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L’argent de Chango

Plus tôt, à l’OÉA, se passa ce qui devait se passer. Haïti a voté pour la suspension du Vénézuela de l’organisation. En mai dernier, notre président avait pourtant salué la victoire électorale de son confrère et lui avait présenté ses félicitations mais, c’était, nous l’avons vu, avant. Depuis l’agent Merten, aidé par les événements, est passé par là, avec un chèque en blanc sous forme de mandat présidentiel non négociable. Aussi, lorsque vint le tour d’Haïti de voter, ne fîmes-nous ni une ni deux, nous arrêtames de voter, « ni pour ni contre mais au contraire », pour voter pour.

L’enjeu pour notre Seigneur de la Banane était de taille. Ayant mangé l’argent de deux Chango, il lui fallait choisir lequel « trahir » sans y laisser (trop) de plumes. Le choix n’a pas dû être particulièrement difficile. En s’alignant sur les États-Unis d’Amérique, Monsieur Moïse croit gagner sur tous les tableaux. Une présidence garantie par les bons soins de l’Oncle et zéro pression pour le procès Petrocaribe.

Monsieur Moïse n’est même pas très original avec son choix. En Haïti, dans les grandes décisions internationales, et même nationales, la corruption gagne toujours. Après tout, nous avons bien exclu Cuba de l’OÉA contre un déjeuner avec l’ambassadeur américain dont l’addition, comme le veut la petite histoire, serait montée à deux millions et quelques centaines de dollars américains.

Nous n’en sommes donc pas à notre première « trahison ». Nous excellons à traîner notre ventre, ici et là. Un coup la USAID, un autre Petrocaribe. Nous mangeons trop d’argent de Chango. Nous mangeons l’argent de trop de Chango. Cela ne peut bien finir.

Occupé à gérer une crise particulièrement ardue, Maduro va probablement couper les relations diplomatiques avec nous pour la forme avant de s’atteler à renforcer ses liens avec la Chine et l’Iran. Quand, on a un Donald Trump à la tête de la première puissance mondiale, il faut savoir en profiter. Maduro n’aura donc pas beaucoup de temps pour nous, surtout pas pour nous aider à demander #KotKòbPetroCaribeA. Après tout, il s’était fait complice du PHTK dans la dilapidation des fonds en leur offrant la couverture nécessaire. Il n’y a donc aucun secours à espérer de ce côté.

Les grands mangeurs ayant mangé l’argent de Chango, il nous faudra pourtant payer l’argent de Chango, sous forme de service de la dette certes mais aussi et surtout sous forme de services publics non disponibles et de creusement du déficit budgétaire. Aussi, l’heure est-elle à l’émancipation. C’est l’heure de ramasser notre caractère, de cesser d’attendre qu’on nous aide. C’est l’heure de prendre notre pays en main et de construire #AyitiNouVleA.

Cette construction passe, inévitablement, par la lutte contre la corruption et la fin de l’impunité. Le procès Petrocaribe est incontournable. Il doit avoir lieu. Pour l’exemple. Pour le signal qu’il enverra que la récréation est terminée, que les coupables seront punis, que l’argent du peuple c’est l’argent de Chango et, comme on sait, qui mange l’argent de Chango doit payer Chango.

Patricia Camilien Tout afficher

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