Céant, banane mûre

Il y a 6 jours, en réaction aux sanctions canadiennes contre Jean Henri Céant, la Sogebank mettait à nue l’indigence abjecte de l’ancien premier ministre de Jovenel Moïse, en fermant ses deux comptes à la banque ou se trouvaient un peu moins de 3000 dollars américains.

Les documents ont vite fait le tour de la toile haïtienne. Chacun y a été de sa petite blague sur la pauvreté d’un grand notaire accusé par le Canada de financer des gangs. Me Céant, lui, a multiplié les lettres de protestation: au Protecteur du citoyen, au Gouverneur de la Banque de la République d’Haïti, à la ministre de la Justice, au ministre de l’économie et des finances et à la ministre des Affaires Étrangères canadienne.

Des lettres qui ne semblent pas autrement émouvoir la Sogebank dont le second vice-président de son Conseil d’administration vient à son tour d’être sanctionné par l’État canadien à cause de l’utilisation présumée de son  » statut de membre très en vue de l’élite économique en Haïti pour protéger et permettre les activités illégales de gangs criminels armés, notamment par le blanchiment d’argent et d’autres actes de corruption ». 

Monsieur Sherif S. Abdallah est l’un de trois membres de sa famille à se retrouver aux conseils d’administration de la Sogebank et de ses filiales. Son fils Karim Abdallah est au Conseil d’administration de la Fondation Sogebank alors que sa fille Isadora Abdallah Gardère est membre du CA de la Sogesol. L’on comprend qu’il soit plus difficile de fermer se comptes bancaires par un vulgaire courriel.

Le soutien financier de l’ancien Président assassiné et consul honoraire d’Italie est important pour la Sogebank. Marié à Sabrina Léger (assurances) dont il a récupéré l’entreprise familiale, il intervient dans des secteurs variés, du pétrole à la grande distribution. Bien qu’ayant immigré ici, il s’est généralement bien ancré – à défaut d’être proprement intégré – dans la bourgeoise haïtienne. Un ancien premier ministre de Moïse, c’est d’un banal. À la moindre anicroche, il est facile de les pousser vers la sortie.

C’est là un excellent rappel aux professionnels et aux politiciens haïtiens prêts à vendre père et mère pour des patrons dont ils ne seront jamais que des employés, largables, sacrifiables.

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