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L’urbanisation anarchique, un problème majeur du développement en Haïti

Aujourd’hui, je vous invite à lire un texte d’un lecteur du blogue, Guelson Jean Louis, qui nous invite à réfléchir sur l’urbanisation et le développement.


La concentration des population dans les agglomérations urbaines constitue une des conséquences de la révolution industrielle et de ses multiples incidences dans les domaines géographique et économique. Alors que moins de 10% de la population mondiale vivaient en ville en 1900, la barre des 50% a été franchie en 2007. Ils seront 6.3 milliards en 2050, soit 70% de la population mondiale.

Haïti est le troisième pays le plus urbanisé dans l’Amérique latine et Caraïbes, derrière Trinité-et-Tobago et le Mexique. C’est ce que révèle un nouveau rapport de la Banque Mondiale rendu public en janvier 2018 et intitulé « Les villes haïtiennes : des actions pour aujourd’hui avec un regard sur demain ». Alors que 90 % de la population vivait en milieu rural dans les années 50, plus d’un haïtien sur deux vit à présent en milieu urbain. Chaque année, plus de 133,000 habitants quittent les zones rurales pour s’installer en ville.

Cependant, la Banque mondiale avance que les rapports entre l’urbanisation et la croissance ne sont pas toujours linéaires. De fortes densités de population ne suffisent pas à elles seules pour créer les économies d’agglomération souvent attribuées aux villes, selon la Banque mondiale.

Quand de fortes densités de population ne sont pas bien gérées, les résultats sont néfastes : encombrements, pollution et taux de criminalité élevés, selon le rapport. Dans le pays, l’urbanisation n’a pas un effet positif sur la croissance économique.

Des chiffres avancés par la Banque mondiale montrent que le pays n’a pas profité de l’urbanisation. « Le produit intérieur brut (PIB) par tête a stagné et a même baissé en passant de 757 dollars américains en 1996 à 727 dollars en 2013. Au cours de la même période, les taux d’urbanisation augmentaient pour passer de 33 à 58 % », soutient le rapport.

Haïti est l’un des rares pays de l’Amérique latine et des Caraïbes à ne pas profiter de l’urbanisation. La fragilité générée par la violence et l’instabilité politique ainsi que les catastrophes naturelles ont miné les avantages de l’urbanisation dans le pays.

 

« Un examen plus approfondi du système des villes du pays, des déficits en infrastructures et en services urbains, des limites de la gouvernance et du financement urbain au niveau des gouvernements locaux contribuent à expliquer pourquoi Haïti s’est urbanisée sans croissance économique », lit-on dans le rapport.

 

Seulement 10% de la population vivait dans les zones urbaines en 1950. Depuis cette date jusqu’aux années 80, le nombre de citadins a augmenté quatre fois plus vite que le taux de la population rurale. Dans les années 80 et 90, la population urbaine représentait 30% de celle du pays dans sa totalité. Selon les chiffres officiels, rapporte la Banque mondiale dans le rapport, 52% de la population haïtienne résidait dans des zones urbaines en 2015.

 

Dans le rapport, la Banque mondiale démontre les chiffres officiels avancés sur l’urbanisation dans le pays. « Haïti a une population urbaine de plus de 6 millions de personnes, soit environ 64 % de la population totale. Cette différence est marquée par rapport aux 52 % déclarés par les chiffres officiels basés sur des projections à partir du dernier recensement », précise la Banque mondiale.

Port-au-Prince après le séisme de 2010.

La capitale haïtienne a été sauvagement ravagé par un tremblement de terre de 7.3 sur l’échelle de Richter le 12 janvier 2010. Malgré l’ampleur des dégâts, cela avait offert une opportunité sans précédente pour les dirigeants de ce pays de mettre Port-au- Prince sur la voie d’un espace urbain organisé et planifié, dans le cadre de la reconstruction du pays malheureusement huit (8) ans après le séisme, l’organisation urbaine de la ville de Port-au-Prince ne fait que s’aggraver ce qui est due à des constructions anarchiques et d’une façon irrégulière de nouvelles zones dans l’aire métropolitaine.

En quoi consiste les finalités de l’urbanisme ?

Si à certaines époques de notre histoire l’aménagement des ville a pu être poursuivi en fonction d’impératifs religieux ou politiques, l’urbanisme contemporain se veut seulement au service des habitants de la cité. Pour les urbanismes modernes la ville n’est pas principalement conçue comme un assemblage de maisons et de rues, comme un monument, mais comme un ensemble d’êtres humains. Et c’est à partir de leurs besoins présumés: se loger, travailler, circuler, se distraire, que ceux d’entre eux qui ont exercé au lendemain de la seconde Guerre mondiale.

Pour contribuer au bien-être des citadins, les urbanistes doivent en effet poursuivre des objectif variés. Pour ne citer que les principaux, il s’agit d’abord d’objectifs sanitaires. Il faut donner aux habitants de la ville des cadres de vie sains et agréables, garantie de leur santé physique et mentale. Vienne ensuite les objectifs sociaux dont la réalisation doit permettre d’éviter la ségrégation sociale par l’habitat et assurer de meilleures conditions de vie pour les différents groupes de parenté, de voisinage, d’activités qui coexistent dans les agglomérations. Puis les objectifs économiques qui visent à permettre une bonne organisation de la vie collective en plaçant les équipements et les services collectifs dans les meilleures conditions de fonctionnement et de rendement. Enfin les objectifs esthétiques qui doivent tendre à assurer un certain confort visuel aux citadins et notamment une certaine harmonie entre la nature et les constructions.


Si vous souhaitez contribuer un texte au blogue, envoyez un mail à laloidemabouche@gmail.com  

 

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