Quand nous devons partir nous faire soigner

Dans mon dernier billet, je parlais de la décision du Prince de ne pas passer à l’heure d’été et du brave éditorialiste qui lui a reproché… de ne pas s’être enquis des sentiments du secteur privé sur la question. J’y opposais le droit de nos médecins-feuille à la bonne vraie heure solaire nationale seule capable de garantir l’efficacité de leurs simples à ces millions d’Haïtiens qui n’ont pas accès à des soins de santé adéquats, y compris notre Président Provisoire qui a dû, lui, se rendre chez nos voisins.

Non. Il n’y a pas de quoi s’inquiéter.  Le Président va bien. Il s’agissait d’un bilan de santé tout ce qu’il y a de plus ordinaire; une visite de routine. Il n’y a rien à signaler. Il a même continué à travailler puisqu’il a profité de sa visite à Santiago pour rencontrer des industriels dominicains, lui qui, au début de ce mois, insistait sur la nécessité d’avoir un dialogue franc avec la République Dominicaine.

Il est vrai que nous ne pouvons pas continuer à nous draper dans notre manteau de perpétuelle victime offensée à chaque fois qu’il s’agit des relations entre les deux pays. C’est logique. C’est une stratégie qui ne peut mener nulle part. Pour beaucoup de raisons; la première étant qu’elle n’est pas une stratégie.

Il est tout aussi vrai que notre système de santé est, pour rester polie, plutôt lacunaire et l’on comprend aisément que, sexagénaire, notre Président prenne les précautions nécessaires. Nous ne pouvons pas nous permettre un quelconque doute sur la question. Nous sommes déjà bien trop enclins, céans, à l’instabilité.

Il n’en demeure pas moins vrai que cela fasse un peu mal. Que tout cela laisse un mauvais goût dans la bouche, comme une pilule qui passe mal. Devoir aller chez eux. Malgré les rapatriements massifs. Malgré la dénaturalisation. Pour nous nourrir souvent. Pour nous vêtir parfois. Et même pour notre santé. Parce que nous sommes incapables de nous mettre ensemble, de transcender nos zizanies mesquines, d’aimer suffisamment cette terre et les nôtres pour sortir Haïti du transitoire.

Nous devrions nous faire soigner … et, si possible, pas chez les Dominicains.

Advertisements

Un commentaire Ajouter un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s