Le secteur privé haïtien en pls

Hier, les grands patrons du « secteur privé » ont annoncé qu’ils enterraient la hache de guerre. L’heure étant « grave » et la nation « ne pouvant plus attendre » ils se sont engagés à mettre fin aux divisions qui les séparaient et lancer « une alliance sans précédent pour le changement ».

L’annonce intervenait deux jours après l’entente de paix conclue entre les chefs des 3 gangs bloquant l’entrée sud de la capitale depuis bientôt deux ans . Étant données les excellentes relations entre le milieu criminel et le milieu des affaires, certains n’hésitèrent pas à y voir un lien de cause à effet. Pour être amusante, c’est une lecture trop limitée de la situation et qui inverse le rapport des gangs à ceux qui les financent. Il faut plutôt se tourner du côté des sanctions progressives du Canada qui, depuis quelque temps, joue particulièrement bien son rôle d’éclaireur pour les États-Unis d’Amérique. D’abord les chefs de gangs, puis des politiciens et désormais des hommes d’affaires.

Ce matin, l’Ambassadeur Brian A. Nichols, Sous-secrétaire pour l’hémisphère occidental au Département d’État, l’a clairement défini. Le secteur privé haïtien est dans la mouise. Ils ont longtemps laissé le stade du F*ck around et entrent à toute vitesse dans la phase du Find out.

Dans son éditorial d’hier, Frantz Duval, rédacteur en chef du Nouvelliste, résume: le dollar est une « denrée rare« . La loi Hope – aubaine américaine pour l’industrie de la sous-traitance – n’est pas près d’être renouvelée. Les banques sont à cours de cash. L’économie s’effondre. Pour ne rien arranger, la coordinatrice résidente de l’ONU pour Haïti, Ulrika Richardson, annonce de prochaines sanctions onusiennes.

La stratégie dissuasive de la communauté internationale est multiforme et semble commencer à porter des fruits. Nos gens d’affaires savent que leur succès tient plus à leur position de monopole qu’à leur mérite.

Ce n’est pas la première fois que la fortune de notre répugnante éliteᵀᴹ est directement soumise au bon vouloir des Américains. C’est ainsi que, après l’occupation américaine l’élite mulâtre d’origine germanique (cf le plan Farnham) se verra écartée des affaires au profit d’une nouvelle élite d’origine levantine. Or, voilà que le département d’État, après les chefs de gangs le mois dernier, s’intéresse aux politiciens.

Nos gens d’affaires ne doivent pas être loin et le savent. Et, contrairement au Canada où leurs intérêts économiques, s’ils existent, sont négligeables, les États-Unis d’Amérique abritent leurs investissements et leurs familles. C’est là un risque à ne pas prendre.

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