La tristesse d’un Président 

Hier, j’ai parlé d’un René Préval qui voulait espérer et inspirer l’espoir. Je l’ai présenté énergique, éloquent, entraînant. Le portrait était fidèle. Il n’était pas complet. René Préval m’est aussi apparu peiné et chagrin.

Il ne comprenait pas cette facilité avec laquelle on s’attaquait à sa personne. Pas à ses actes. Il y aurait là – il l’admettait volontiers – sans doute quelque mérite. Mais sa personne. Ad hominem. Tous ces noms dont on le traitait. Toutes ces accusations gratuites. Tous ces gens qui lui en voulaient sans avoir jamais dit pourquoi.

Ces derniers temps, il a cherché à comprendre, en s’adressant directement aux intéressés. Ce jeune photographe, neveu d’un grand ami, qui l’a, en public, prié de ne plus jamais lui adresser la parole parce que « tu as utilisé mon oncle ». Cette journaliste, ancienne amie de longue date, qui répétait à qui voulait l’entendre, qu’elle n’était pas « en affaire avec Préval » parce que « tu as pris parti pour [mon ex-patron qui était aussi ton ami] ». Ces éditorialistes qui l’ont dépeint avec un mépris à peine voilé et à qui il a demandé, en face et sur le ton de la blague, de justifier leurs attaques.

Il ne le disait pas mais cela lui brisait le cœur.  Il semblait porter avec lui une lourde tristesse, une certitude d’avoir été incompris, même de ceux qui étaient les plus proches de lui.  Marmelade était son refuge. Sa grande contribution. Sa tentative de se racheter (?). La preuve ultime qu’il avait encore quelque chose à offrir à son pays et son oeuvre inachevée pour laquelle il sembla décidé cette semaine à trouver des protecteurs.

Cette malencontreuse photo qui circule dans les réseaux sociaux semble être une indignité de plus que doit souffrir le (corps du) président le plus simple que nous ayons connu. Nation d’humiliés oblige, être simple chez nous invite peut-être naturellement au mépris.

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