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Le dernier César

Le dernier César est en vie. Il s’appelle Siméon II de Bulgarie, le seul monarque dans l’histoire connue à abdiquer pour être après élu démocratiquement à la tête d’un gouvernement.

Lorsque Jules César meurt assassiné en 44 avant notre ère, il aura tellement marqué l’Empire que son nom est devenu un titre, de sorte que de son fils adoptif Octave (Auguste) au Tsar Siméon II, des têtes couronnées se sont, sur deux millénaires, appelées César. La chose n’étonnerait sans doute pas le peuple romain qui réserva un bûcher d’apothéose et élèvera à la divinité son imperator bien-aimé qui se montra toujours d’une grande largesse et léguera à son peuple 300 sesterces par tête. Aussi, est-ce particulièrement approprié que le dernier à porter le titre ait réussi à se faire élire par son peuple.

En 1943, lorsque, à six ans, il accède au trône bulgare, Simeon Borissov Sakskoburggotski est un monarque en guerre du côté des perdants qui, trois ans plus tard, suite à la défaite de la monarchie et l’occupation soviétique, devra partir en exil. Il retournera en Bulgarie, cinquante ans plus tard, en 1996, avant de former, cinq ans plus tard, le Mouvement national Siméon II et devenir, avec 42.74% des sièges, Premier Ministre de la Bulgarie.

L’idylle ne dura que 4 années et le parti du vieux roi n’est plus que l’ombre de lui-même mais que le dernier roi des Bulgares soit devenu son Premier Ministre élu est certes remarquable. Bien sûr, nous sommes bien loin d’un Mathieu Kérékou ouvrant la voie au multipartisme au Bénin après 18 ans de pouvoir autoritaire ou le roi Juan Carlos présidant à la sortie du franquisme en Espagne en grand héros de la transition démocratique. Siméon II a été détrôné et n’est revenu en Bulgarie que bien après le passage à la démocratie. Son histoire est toutefois un rappel bien utile que l’absolutisme qu’il soit royal ou présidentiel n’est pas une fatalité. Certains gagneraient à en prendre de la graine.

Patricia Camilien Tout afficher

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