Accéder au contenu principal

De la politisation des catastrophes naturelles

Dans la vidéo ci-dessus, l’ingénieur-géologue  Claude Prépetit nous parle des failles majeures qui traversent le pays, des dangers qu’elles présentent et des précautions à prendre. Elle circule actuellement sur les réseaux sociaux parce que, hier, 20:11:50, un séisme de 5.9 sur l’échelle de Richter a causé des dégâts considérables dans le Nord du Pays, emportant au moins 12 de nos compatriotes et faisant 188 blessés, d’après un bilan provisoire du Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales. Port-de Paix, Gros-Morne et Saint-Louis du Nord sont les villes les plus affectées.

L’Exécutif se veut rassurant. Tout est sous contrôle:

Je suis au Centre d’Opérations d’Urgence Départemental (COUD) à Port-de-Paix, pour le bilan des dégâts enregistrés, suite au passage du séisme. Le processus d’évaluation des actions déjà entreprises, en plus de celles à venir, se poursuit afin de mieux affronter la réalité. pic.twitter.com/bpXVRW3rR2— Président Jovenel Moïse (@moisejovenel) 7 octobre 2018

Le public, lui, est excédé:

Ou panse wap fè sa pou vin pi popilè pou pep la ta gen pitye pou ou, mon cher ou tronpe se kòlè pèp la wap ogmante nou bouke nan sistèm leta ponpye sa nou bouke apre koulèv fin pase pou nap swiv tras men se pou pèp la gen profizyon pou konbat sa yo. @AyitiNouVleA @kobpetrokaribea— Jean-Noel Edwin (@Edwin01Noel) 7 octobre 2018

Dans quelques jours, toutefois, nous aurons tout oublié. Nous attendrons le prochain séisme pour ressortir l’ingénieur Prépetit qui, comme un Jean-Baptiste, continuera à prêcher dans le désert, tandis que d’autres continueront à rappeler, sans plus de succès, que la surveillance sismique en Haïti reste insuffisante et que les constructions anarchiques pullulent.

C’est que, voyez vous, les catastrophes naturelles n’existent pas tant qu’il existe des phénomènes naturels qui se transforment en catastrophes socionaturelles du fait de nos actions. Le problème est donc intrinsèquement politique. Pour reprendre Marx, notre relation avec la nature est de l’ordre du métabolisme. La nature existe par ses lois et nous entrons en relation avec elle par les nôtres. La politique fixe nos lois et donc nos échanges avec Mère-Nature.

Ce qui distingue dès l’abord le plus mauvais architecte de l’abeille la plus experte, c’est qu’il a construit la cellule dans sa tête avant de la construire dans la ruche.

Karl Marx

Il ne sert donc à rien de se formaliser de la politisation des catastrophes naturelles. Elles sont résolument politiques. Elles ne sont pas des occurrences hasardeuses. Elles résultent de nos actions. Un tremblement de terre modéré ne devrait pas causer autant de destructions. Et pourtant, nous voilà!

Patricia Camilien Tout afficher

How about we let the writing do the talking?

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :
Aller à la barre d’outils