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Le vote des électeurs vu par l’économiste

Le contenu de ce billet est le fruit d’une collaboration entre Ginette Tanis Jules et Stevens Azima.

Le vote comme objet d’analyse économique

L’actuelle conception du vote comme principal mécanisme de décision des institutions et du personnel politique n’a pas toujours prévalu. Même la démocratie athénienne reposait plus sur des choix par tirage au sort (s’en remettre aux Dieux) que sur le vote populaire (Jerôme et Jerôme-Speziari, 2010). On ne s’étonnera donc pas qu’il ait fallu attendre le XVIIème siècle, où d’ailleurs le champ de l’économie politique se développe, pour enregistrer les premiers travaux importants d’analyse politique à travers le prisme de l’économie. Mais avec le succès du courant néoclassique dès la deuxième moitié du XXème siècle, l’intérêt des économistes pour les phénomènes politiques s’amenuise au profit d’une économie plus « apolitique » affirmant la supériorité du marché comme mécanisme d’allocation des ressources.

Si les théoriciens de l’économie publique, comme Musgrave (1959), affichent un regain d’intérêt pour le politique, c’est vraiment l’école des Choix Publics (Public Choice), notamment avec les travaux de pionniers comme Downs (1957) ou encore Buchanan et Tullock (1962), que l’analyse économique de pouvoir politique et des élections comme moyen standard pour y accéder dans les sociétés démocratiques se développera formellement. Toutefois, autant du côté des politologues que du côté des économistes, un malaise subsiste parfois quant à la cohabitation des sciences politique et économique dans l’étude du vote. Jerôme et Jerôme-Speziari (2010) proposent de lever ce malaise d’une part, en établissant une distinction claire entre la science politique comme étude du pouvoir et la science économique comme étude de l’allocation des ressources rares (donc également l’étude des choix humains); d’autre part, en reconnaissant que l’étude du vote mobilise les outils d’analyse de ces deux champs (Cheikbossian, 2008).

Deux principales fonctions du vote intéressent l’économiste : son éventuelle capacité à révéler les préférences des électeurs (révélation) ainsi que sa façon d’agréger ces préférences (agrégation) (Largier, 1991). Reconnaitre au vote une fonction de révélation des préférences, c’est assimiler l’élection à un marché compétitif. C’est d’ailleurs l’une des contributions originales de Downs (1957), inspirée des travaux de Hotelling (1929),  qui a établi un parallèle entre le modèle de concurrence spatiale entre vendeurs pour une clientèle et le « marché politique » où les firmes seraient des partis politiques et les consommateurs des électeurs qui échangent leur vote contre le programme politique qu’ils préfèrent dans un territoire donné. On ne s’étonnera donc pas de l’hypothèse d’un électeur rationnel qui s’ensuit. Toutefois, très vite apparaissent des problèmes et des spécificités du marché politique qui peuvent miner l’efficacité du processus électoral à révéler les préférences des individus : le « paradoxe du vote » et l’abstention (Olson, 1965), l’accès limité à l’information, l’existence de votes stratégiques, etc.

Quant à la fonction d’agrégation du vote, la littérature qui en  traite s’est développée principalement, après les contributions de Borda (1781) et du marquis de Condorcet (1785) sur les contradictions d’un système de vote à la majorité simple, autour de Arrow (1951) et de son théorème d’impossibilité établissant l’inexistence de systèmes de votes démocratiques permettant d’agréger de façon cohérente les préférences individuelles. Notons toutefois que dans le cas de préférences unimodales, du genre gauche-droite, le théorème d’Arrow ne s’applique pas. Mais dans la réalité, les préférences des électeurs sont souvent plus complexes. Il existe d’autres façons tout aussi problématiques de lever l’impossibilité du théorème. Même si les enjeux de l’agrégation, ne sont pas étrangers à l’étude du comportement des électeurs, on choisit de ne pas les aborder dans cette revue pour se concentrer sur les modèles formels de l’électeur utilisés en économie de la démocratie et la façon dont ils permettent d’approcher la question de la révélation des préférences. Nous avons organisé les résultats autour du modèle de l’électeur rationnel de Downs (1957), du théorème de l’électeur-médian (Black, 1948; Downs, 1957) et du vote économique avec les récents modèles de prédiction utilisant des fonctions de vote-popularité (VP).

Différents modèles d’électeurs pour un même paradigme

  • L’électeur-rationnel et l’ignorance rationnelle de Downs

Il s’agit de modéliser le comportement de l’électeur à l’image des agents économiques sur un marché de concurrence pure et parfaite. Ce cadre d’analyse a été développé par Downs (1957) et sert depuis lors de référence pour les prolongements et amendements au modèle de l’électeur rationnel. On présente ci-après les hypothèses qui définissent le comportement de l’électeur uniquement, vu qu’on ne s’intéresse pas ici à celui des candidats ou des partis politiques.

  • La rationalité économique des électeurs les conduit à maximiser leur utilité. Notamment, ils cherchent à maximiser les bénéfices qu’ils tirent des biens collectifs fournis par l’Etat.
  • Il y atomicité de l’électorat : aucun électeur ne peut influencer à lui seul les résultats. Les électeurs s’intéressent quand même aux élections pour éviter un effondrement de la démocratie. En outre, il n’y a pas de vote stratégique dans ce modèle : tous les votes sont sincères.
  • Les électeurs peuvent se déplacer d’un parti politique à un autre
  • L’information dont dispose l’électeur n’est pas parfaite et la recherche de l’information est couteuse en temps et en argent. Les électeurs vont donc choisir quelles informations rechercher et éventuellement renoncer à les rechercher si certaines conditions ne sont pas réunies. C’est le concept de l’ignorance rationnelle.

Dès lors, la décision de voter ou de s’en abstenir est fonction du signe de l’utilité que l’électeur tire de l’acte de  voter. L’électeur considère la différence entre le bénéfice que lui rapporterait la politique de chaque parti (par exemple le parti au pouvoir versus l’opposition), soit B, ainsi que le coût de l’acte de voter (par exemple, le coût de la recherche d’information, le temps), soit C. Si U=B-C est positif, il peut raisonnablement aller voter, sinon ce n’est pas raisonnable. Downs affine toutefois ce modèle en considérant que l’impact du vote de l’électeur est finalement fonction du nombre d’électeurs et de leurs choix de vote (donc la probabilité que son vote soit décisif). Cela devient alors la « règle de Downs ». Et l’introduction, due à Riker et Ordeshook (1968), d’une variable de nature plus psychologique permet finalement de résoudre les problèmes que pose le paradoxe du vote et de rendre les individus qui votent (malgré tout) « rationnels ». Beaucoup de travaux ultérieurs consisteront en fait à apporter des amendements à la règle de Downs. Ainsi le modèle de Riker et Ordeshook (1968) lui-même est prolongé par des travaux analysant le vote comme un acte expressif qui permet à l’électeur de signaler sa préférence pour un candidat plutôt qu’un autre (Brennan et Buchanan, 1984; Brennan et Lomasky, 1997).

Reprenant toujours l’idée d’un électeur rationnel, certains modèles se démarquent toutefois de façon particulièrement originale de l’électeur downsien. C’est le cas notamment du modèle dû à Ferejohn et Fiorina (1974), de l’électeur qui minimise son regret maximal (minimax) par son choix final (voter ce candidat ou un autre ou s’abstenir). L’enjeu pour cet électeur est de faire le choix qui minimisera son regret parmi tous les choix qui maximiseraient son regret. Ce critère minimax expliquerait une participation des électeurs plus forte que la participation électorale du modèle downsien, car les gens iraient voter « quand même » pour éviter le regret de ne pas avoir participé alors que leur choix de vote aurait été gagnant. Le modèle minimax possède une variante, introduite par Grofman et Scarrow (1979), recourant à des stratégies mixtes (donc pondérées). D’autres modèles de vote partent de l’existence d’interactions comme dans un « jeu »: l’électeur adopte alors  la stratégie optimale compte tenu de celle des autres électeurs sur laquelle il a une information incomplète (Ledyard, 1984) ou complète (Palfrey et Rosenthal, 1985).

  • Modèle de l’électeur médian

Le modèle dit de l’électeur-médian est l’un des résultats les plus importants de l’analyse économique du vote. Sa paternité est couramment attribuée à Downs (1957) alors qu’on peut le faire remonter jusqu’à Black (1948) ou même à Hotelling (1929) avec le rôle prépondérant de son « acheteur-médian ». L’opinion politique de chaque citoyen est alors représentée par un point situé sur une droite « gauche-droite » ou encore « libéral-conservateur ». Il existe une version faible du théorème qui avance que c’est le candidat le plus proche de l’électeur-médian qui remportera l’élection si les citoyens votent pour le candidat le plus proche de leur position politique. Dans la version forte, les candidats, sachant cela, formulent leurs programmes politiques de façon à les rapprocher de la position de l’électeur-médian.

Aussi fondamental que soit ce résultat d’un point de vue théorique, il a fait l’objet de nombreux tests empiriques et de critiques sur lesquelles on revient dans la section suivante. Par ailleurs, il repose sur des hypothèses de base plus ou moins restrictives comme l’unimodalité des préférences des électeurs et la symétrie de la distribution des positions politiques. De plus, les conditions de la compétition politique sont telles qu’on parle parfois de « démocratie pure » à l’instar de la concurrence pure et parfaite sur les marchés en économie (Bowen, 1943), ce qui semble être un idéal. Le résultat a pu être étendu à un système de préférences comprenant plusieurs axes (par exemple, pour des enjeux d’ordre social) au lieu d’un seul axe « gauche-droite ». Outre les nombreux prolongements qu’a connus ce modèle de l’électeur-médian, synthétisés dans la revue de littérature de Osborne (1995), une voie s’en démarque sensiblement en supposant que les partis politiques ou les candidats peuvent eux-mêmes avoir leurs propres préférences qu’on peut localiser pareillement sur un axe « gauche-droite » parce qu’ils représenteraient en réalité des groupes d’intérêt (D. A. Wittman, 1973; D. Wittman, 1983; Roemer, 2009).

  • Vote économique

Un autre courant de la littérature cherche à expliquer, voire même prédire, le comportement des électeurs par les conditions économiques. L’idée est simple : les électeurs utiliseraient le vote pour sanctionner ou récompenser le gouvernement en place, compte tenu de la performance de ses politiques économiques, notamment compte tenu des conditions macroéconomiques (taux de chômage, taux d’inflation, revenu par tête, etc.). Ces travaux consistent en des modèles de régression endogénéisant le comportement des électeurs expliqué par la performance économique du gouvernement mais également d’autres variables. Parmi les premiers travaux économétriques, on peut citer ceux de Kramer (1971), Tufte Edward (1978), Fair (1978) et plus près de nous les travaux d’auteurs comme Lewis-Beck et Stegmaier (2000) aux États-Unis comme ailleurs. Ils s’inspirent de travaux plus théoriques comme ceux de Downs (1957) ou de Key (1966) présentant un électeur rationnel capable de voter intelligemment pour éventuellement sanctionner le pouvoir en place.

A l’origine, il s’agissait de fonction de popularité capturant la façon dont les conditions macroéconomiques affectent la satisfaction des citoyens. Mais la variable satisfaction (ou popularité) a fait place au vote comme variable dépendante permettant dès lors d’expliquer le soutien électoral directement. D’autres variables indépendantes autres que les conditions macroéconomiques ont dû être intégrées au modèle pour une meilleure spécification. Mais un tournant a été enregistré lorsqu’on a commencé à utiliser les fonctions de vote, non plus seulement pour expliquer le soutien électoral passé, mais pour en prédire le sens bien avant les élections. Certains remaniements d’ordre théorique ont dû être effectués, mais globalement le cadre théorique reste le même. Ce modèle semble connaitre du succès et une attention croissante, il serait même en concurrence avec les sondages pré-électoraux en matière de prédiction de l’issue des élections.

Certains points de consensus se dégageraient de cette littérature, selon la synthèse réalisée par Lewis-Beck et Paldam (2000). Citons principalement les points relatifs aux comportements des électeurs :

  • Le vote économique expliquerait environ 1/3 du vote. Donc le vote économique est bien réel.
  • Certaines (très peu de) variables macroéconomiques sont déterminantes : ce sont principalement le chômage/la croissance et l’inflation.
  • Les électeurs sont myopes, ils considèrent de courts intervalles de temps.
  • Le vote des électeurs est surtout rétrospectif, mais ils réagissent aussi aux événements futurs (vote prospectif). Une controverse subsiste toutefois dans la littérature.
  • Les électeurs votent plus souvent en fonction de la situation économique globale (vote sociotropique) qu’en fonction de leur situation personnelle (vote égotropique).
  • Les électeurs réagiraient plus fortement aux changements négatifs qu’aux changements positifs.

La littérature sur le vote économique apparait donc comme une littérature en plein développement.

Tests empiriques et avenues de recherche

Les contributions originales de la thèse de Downs (1957) ont reçu un accueil froid, du moins au début, tant du côté des économistes, alors occupés par le programme de recherche tracé par Alfred Marshall dans ses Principles of economics que du côté des politologues, encore hostiles à « l’intrusion » de la méthode économique en sciences politiques. Mais aujourd’hui, l’œuvre de Downs est un incontournable de l’analyse économique du vote. Le modèle de Downs (1957) n’en a pas moins fait l’objet de critiques, tant par les auteurs qui s’en sont inspirés tout en proposant des amendements que par ses détracteurs. Une critique fréquente s’attaque à l’idée même d’un comportement strictement rationnel de l’électeur ou au faible pouvoir explicatif du modèle de l’électeur rationnel par rapport au paradoxe du vote (Popkin, 1994; Lupia et McCubbins, 1998). Ces modèles ont l’avantage de se prêter à des tests empiriques et de nombreux travaux ont essayé de tester leur validité. Pour le modèle de l’électeur-médian, plusieurs textes montrent sa validité empirique ou sa robustesse (Kramer, 1978; Holcombe, 1980),  tandis que d’autres estiment que les résultats des études empiriques ne sont pas concluantes (Romer et Rosenthal, 1979). Les développements récents de la littérature semblent indiquer que le vote économique, les votes en interaction continueront de faire l’objet de développements importants en même temps que le classique paradoxe du vote continuera de faire couler de l’encre.

En bonus: une bibliographie commentée

  1. Arrow, K. J. (1951). Social choice and individual values (Vol. 12): Yale university press.

Cet ouvrage présente  le « théorème d’impossibilité d’Arrow» qui est fondé sur la théorie du choix social en économie et en sciences politiques. Il analyse le problème du choix social (le choix collectif) dans les démocraties, le choix des individus dans la pratique qui est régi par les mécanismes de marché dans leur décision économique ainsi que par leur vote dans leur décision politique.

  1. Black, D. (1948). On the rationale of group decision-making. Journal of political economy, 56(1), 23-34.

Cet article introduit la logique de la prise de décision collective dans une démocratie. Tout en se basant sur la théorie du choix social, il a mis l’emphase sur la position de l’électeur médian, et le choix collectif est expliqué par ce dernier. On y retrouve donc la thèse de l’électeur-médian bien  avant Downs, mais le papier à l’époque avait passé inaperçu.

  1. Bowen, H. R. (1943). The interpretation of voting in the allocation of economic resources. The Quarterly Journal of Economics, 58(1), 27-48.

Cet article explique en fait l’interprétation des votes par rapport à l’allocation des ressources. L’auteur fait ressortir le coté rationnel des électeurs à travers leur choix. L’article est souvent cité pour le cadre de référence qu’il fournit en matière de compétition électorale.

  1. Brennan, G.et Buchanan, J. (1984). Voter choice: Evaluating political alternatives. American Behavioral Scientist, 28(2), 185-201.

Le modèle de l’agent économique rationnel ne peut être transposé entièrement à la sphère politique pour décrire le comportement des électeurs. L’hypothèse de rationnalité devient problématique pour des électeurs votant dans un système de vote majoritaire. L’article constitue une critique frontale à un des fondements mêmes des modèles de l’électeur du Pubic Choice: la rationnalité des agents.

  1. Brennan, G.et Lomasky, L. (1997). Democracy and decision: The pure theory of electoral preference : Cambridge University Press.

Le livre se veut une critique du Public choice. Les auteurs, qui y avaient pourtant contribué, reprochent au Public choice d’importer tel quel le modèle de l’homo oeconomicus  pour expliquer le comportement électoral alors que selon eux le comporterment des électeurs est fondamentalement différent. Principalement en raison de la faible probabilité que le vote d’un électeur soit décisif. Les auteurs introduisent une conséquence encore peu étudiée de cette inutilité apparente du vote de l’électeur: le fait qu’il ait la possibilité de voter contre ses propres intérêts vu que de toute façon son vote à lui seul n’aura pas d’impact. Les auteurs analysent les conséquences d’une telle possibilité et les situations où elle pourrait se présenter. Au final, le vote peut se révéler un moyen d’exprimer quelque chose (vote expressif) autant qu’un moyen d’influencer la situation et d’avoir de l’impact.

  1. Buchanan, J. M.et Tullock, G. (1962). The calculus of consent (Vol. 3): University of Michigan Press Ann Arbor.

Cet ouvrage est considéré comme un classique du Public choice. Il présente cette théorie et ses fondements. Toutefois, le modèle présenté conduit à certaines conclusions légèrement différentes de ce qui était jusqu’alors reconnu. Deux développements à signaler sont la démonstration que tout système de vote a ses inconvénients et que le vote peut être assimilé à un marché de transactions où les agents échangent leurs votes en échange de promesses.

  1. Cheikbossian, G. (2008). La nouvelle économie politique: une introduction. Idées économiques et sociales(1), 6-9.

Ce court article aborde la question de l’influence du politique sur l’économique.

  1. de Borda, J. C. (1781). Mémoire sur les élections au scrutin.

Dans ce texte, Borda pointe les limites du système de vote majoritaire et propose ce qui sera appelé la méthode de Borda, qui est essentiellement un système de vote pondéré.

  1. Downs, A. (1957). An economic theory of political action in a democracy. Journal of political economy, 65(2), 135-150.

C’est l’une des oeuvres centrales en analyse économique du vote. Elle correspond en réalité à la thèse de Downs que celui-ci a finalement publié. Beaucoup d’idées originales, qui se prêtent d’ailleurs à des tests, sont avancées. Ici nous signalerons seulement ces contributions: sa formulation du paradoxe du vote (les gens vont voter alors qu’ils gagneraient à se comporter en passager clandestin), l’ignorance rationnelle et l’électeur rationnel, la règle de Downs, le théorème de l’électeur-médian.

  1. Fair, R. C. (1978). The effect of economic events on votes for president. The Review of Economics and Statistics, 159-173.

Cet article figure parmi les premiers travaux économétriques sur le vote économique. A partir des élections annoncées, l’auteur montre qu’une seule variable macroéconomique s’est révélée signficative, le taux de croissance du PNB/habitant.

  1. Ferejohn, J. A.et Fiorina, M. P. (1974). The paradox of not voting: A decision theoretic analysis. American political science review, 68(2), 525-536.

Dans cet article, les auteurs introduisent dans l’analyse du comportement des électeurs le critère de minimisation des regrets maximaux (ou « pertes » maximales. pour reprendre la terminologie des auteurs) .

  1. Grofman, B.et Scarrow, H. (1979). Iannucci and its aftermath: the application of the Banzhaf index to weighted voting in the State of New York Applied Game Theory (pp. 168-183): Springer.

Article original introduisant la possibilité de stratégies de votes mixtes.

  1. Holcombe, R. G. (1980). An empirical test of the median voter model. Economic Inquiry, 18(2), 260-274.

Ce papier conclut à la validité empirique du modèle de l’électeur pour expliquer les dépenses publiques en éducation dans le Michigan. Les dépenses enregistrées s’avèrent très proches de l’équilibre bownien.

  1. Hotelling, H. (1929). Stability in Competition. The Economic Journal, 39(153), 41-57.

Ce texte fondateur de l’école du Public choice selon certains, développe un modèle de concurrence entre firmes dans l’espace dans une situation de concurrence pure. On y retrouve également une version économique de l’électeur-médian en la personne de l’acheteur-médian de Hotelling.

  1. Jerôme, B.et Jerôme-Speziari, V. (2010). Analyse économique des élections. Paris: Economica.

Manuel sur l’analyse économique des élections. Il aborde l’histoire de ce champ d’études, la littérature sur le cycle économique électoral (notamment le modèle de Nordhaus non abordé dans notre revue), du vote économique et enfin mobilise la connotation étymologique du mot « élection » au sens de « séduire » pour discuter des enjeux et de l’intérêt d’un marketing politique à même de séduire les électeurs.

  1. Key, V. O. (1966). The responsible electorate : Belknap Press of Harvard University Press.

Le livre rejette l’idée d’un électeur naïf et lui oppose un électeur intelligent, responsable, capable de prendre de bonnnes décisions et de sanctionner le pouvoir.

  1. Kramer, G. H. (1971). Short-term fluctuations in US voting behavior, 1896–1964. American political science review, 65(1), 131-143.

Il s’agit de l’un premiers travaux économétriques sur le vote économique.

  1. Kramer, G. H. (1978). Robustness of the median voter result. Journal of Economic Theory, 19(2), 565-567.

L’article, en réponse à un article très sévère à l’encontre du théorème de l’électeur médian, établit mathématiquement la robustesse de ce résultat théorique.

  1. Largier, F. (1991). Analyse économique de la politique (1re éd ed.). Paris: Éditions Cujas.

Il s’agit d’un manuel sur l’analyse économique de la politique. Il discute dans un premier temps de la façon dont les économistes endogénéisent le comportement des agents, dont les électeurs. Quant à la deuxième partie, elle traite du comportement de l’Etat.

  1. Ledyard, J. O. (1984). The pure theory of large two-candidate elections. Public choice, 44(1), 7-41.

Dans cet article pionnier, Ledyard utilise la théorie des jeux pour analyser le comportement électoral.

  1. Lewis-Beck, M. S.et Paldam, M. (2000). Economic voting: an introduction. Electoral studies, 19(2-3), 113-121.

Cet article réalise une synthèse de littérature sur le vote économique en identifiant les consensus et les points de controverse.

  1. Lewis-Beck, M. S.et Stegmaier, M. (2000). Economic determinants of electoral outcomes. Annual Review of Political Science, 3(1), 183-219.

Les auteurs analysent des contributions, pour différents pays, confirmant le fort pouvoir explicatif du modèle de vote économique.

  1. Lupia, A.et McCubbins, M. D. (1998). The democratic dilemma: Can citizens learn what they need to know? : Cambridge University Press.

Les auteurs, à la suite Popkin, montrent que les agents n’ont pas  nécessairement besoin d’avoir accès à toute l’information pour se comporter de façon rationnelle. En fait, en général, les agents en savent très peu. Pourtant, à l’image d’un chauffeur à une intersection qui, pour prendre une bonne décesion,  n’a pas besoin d’avoir toute l’information sur les autres voitures pourvu qu’il existe un signal crédible (les feux de signalisation, par exemple), l’électeur peut se passer de toute l’information qui aurait été nécessaire pour faire un choix éclairé dans la mesure où un « porte-parole » (ou un signal, comme celui des médias) crédible est accessible dans l’espace politique.

  1. Marquis de Condorcet, M. J. A. (1785). Essai sur l’application de l’analyse a la probabilite des decisions: rendues a la pluralite de voix : De l’Imprimerie royale.

Condorcet présente dans cet essai son fameux paradoxe qui montre qu’en présence de trois options entre lesquelles choisir, une règle de vote à la majorité simple peut conduire à une absurdité (plus précisément, la violation de la règle logique de la transitivité des préférences de l’électeur).

  1. Musgrave, R. A. (1959). Theory of public finance; a study in public economy.

Cette oeuvre majeure est la première à opérer une classification aussi claire des fonctions économques de l’Etat (allocation, stabilisation, redistribution) et des éventuelles justifications à son intervention sur les marchés.

  1. Olson, M. (1965). Logic of collective action: Public goods and the theory of groups (Harvard economic studies. v. 124) : Harvard University Press.

Ce classique analyse les déterminants de l’action collective et les facteurs qui l’empêchent. Notamment, en toute situation où l’action collective est requise pour la production d’un bien collectif, le comportement de passager clandestin risque d’être de plus en plus prégnant à mesure que la taille du groupe augmente, au point de paralyser l’action collective, à moins que d’autres incitatifs soient mis en place pour empêcher que cela arrive. Ce texte jette un éclairage sur le vote, dans la mesure où le vote consiste à un mécanisme de décision pour la production d’un bien public impliquant un grand nombre d’électeurs.

  1. Osborne, M. J. (1995). Spatial models of political competition under plurality rule: A survey of some explanations of the number of candidates and the positions they take. Canadian Journal of economics, 261-301.

Cet article consiste en une revue des travaux s’inscrivant dans le prolongement du modèle de compétition politique de Downs.[n’a pas pu être consulté à partir de la bibliothèque de l’Université Laval]

  1. Palfrey, T. R.et Rosenthal, H. (1985). Voter participation and strategic uncertainty. American political science review, 79(1), 62-78.

Cet article après avoir procédé à un état des lieux sur les conséquences de l’incertitude en matière de stratégies de vote dans une situation où les acteurs doivent tenir compte du choix des autres acteurs. La contribution principale de l’article est une simplification du jeu avec information incomplète imaginée Ledyard.

  1. Popkin, S. L. (1994). The reasoning voter: Communication and persuasion in presidential campaigns : University of Chicago Press.

Ce travail de Popkin montre comment les électeurs arrivent  à utiliser efficacement, de manière rationnelle, le peu d’informations dont ils disposent. Son travail s’inscrit dans la lignée de l’électeur-rationnel de Downs.

  1. Riker, W. H.et Ordeshook, P. C. (1968). A Theory of the Calculus of Voting. American political science review, 62(1), 25-42.

Cet article de référence est un prolongement original du modèle de Downs. En introduisant une variable +D d’ordre psychologique et en réinterprétant les composantes de la règle de Downs, il tente de sortir de l’explication downsienne de l’acte de voter comme un acte irrationnel, explication qui conduit au paradoxe du vote.

  1. Roemer, J. E. (2009). Political competition: Theory and applications : Harvard University Press.

L’originalité de cette synthèse est la prise en compte et l’enrichissement du modèle de Wittman sur le comportement des partis politiques, qui se distingue sensiblement de celui que leur prête le modèle de Downs.

  1. Romer, T.et Rosenthal, H. (1979). The elusive median voter. Journal of Public Economics, 12(2), 143-170.

Dans cet article, les auteurs aboutissent à des conclusions nuancées sinon peu concluantes après examen des travaux empiriques ayant cherché à tester le modèle bownien de l’électeur-médian qui prédit que le niveau de dépenses publiques va s’aligner avec les préférences de l’électeur médian. Les auteurs montrent que ces études ne permettent pas de conclure si le niveau de dépenses correspond ou non à l’équilibre bownien.

  1. Tufte Edward, R. (1978). Political Control of the Economy : Princeton University Press.

Cet article est l’un des premiers travaux économétriques en vote économique. L’auteur utilise un modèle linéaire où la part du parti sortant/au pouvoir dans le vote total est fonction de la différence entre sa performance passée et sa performance « future » (anticipée par les électeurs).

  1. Wittman, D. (1983). Candidate motivation: A synthesis of alternative theories. American political science review, 77(1), 142-157.

Dans cet article, Wittman poursuit le développement de son modèle de 1973 présentant les candidats comme des agents ayant leur propre agenda ou leurs propres préférences politiques en plus du désir d’accéder au pouvoir. Il montre comment son modèle se distingue du modèle downsien et défend la validité empirique de son modèle en considérant des travaux empiriques.

  1. Wittman, D. A. (1973). Parties as utility maximizers. American political science review, 67(2), 490-498.

Dans cet article, Wittman introduit un modèle de partis politiques qui ont leurs propres préférences et optent pour les politiques qui maximisent leur utilité. Cette contribution est intéressante, d’autant qu’elle s’écarte sensiblement du modèle downsien en introduisant des partis politiques qui ne sont pas seulement interessés par le pouvoir et ses attributs mais aussi par les préférences politiques des groupes d’intérêts qu’ils représentent.

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