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Nous avons marché

Ça avait l’air de cela. Une énergie incroyable. Une détermination tranquille et une croyance inébranlable dans notre capacité à construire #AyitiNouVleA. Et des rencontres ! De si belles rencontres !

Je ne me rappelle pas des noms. Il y en avait trop. Je me rappelle toutefois de leur énergie, de notre énergie, de cette communion avec tous ces gens qui, comme me le faisait remarquer l’un d’entre eux, je n’aurais jamais rencontré sans le #PetroCaribeChallenge.

J’ai bien tenté un « le pays est tout petit, cela aurait très bien pu arriver ailleurs » mais il m’arrêta net. « Non », me dit-il gentiment en me regardant droit dans les yeux. « Ce ne serait pas arrivé. Le pays sait être tout grand aussi. » Il avait raison et je le reconnus. Nous évoluons dans des Haïti qui ne se parlaient pas mais qui désormais se retrouvent ensemble à poser la même question. Ce moment est un tournant majeur dans notre histoire et je suis tellement heureuse d’y participer.

Un autre groupe de manifestants qui admiraient nos T-shirts nous ont demandé si nous en avions d’autres. Nous n’en avions plus. Nous les avions donné aux membres de #AyitiNouVleA, à nos amis, quelques personnes qui passaient par là. Se bagay kolòn sa k ap kraze peyi a wi, fait remarquer un manifestant avec un large sourire. Pour le 18 novembre, nous promîmes, nous en apporterons plus. La conversation se termina sur des one love multiples, nos poings qui se rencontrent puis se retrouvent sur nos cœurs.

Depuis, je rêve à 5000, 10 000, 100 000 t-shirts à distribuer dans tout le pays avec cette unique question #KotKòbPetroCaribeA. Je me dis que je dois avoir parmi mes lecteurs quelques personnes qui peuvent aider. Imaginez un pays tout entier transformé en billboards vivants pour lutter contre la corruption. Pensez à ce que nous avons accompli aujourd’hui et ce que nous pouvons accomplir au 18 novembre, quand les tentatives de nous faire peur, plutôt que nous faire rester chez nous, réussiront plutôt à nous galvaniser et nous faire prendre les rues pour réclamer nos droits. Imaginez seulement.

Aussi, après la marche d’aujourd’hui, n’ai-je plus que de la gratitude. Pour Gilbert qui, le premier, nous a invités à demander #KotKòbPetwoCaribeA. Pour K-Lib qui lancé le #PetroCaribeChallenge. Pour Gessica qui est encore rentrée aujourd’hui supporter le mouvement – ton prochain billet d’avion, s’il te plaît, laisse-nous te l’offrir. Pour Gaëlle, Daphné, Katie, Velina, Pascale, Jeffsky, Jean Richard, Stéphane, Vladimir … tous ces nouveaux ami.e.s que je me suis faite ces deux derniers mois et qui croient fermement que nous pouvons, ensemble, arriver à #AyitiNouVleA.

Aujourd’hui, nous avons marché. Reste à déterminer la destination. D’abord le procès certes, mais aussi une alternative commune à ce système corrompu qui ne correspond ni aux réalités ni aux idées du moment. Cette vision commune faite d’entraide et de solidarité fait le constat conscient de l’incompétence avérée du gouvernement et de l’inutilité d’attendre quoi que ce soit de lui. Cette vision commune comprend que notre détermination seule peut nous conduire à #AyitiNouVleA. Cette vision commune sait que notre salut passe nécessairement par la fortification de ceux parmi nous qui sont faibles, la mise en commun de nos talents et compétences pour proposer une vraie alternative à l’organisation actuelle de la société haïtienne, la sensibilisation de tou.te.s les Haïtien.ne.s aux conséquences de la corruption sur leur vie de tous les jours.

Trop longtemps, l’on nous a fait croire qu’il était normal de vivre dans une incertitude constante, sans contrôle aucun sur notre quotidien. Désormais, nous reprenons le contrôle. Nous sommes plus nombreux. Nous sommes plus forts. Nous gagnerons.

Patricia Camilien Tout afficher

How about we let the writing do the talking?

2 pensées sur “Nous avons marché Laisser un commentaire

  1. 😍😍One love!!! Aujourd’hui j’ai marché, là maintenant je ne fais qu’attendre le 18 Novembre.

  2. Notre marche surtout pacifique du 17 octobre 2018 n’a accouché que de l’insomnie aux dilapidateurs et dilapidatrices des fonds PetroCaribe.
    Sommes nous responsables?
    Non, nous ne sommes pour rien. Et, au contraire, on ne fait que commencer…

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