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L’immunité militante

Aujourd’hui nous allons parler d’Ellecy Dieulassaint. Qui ?, me direz-vous. Le cameraman de Télé Métropole giflé par un militant lors de la fameuse table de concertation de la Passerelle. Ce qui ne vous parlera pas plus parce que, qui se souvient encore de cette grande messe de l’opposition au Marriott visant à remplacer prese prese le Président Jovenel Moïse ?

C’était il y a longtemps. Vous n’auriez pas connu. Une époque lointaine où la transition se préparait fiévreusement sans le Président Moïse. C’était le 9 novembre 2019. L’opposition réunie allait choisir son nouveau Président et pouf ! Jovenel Moïse disparaîtrait. Dans cette ambiance survoltée de négociations frénétiques, un “militant” gifla un cameraman qui passait par là.

Il avait le malheur de travailler pour un média à qui l’on reprochait – avec quelque raison – de ne pas être assez ferme avec le Président. C’est que, voyez-vous, certains médias réussissent à survivre en ne faisant pas trop de vagues. Il en faut. C’est ainsi qu’on arrive à avoir un journal parmi les plus anciennes institutions du pays. Il faut parfois savoir se contenter de “regards sur choses et gens” à défaut de couvrir la chose publique et des gens qui nous dirigent. La pérennité est souvent à ce prix. Mais les “militants” ne font pas dans la subtilité et le cameraman le sachant parfaitement s’empressa de dédouaner son assaillant.

Je ne crois pas que c’était une action ciblée. D’ailleurs, l’agresseur ne me connait pas. Il s’agissait tout simplement d’un excès de zèle.

La victime citée par Loop Haïti

On le comprend. Qui, militant, ne s’est jamais retrouvé à gifler un cameraman qui passait par là? Comme les journalistes présents commençaient à protester contre le traitement de leur confrère, des leaders de l’opposition présentèrent leurs excuses et se firent rassurants : le militant en question serait identifié et sanctionné.

Naturellement, il n’y eut pas de suivi. Le “militant” comme le Président ou le Parlementaire jouit de l’immunité dans l’exercice de ses fonctions. Il le sait. C’est justement ce qui le porte à jouer au Gwo Moso. Il se sait privilégié de l’impunité ambiante... jusqu’au jour où il se retrouvera avec deux balles dans le crâne… pour les besoins de la cause.

Patricia Camilien Tout afficher

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