dit :

      Merci pour ce beau témoignage.

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  18. Rodney dit :

    Je suis haïtien et cela m’étonne toujours de voir le rêve non réaliste de certains de croire qu’on peut construire un édifice sur de la boue. Non! Cela ne se fait pas. Il faut une base solide qui ne se déforme pas pour construire, un exemple courant, c’est le béton. Jusqu’à aujourd’hui je n’ai pas vu de constructions réelles sur des bases non solides ou déformantes.

    Comme vous pouvez l’imaginer, le touriste cherche à voir quelque chose d’original, et en Haïti, nous en avons à revendre. Mais pensez-y deux fois, quel humain, arrivant en Haïti pour s’amuser et jouir de la vie va vraiment se sentir bien à voir toute la misère de nos rues. Très vite il va sentir la nécessité de passer à l’aide, très vite il va sentir le poids de l’inhumanité, et le temps de plaisir recherché va vite se changer en temps de réflexion et de constatation de son incapacité et sa fragilité d’être humain, et vous savez quoi, la prochaine fois, il n’y reviendra pas, et non plus il n’y encouragera pas ses amis.

    C’est une utopie de croire qu’on peut vraiment lancer une industrie touristique sur les fatras qui jonchent nos rues. Allez donc voir ailleurs les petits pays où le tourisme prolifère, cela n’a rien à voir avec l’état d’Haïti. Certains sont pauvres, mais dignement pauvres, ils sont propres et ne souffrent pas de malnutrition. Oui, il y a un plancher de pauvreté au-delà duquel, en présence de tel spectacle, en tant qu’humain, on ne saurait dire qu’on va y aller pour s’amuser.

    La presse cherche les images exceptionnelles, c’est tout, il n’y a pas un agenda particulier, c’est une question de « ratings », c’est ce qui assure leur salaire. Entre Cité Soleil, la Citadelle et le Bois Vernas, quelle image pensez-vous se vendrait mieux? Cela irait exactement dans l’ordre cité. Donc, vous éliminez Cité Soleil et la Citadelle sera sur les écrans.
    La solution, oui je ne critique pas sans en proposer, ce n’est pas de créer de belles images en fermant le champ de la caméra ou en utilisant Photoshop, c’est de créer de réelles images qui seront belles parce qu’elles le sont vraiment. La solution c’est de se débarrasser des  » Cité Soleil ». Et pour cela, il faut argent et éducation. Oui, l’argent peut venir du secteur touristique, mais pas de cette façon.

    L’idée d’inviter des étrangers à venir s’amuser sur la crasse, cela ne marchera jamais. Il faudrait commencer par nettoyer un coin, vraiment nettoyer, faire venir les touristes, récupérer l’argent pour nettoyer davantage et continuer ainsi. Je fais beaucoup de tourisme, et oui à l’extérieur d’Haiti et je ne fais pas que passer, non, j’observe, et je vois comment cela se fait. Avant de décider d’aller en un endroit je m’informe et si cela parait crasseux, non sécuritaire et donc stressant, jamais je n’irai, c’est la raison pour laquelle Haïti n’est pas sur ma liste, et c’est valable pour presque tous les touristes. Et demandez vous bien, sans émotion et loin de l’utopie, pourquoi un touriste déciderait de venir en Haiti au lieu d’aller à Panama, Costa Rica, Hawaii, Ile Fiji et autres…? Y avez-vous été? Y avez-vous vu la différence? Y avez vous vu et vraiment senti la différence?

    Et pourtant, de la liste que je viens de citer, si les circonstances étaient différentes, je suis certain qu’Haiti aurait eu l’avantage. Imaginez Haiti, belle et propre et imaginez demander à un touriste s’il veut aller en RD où il va trouver des belles infrastructures, sans histoire et sans grande culture ou aller en Haiti aussi riche en Histoire. Si vous avez une petite idée de ce que recherche un vrai touriste, alors je devine que vous avez la bonne réponse. Où faut-il commencer? Pour ceux qui ont les moyens, qui sont en situation financière assez prospère, commencer à faire comme dans les autres pays, faites des associations de financements de candidats et assurer vous que ceux qui vont utiliser vos moyens pour d’être élus ont les bonnes idées. Il faut arrêter de corrompre les officiels pour tirer avantage, mais les corrompre, oui j’ai bien dit les corrompre, dans le style de ce que l’américain appelle « lobbying » mais qui n’est que de la corruption, bien des fois positives pour ainsi dire. Donc, financez les bonnes personnes pour gérer le pays, après avoir déterminé un plan de développement.

    Oui c’est possible de développer le tourisme en Haiti, mais pas sur la crasse ou à coup de grandes fêtes et de photos choisies ou truquées sur cette même crasse. Je fais une proposition de départ: vous commencez par assainir le Cap Haitien, vous débarrassez Milo de sa population non productive, en vous assurant de bien les loger dans un autre environnement, vous développez Milo comme un village touristique, semblable à n’importe quel petit village français ou italien ou costaricain, propre et attrayant, avec tous les services, vous aurez alors un axe propre et sain : Grande ville du Cap, petit village de Milo et monument historique la Citadelle. Ce serait un espace quasi imbattable, advenant qu’on n’y vienne pas pour patauger dans la boue et la crasse. Et avec les profits vous continuer ce développement, éduquer mieux les gens et aussi travailler de plus en plus pour arriver à faire que le pays puisse se nourrir de par lui-même, …. sans jamais perdre de vue que l’objectif n’est pas de cacher la population de misère que nous avons actuellement, mais de l’éduquer et la rendre présentable, afin qu’elle puisse s’asseoir aussi à la table. Ceci est un tout autre débat. Cela n’a rien de simple, mais c’est faisable.

    Pour ce que je viens de dire, les commentaires ne sont pas vraiment nécessaires, les jugements inutiles non plus. Si vous avez une autre idée que vous pensez pourrait être utile à la communauté alors postez-là aussi.

    Aimé par 1 personne

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