Publicités
Accéder au contenu principal

Le Président Jovenel Moïse a entamé sa transition

Le Secrétaire Général du Conseil des Ministres – qui chérit de grands rêves de « démocratie illibérale » – l’a annoncé ce matin:

Le nouveau Code pénal est là. Sans plus. Sans discussions aucune. Depuis des années, plusieurs copies circulaient sous le manche mais c’est ensemble, dans le Moniteur, que nous allons découvrir laquelle a eu la faveur du Seigneur. Lentement mais sûrement, Jovenel Moïse et les siens façonnent Haïti à leur image et à leur ressemblance… et vous et moi n’avons rien à dire.

L’année dernière, bien ancrée dans la réalité et voulant faire pour le mieux, Ayiti Nou Vle A avait proposé, pour parer au pire une transition négociée avec Jovenel Moïse à sa tête et un konbit nasyonal de citoyens délégués par leurs pairs, où nous aurions quelque chose à dire.

La proposition était basée sur nos observations certes mais éclairée par un sondage qui nous a valu bien des critiques et qui, au final, a plutôt bien vieilli. Ses résultats étaient d’une évidence qui n’aurait pas dû surprendre : la population en avait assez de la violence politique, ne faisait pas confiance à l’opposition, voulait voir Jovenel Moïse finir son mandat et était favorable à une initiative citoyenne pour accompagner les changements nécessaires. À refaire le sondage aujourd’hui, quelque chose me dit que pas grand chose aurait changé.

Nous étions toutefois à une époque où des gens semblaient croire, reprenant à leur compte la plus grande tare de leur adversaire, qu’il suffisait de dire pour que ce soit. Aussi, des gens réputés raisonnables se sont-ils laissés aller à croire qu’il suffirait de dire au Président de partir pour qu’il parte et leur laisse organiser la transition.

Naturellement, il n’en fut rien. L’opposition à Jovenel Moïse, toute tendance confondue, s’enfonça plus avant dans le déni et se plaça en position de réagir plutôt que d’agir. C’est désormais le gouvernement qui mène la danse, alors qu’un scandale en chasse un autre. En attendant, la transition du Seigneur de la Banane s’organise : carte (électorale) d’identification nationale, constitution, « paix » des gangs, code pénal…

Les élections de 2021 seront décisives pour l’avenir de ce pays. Il est grand temps que nous les prenions au sérieux.

Publicités

Patricia Camilien Tout afficher

How about we let the writing do the talking?

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :
Aller à la barre d’outils