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Dont acte

J’irai droit au but. Non, je ne regrette pas d’avoir pris la défense de la chanteuse Rutshelle Guillaume lorsqu’elle a été victime de violence conjugale. Les opinions, attitudes, comportements ou autres caractéristiques personnelles de la victime n’ont aucune incidence sur mon support qui est et sera toujours automatique.

Non, je ne regrette pas d’avoir été si dure avec son agresseur et compagnon d’alors, le chanteur Roody Roodboy – Roody Petuel Dauphin pour l’état civil. J’entends continuer à l’être aussi longtemps qu’il n’aura pas activement travaillé à réparer.

Je ne regrette pas plus d’avoir supporté les Grenadiers. Ils m’ont offert des heures de pur bonheur et je leur en serai toujours reconnaissante.

Mon seul problème avec la photo – que vous m’avez envoyée plusieurs fois et qui accompagne ce billet – est l’ancien président-chanteur, l’ancien roi-bouffon de la République, l’anti-Midas de notre société ternissant tout ce qu’il touche.

Entre sa misogynie, la dilapidation des fonds Petrocaribe et la perversité avec laquelle il s’essaie à entraîner dans les bas-fonds ce(ux) à qui (à quoi) il reste encore quelque crédibilité, je peine à trouver ce qui me déplaît le plus chez le personnage.

Je refuse toutefois de le laisser gagner. Je refuse de l’aider dans son œuvre de destruction complète. Qu’il s’attaque au Nouvelliste ou se fasse prendre en photo avec un Grenadye, le but est le même. Il s’agit de nous démontrer qu’au final, le pervers ce n’est pas lui, mais nous tous qui, un à un, allons le rejoindre dans la fange. C’est la Nana d’Emile Zola aussi charmante que vulgaire présidant, allègrement, à la déchéance du Second Empire.

Voilà donc un Michel Martelly cruel, faisant subir toutes les humiliations possibles à celleux qui, plus ou moins ouvertement, le méprisaient et qui se trouvent contraints de chercher sa compagnie. C’est la revanche, pour paraphraser Zola, du cancre sur l’intelligence.

Zola résumait ainsi l’œuvre destructrice de son héroïne et, par ricochet, celle de Martelly:

Le sujet philosophique est celui-ci : toute une société se ruant sur le cul. Une meute derrière une chienne qui n’est pas en chaleur et qui se moque des chiens qui la suivent.

Certes, nous ne sommes pas des comtes Muffat, fascinés par Michel Martelly et prêts à abandonner toutes nos valeurs pour le plaisir douteux de l’écouter chanter. Nous devons refuser de participer à son entreprise de rabaissement de tout ce qui est noble. Nous nous devons de l’isoler, le contenir, l’affamer dans sa quête d’attention, comme d’une cellule cancéreuse.

Toutefois, ce n’est pas en rejetant et en invectivant celleux qui se laissent momentanément « attirer » que nous réussirons à tourner la page Martelly. Au contraire, c’est entrer dans son jeu. Notre meilleure carte contre Martelly et les siens est encore la dignité. C’est à cette alternative, où la vie de chaque Haïtien, qu’il soit à New York ou à La Saline, compte également, qu’il nous faut nous atteler. Et vite.

Patricia Camilien Tout afficher

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