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112 000 dollars pour nos grenadiers

L’équipe haïtienne étant en demi-finales de la Gold Cup, le Président Jovenel Moïse aurait donné 4000 dollars à chaque Grenadier. Ce don viendrait s’ajouter aux nombreux accès de générosité dont la propagande gouvernementale s’empresse de nous informer. Le Président donne des sacs d’école, de la nourriture, de l’eau et autres gestes humanitaires par l’entremise du Fonds d’Assistance économique et sociale (FAES) ou toute autre agence étatique faisant son travail d’assistance aux populations vulnérables. La confusion entre le domaine public et le domaine privé est bien ancrée. L’Etat patrimonial – particulièrement apprécié des politiciens entrepreneurs de Berlusconi à Trump – maintenu. La figure du big man (cf Jean-François Ménard) accumulant les richesses pour asseoir son pourvoir personnel renforcée.

Pourtant, il faudrait que quelqu’un lui dise, lui explique, lui fasse comprendre. Le Président n’est pas l’Etat. L’Etat n’est pas une ONG. Les citoyens ne sont pas des bénéficiaires de la charité étatique.

L’argent ne peut venir, nous le savons, de la poche de Monsieur Moïse. Son salaire de Président ne le lui permettrait pas. Ses entreprises, d’Agritrans à JoMar, ont fait faillite. C’est là une dépense bien au-dessus de ses moyens, d’autant qu’il a été récemment blanchi de son inculpation pour blanchiment d’argent. L’argent doit donc venir d’ailleurs.

Comme j’en faisais la réflexion, un lecteur m’a gentiment glissé ce bon de transfert, en message privé sur Twitter. L’argent vient de l’Ambassade d’Haïti à Washington. Ce n’est pas suffisant, mais c’est un début. C’est l’Etat haïtien, et donc nous, qui accorde une prime aux grenadiers.

De quel fonds est-il tiré? On ne sait. On peut présumer qu’il vient des taxes consulaires et donc de la Trésorerie. De telles affectations étaient-elles prévues dans le budget? On ne sait. L’année 2018-2019 se termine sans budget et la date du 30 juin 2019 est passée sans même un avant-projet de loi des finances 2019-2020 mais on y reviendra.

Il y a un match à gagner et des Grenadiers à supporter jusque dans le goal du Mexique.

Patricia Camilien Tout afficher

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