Attention : Zone Sans Folcoche

Toute personne qui m’envoie « les points sur les i » de certaine folcoche, même pour les décrier, sera bloquée, en ligne, hors ligne et au-delà, jusqu’à la fin du monde, lorsque, dans 7.5 milliards d’années, le soleil, après avoir épuisé sa réserve d’hydrogène, entrera dans sa phase de géant rouge pour finir (probablement) par absorber notre planète et l’ensemble du système solaire. Naturellement, notre espèce, à moins qu’elle ne réussisse à s’échapper vers une autre galaxie, et à supposer que l’extinction holocène du fait de la technologie ne nous ait atteints avant, aura déjà disparu de l’univers depuis 6 milliards d’années, du fait de la radiation solaire. À cette époque, la collision galactique entre la Voix Lactée et Andromède sera déjà un fait accompli et le système solaire, possiblement (avec une probabilité estimée à 12%) éjecté de la nouvelle galaxie ainsi formée, ne sera plus que l’ombre très éclairée d’elle-même (grâce à une luminosité du soleil estimée à 121% de sa valeur actuelle). Plus rien n’existera de notre monde qu’une étoile en fusion thermonucléaire et je ne lui aurai toujours pas pardonnée.

Je ne suis pas une personne rancunière. Non pas parce que je suis indulgente mais parce que, la rancune, c’est trop de boulot. Aussi, pour que chacun comprenne bien l’interdiction et m’évite ainsi d’avoir à le garder aussi longtemps sur le cœur, voici une rapide liste de trois raisons d’ignorer certaine ex-femme d’un ex-dictateur aujourd’hui décédé, ses messages sur Facebook et ses sourcils sur-épilés:

C’est la première fois que je me résous à réagir ici sur ces ridicules « points sur les i » – et j’entends bien que ce soit la dernière – mais si cela vous convainc de ne plus m’envoyer de telles âneries, ce sera du temps bien utilisé.

Par un beau jour d’été 1980, et pour notre malheur, un bébé dictateur épousa une jeune divorcée avec un rêve simple: s’emparer des richesses du pays et donner les plus belles fêtes. La première des belles fêtes fut naturellement son mariage, estimé à deux ou trois millions de dollars. C’était une vraie petite fortune dans un pays où 80% de la population gagnait moins de cent dollars par an mais qu’elle était belle dans sa blanche robe signée Givenchy, coiffée par un coiffeur parisien venu en direct de Paris, sous les mille-et-une lumières de cent mille dollars de feux d’artifice! C’était beau. C’était chic. C’était l’événement de l’année. C’était aussi le début de la fin mais, cela, elle ne le savait pas encore.

Dans les années qui suivirent notre Marie-Antoinette des Antilles et sa famille ont vite fait de s’accaparer de tout ce qui était accaparable;  en commençant par la place de la reine-mère, Simone Duvalier, à la droite de son fils. Le père de la dame profitera de ses connections princières pour devenir un véritable magnat de l’import-export, de ses exportations de café et de cacao et sa concession de voitures BMW à sa compagnie aérienne Air Haiti suspectée, par le gouvernement américain, d’être utilisée pour le transport de la drogue. Le New York Times du 14 juin 1986 nous raconte, avec un luxe de détails, les aventures narcotiques de celui qui, parfois, était appelé « le Parrain ».

One official said Mr. Bennett, one of the most powerful and wealthy men in Haiti until his son-in-law fell from power four months ago, had been the  »main local contact » for one of four or five rings of Colombian smugglers who were shipping cocaine through here to the United States.

La chose est restée à l’état de rumeurs mais nous y apprenons que le fils du Parrain et frère de la reine a été arrêté, jugé et logé pendant deux ans et demi dans une prison fédérale pour trafic de cocaïne en 1982 et que l’on aurait retrouvé deux à trois cents livres de cocaïne dans une maternité qui était l’un des petits projets charitables de la fondation de la première dame.

In 1982, Frantz Bennett, a son of Mr. Duvalier’s father-in-law, was arrested in San Juan, P.R., while, the police said, arranging for a shipment of cocaine. He was convicted on drug trafficking charges and spent two and a half years in a Federal prison in Florida. Afterward he returned to Haiti and joined his father in business in Port-au-Prince.

One United States official said that shortly after the Duvaliers fled Haiti, there were reports that 200 to 300 pounds of cocaine was found in a pharmaceutical warehouse at a maternity hospital that had been one of the pet projects of Mr. Bennett’s daughter, Michele, who married Mr. Duvalier in 1980.

C’est que, en sus, du pillage en règle et des belles fêtes, la reine voulait se projeter aussi généreuse avec les pauvres qu’elle l’était avec elle-même. Aussi, multiplia-t-elle les actes de compassion télévisés. Sa grande charité fut ainsi reconnue par la très très sainte Mère Teresa qui s’extasia devant la proximité de cette belle dame et de ses pauvres. Le soir, ses bonnes œuvres terminées, la belle dame s’en retournait au Palais où elle donnait des fêtes costumées dont l’une restée célèbre où un jeune dictateur généreux, habillé en sultan turc, offrait des bijoux d’une valeur de dix mille dollars aux invités; le tout diffusé en direct à la télévision nationale. Les aigris, comme c’est leur habitude, n’apprécièrent guère une telle opulence dans cette Haïti dont on disait Vive la différence! La belle aventure se termina sur une fuite, à 3 heures du matin, le 7 février 1986, une entrevue catastrophique avec Barbara Walters, puis un divorce pour adultère.

Après tout, comme l’expliquait une amie de la reine, « Jean-Claude était monstrueux [avant qu’il n’épouse Folcoche]. Il portait ses stupides favoris en forme de bottes et il était gros, gros, gros« . Le pouvoir était tout ce qu’il avait pour lui. Après 1986, il ne l’avait plus et arriva ce qui devait arriver. La dame aux points sur les i s’installa sur la Riviera française – où vivait déjà son premier mari – avec l’ancien bébé dictateur qui finira par, quatre ans plus tard, demander le divorce alors que sa femme était déjà en couple avec un autre homme.

Laisser un commentaire