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Dies irae

Ce samedi, 11 avril 2020, Yannick Joseph, coordonnatrice du Syndicat de la Police Nationale d’Haïti, aurait remis sa démission, sans autre raison qu’elle remettait sa démission. La lettre qui circule sur les réseaux sociaux n’offre pas plus: elle a fait de son mieux, elle continuera à faire de son mieux, elle démissionne.

Lettre de démission de Yannick Joseph

Le 18 février 2020, la Police Nationale d’Haïti (PNH) remerciait la syndicaliste et trois de ses compagnons d’armes pour avoir porté atteinte à l’honneur de l’institution. L’Inspection générale de la PNH avait estimé que notre police n’avait guère besoin des services de celle qui rêvait d’un syndicat et dont la course semblait s’être terminée un jour plus tôt, au Champ de Mars, alors que la manifestation des policiers réduisait en cendre des stands construits en prévision de festivités carnavalesques controversées.

Depuis, l‘Office de la protection du citoyen et surtout le nouveau gouvernement sont passés par là et les policiers révoqués ont été réintégrés, il y a tout juste un mois, au 12 mars 2020. Or, voilà que madame Joseph se retire. Un mois après avoir obtenu le retrait du fameux article 11 interdisant la création d’un syndicat de police, celle qui a incarné la révolte des policiers tire sa révérence, sans aucune explication.

Yanick Joseph est née le 7 février 1986. Le jour même où nous avons dit adieu aux Duvalier et à la tyrannie. Le jour où nous avons repris notre liberté. Pour lancer un syndicat de la police, on peut difficilement faire plus prédestinée. Pourtant, la voilà qui laisse le syndicat lorsqu’il est enfin accepté.

Une rumeur veut qu’elle laisse le syndicat pour candidater aux prochaines sénatoriales. Une autre parle de dissensions au sein du nouveau syndicat. Je préfère la première. Les élections ici étant ce qu’elles sont, peut-être lâche-t-elle la proie pour l’ombre. La Sénatrice Joseph réussira peut-être à obtenir du législateur haïtien qu’il accompagne mieux les policiers. Qui sait ? Le malheur n’est pas mal et en politique haïtienne, il n’y a pas que le mâle qui existe.

Patricia Camilien Tout afficher

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