Au moment où j’écris ces lignes, le Conseil des ministres votent le projet de décret électoral qui, si l’on en croie le Premier Ministre Didier Fils-Aimé, sera adopté. Hier, proposait en grand titre sa défense de l’article 139 exigeant que les partis politiques – par ailleurs déjà inscrits et validés par le Conseil électoral – justifient de 30 000 membres avant de pouvoir prendre part aux élections.

Monsieur Alexis présente cette nouvelle conditionnalité modifiant la loi sur les partis politiques – par ailleurs visée dans le décret électoral – comme « une très bonne chose ». Une très bonne chose qui facilitera ceux qui peuvent aisément se procurer une liste de 30 000 NINU – en accédant par exemple à la base de données de l’ONI – mais peut-être moins bonne pour vous et moi qui risquons tous.tes de nous retrouver membres de partis, à notre insu.

Car, voyez-vous, il n’y a pas de provision dans le décret – pourtant très long – quant à la transparence de ces listes. Le conseil électoral provisoire prévoit-il de rendre publiques les listes soumises par les partis? Si oui, quand et avec quels recours?

Cette question de recours est d’autant plus importante que nous n’aurons au plus que trois mois pour que plus de 6 millions d’électeurs se présentent dans des bureaux de vote non encore fonctionnels pour s’enregistrer sur une liste électorale générale qui sortira à la fin du mois d’août – sans posssibilité de modifications – pour que des élections prévues en novembre 2016.

Avec un taux d’inscription forcément bas, pour des élections que l’on peut désormais gagner en réunissant 25% de voix de plus que son concurrent le plus proche, nos futurs élus seront ceux qui ont le contrôle de la base de données de l’ONI. Et, cela, voyez-vous, je ne suis pas convaincue que ce soit une très bonne chose.

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