Quand le divin marquis défendait le viol 

Je viens de voir un homme, blessé dans son droit absolu de faire entendre sa voix anti-avortement dans un festival féministe, se plaindre que le film sur l’interruption volontaire de grossesse était trop long et ne l’interpellait pas. J’espère que l’on se sera promptement excusé auprès de lui pour l’avoir conduit à voir la vie à partir d’une perspective autre que la sienne plutôt que de le laisser discuter de ce qui l’intéressait : s’entendre parler.

C’est un paradoxe urgent à résoudre que ces féministes nègès mawon « [voulant]  le droit à la parole en [ôtant]  toute possibilité d’exprimer des idées contraires » . Au droit à la parole des femmes, peut-être ? Au droit  de disposer elles-mêmes de leur corps ? C’est à croire qu’elles étaient dans un espace de réclamation de droits qu’un système misogyne leur refuse depuis des millénaires et que, comme nos ancêtres anciennement asservis, elles n’ont pas cru nécessaires de laisser un espace aux « propriétaires » d’humains pour se prononcer sur le caractère humain de ceux et celles qu’ils croient posséder. Il n’y a pas à dire : l’ironie de la chose est belle.

Heureusement, pour cet homme émasculé au Festival, j’ai retrouvé la sublime défense du viol, exercice de contrôle bien mâle de la gent féminine, dans la République selon le Marquis de Sade. Je la reproduis ici pour rétablir l’équilibre.

Le titre du pamphlet est engageant: Français, encore un effort pour si vous voulez être républicains. Il s’efforce d’y établir une morale républicaine en questionnant, notamment, les « devoirs de l’homme envers ses semblables… dans les actions que peut faire entreprendre le libertinage [telles que] l’inceste … le viol » . Le divin marquis établit une  » communauté de femmes »  autour de l’inceste – qu’il justifie par l’amour le plus naturel qui soit – et propose de « 

passer au viol qui semble être au premier coup d’œil, de tous les écarts du libertinage, celui dont la lésion est le mieux établie, en raison de l’outrage qu’il paraît faire. Il est pourtant certain que le viol, action si rare et si difficile à prouver, fait moins de tort au prochain que le vol, puisque celui-ci envahit la propriété que l’autre se contente de détériorer. Qu’aurez-vous d’ailleurs à objecter au violateur s’il vous répond qu’en fait, le mal qu’il a commis est bien médiocre, puisqu’ il n’a fait que placer un peu plus tôt l’objet dont il a abusé au même état où l’aurait bientôt mis l’hymen ou l’amour ?

J’ai déjà écrit ici pour condamner le viol mais n’ai pas pensé à ajouter ce contrepoint, c’est désormais fait. Je ne promets pas de maintenir cette tradition dans mes « mésinterprétations #feministes » de la réalité mais j’espère que les vrais mâles™ accepteront volontiers ce rameau d’olivier qu’aujourd’hui je leur tends.

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