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Maisons closes

Il y a une quinzaine de jours nous rappelions la mise en location du Parlement par une foule déchaînée. C’était sous Sylvain Salnave, président populaire s’il en fut, qui vit ainsi ses adversaires proprement rossés par une populace acquise à sa cause . Depuis, un Premier Ministre qui ne l’était pas a été démissionné, de riches hommes d’affaires se sont ridiculisés à se peindre comme les grandes victimes de l’injustice sociale , des Parlementaires se sont publiquement accusés de vols et de malversations … Le premier de ces derniers, Président du Sénat et de l’Auguste Assemblée des Honorables Parlementaires, a commencé piano. À un collègue invitant la foule à mettre le feu à un Parlement inutile, il répondit qu’il ferait mieux de ramener au Parlement le groupe électrogène qu’il y avait subtilisé. Puis tout alla crescendo. Vitesse Grand V. Jusqu’à ce tweet du Sénateur nous informant que le contrat de location de sa seconde résidence à 8 millions de gourdes – quoique largement justifiée par « le prestige de sa fonction » – a été résilié par la même conférence des Présidents qui l’avait approuvé au mois de mars … pour débuter en janvier.

C’est triste de voir une si belle aventure se terminer ainsi. C’est d’autant plus cruel que ce blogue y a joué un rôle. Voyez-vous, notre billet Maison à Louer a été partagé et longuement discuté par nos représentants dans les deux chambres. Il a donné lieu à un de ces débats qu’on ne peut jamais accuser d’avoir la moindre profondeur et dont ils ont le secret. Les discussions ont débordé des groupes WhatsApp vers la radio – comme il est désormais de coutume – et la suite vous la connaissez. Accusé d’avoir volé une génératrice – le Sénateur de J. le rapporta au Sénat – après avoir dévoilé que son accusateur s’offrait un logement à 13 mille dollars le mois, aux frais du contribuable. Voilà donc le Président du Sénat, sans domicile fixe, par notre faute. Aussi, me parait-il important que, en toute équité, ce blogue – et ses lecteur.rice.s – s’attèlent à le reloger au plus vite.

Les dieux et les loas en soient remerciés, la tâche est moins ardue qu’il n’y parait. Nous disposons de centaines de maisons de très bon standing qui peuvent parfaitement accueillir nos honorables, même si elles sont généralement fermées, laissées à elle-mêmes, à se dégrader années après années. Certains parlementaires y habitent déjà de la plus publique façon. D’autres, plus discrets, utilisent une toute petite partie de leurs allocations de seconde résidence (de fonction) pour se les voir offrir à mille gourdes le mois. Il y en a pour tous les goûts, de toutes les tailles et de toutes les couleurs. Les belles maisons de dealers sont légion dans la zone métropolitaine. L’investissement est rapide, facile, sans entrave et quand on a du cash à cacher, l’immobilier est une valeur sûre.

Certains hauts responsables de la police ont fini par le comprendre et rejoindre le business. Un dealer est, avant tout, un homme d’affaires. Il deale des maisons avec la même aisance qu’il deale de la drogue. Plutôt que d’aller en prison, il laisse une maison ou deux ou trois. Et voilà comment tels (anciens) hauts gradés de la police se retrouvent avec des parcs immobiliers de plus de 40 maisons pour certains. Naturellement, ils louent leurs biens si durement acquis mais, par charité patriotique, peut-être pourraient-ils en laisser quelques-unes à nos parlementaires sans logements ….

Patricia Camilien Tout afficher

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Une pensée sur “Maisons closes Leave a comment

  1. Salut c est une très belle histoire d Haïti.qui doit être analysé et décortiquer,parce qu il n’y pas seulement à signaler l argent que les parlementaires dépenses inutilements ,mais on doit établir un programme qui pourra aider le peuple haïtien,ou les humains haïtiens à avoir un meilleur vie,et aussi écrire un programme qui pourra améliorer l infrastructures de ce pays,avec cette somme d argent que les parlementaires dépenses inutilements .

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