Parlons français

Ces derniers temps, le français lie et délie des langues. Nos parlementaires, sur qui nous aimons taper et qui nous le rendent bien, nous ont offert une panoplie de fouets, cravaches et martinets  à faire pâlir d’envie le divin marquis. Chiffres romains, mutisme forcé, difficultés de langage … ils nous ont gâtés et nous, nous en avons joui. Kako a fait des vidéos. Pastè Blaze aussi. Les réseaux … Continuer de lire Parlons français

La tristesse d’un Président 

Hier, j’ai parlé d’un René Préval qui voulait espérer et inspirer l’espoir. Je l’ai présenté énergique, éloquent, entraînant. Le portrait était fidèle. Il n’était pas complet. René Préval m’est aussi apparu peiné et chagrin.

Il ne comprenait pas cette facilité avec laquelle on s’attaquait à sa personne. Pas à ses actes. Il y aurait là – il l’admettait volontiers – sans doute quelque mérite. Mais sa personne. Ad hominem. Tous ces noms dont on le traitait. Toutes ces accusations gratuites. Tous ces gens qui lui en voulaient sans avoir jamais dit pourquoi.

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Ces « journalistes » qui nous tuent

Tous les matins, crieurs dans le désert ou pas, je pars en randonnée dans un sentier aux pentes particulièrement ardues. J’essaie de respecter une promesse faite à mon enveloppe charnelle qui, depuis quelque temps, me réclame des muscles, à cor(ps) et à cris(sements). Quand on prend de l’âge, le corps ne pardonne pas et  je sais  de quel côté mon pain est beurré,  aussi, l’angélus de 5h du matin me trouve-t-il en train de franchir la barrière pour 30 à 40 minutes de randonnée à travers bois.

La marche alterne entre footing, jogging et hiking, selon que la topologie capricieuse nous force, mes compagnons de sport et moi, à choisir l’un plutôt que l’autre. Elle est aussi exigeante qu’euphorisante. Nous avons tous commencé avec nos objectifs respectifs mais, au final, elle est devenue sa propre motivation. Ces quelques minutes dédiées à nos corps tous les matins sont autant de fleurs que nous déposons devant leur autel, par gratitude certes mais surtout, avouons-le tout net, par intérêt bien compris.  Continuer de lire « Ces « journalistes » qui nous tuent »

Silence, on dort!

Le saviez-vous? Jésus revient bientôt! Le message arrive, comme un coup de poing, à trois heures du matin. C’est l’heure de la repentance et apparemment l’heure de ne pas laisser dormir les braves gens. C’est qu’il y a urgence. Des âmes à sauver, contre leur gré s’il le faut. C’est le Maître lui-même qui le dit à son serviteur:

Va dans les chemins et le long des haies, et ceux que tu trouveras, contrains-les d’entrer, afin que ma maison soit remplie. (Luc 14:23)

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Raquel Pélissier représente-t-elle vraiment la femme haïtienne?

Cette question d’un spectateur sceptique a provoqué hier soir sur Twitter un affreux florilège d’injures d’émo-nationalistes révoltés par le racisme, la négativité, l’ignorance, la bêtise, la mauvaise haleine – comment ça se sent dans un tweet, on ne sait – de ce trouble-fête qui ferait mieux de fermer sa gueule, de supprimer son compte Twitter et d’aller se faire pendre. Comment osait-il en effet questionner cette quasi-victoire de la belle Raquel qui nous a rendus si fiers? Les élections locales et législatives – qui, soit dit en passant, avaient lieu hier – ne nous intéressant guère, nous avions trouvé une compétition où Haïti pouvait gagner. Et, l’espace d’un instant, nous avons pu y croire. Continuer de lire « Raquel Pélissier représente-t-elle vraiment la femme haïtienne? »

Des malheurs d’être une « intellectuelle »

Il était une fois une Haïtienne du pays qui commença un blogue, pour affirmer la loi de sa bouche certes mais aussi, pour soulager les oreilles de ses pauvres parents et amis qui devaient l’entendre jour après jour, tour à tour, râler, proposer, déplorer, recommander.

Ses parents et amis, plus masochistes qu’elle ne le savait, se sont pourtant mis à lire ses billets, à en discuter avec elle et à les partager avec d’autres. Magnanimes, ils aident désormais à échauffer les oreilles des autres, en toute générosité.

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Charlie je suis, Charlie je reste


Après avoir, pendant une semaine, pleuré à chaudes larmes la mort du petit Aylan Kurdi sur une plage de Turquie, les internautes sont désormais indignés par une caricature de Charlie Hebdo le montrant si près d’atteindre son but d’avoir droit à deux menus enfant chez McDo pour le prix d’un. Ils trouvent que le journal satirique – connu pour tester encore et toujours les limites de la loi de sa bouche – a été trop loin. Certains ne savent plus s’ils sont Charlie, d’autres se targuent de ne l’avoir jamais été.  La liberté d’expression semble devoir s’arrêter à la caricature du rêve européen d’un « enfant musulman qui a coulé ». Continuer de lire « Charlie je suis, Charlie je reste »

Cérémonie du Bois Caïman

Le choix de la liberté – La cérémonie du Bois Caïman

Hier soir, j’ai lancé ce blog en guise de protestation contre l’insidieuse implication que ne pas voter aux élections équivaudrait à se départir de sa liberté d’expression, à ne plus avoir droit de cité dans les affaires de la cité. Même en passant sous silence le fait que, chez nous, le vote n’est pas obligatoire, il serait sans doute utile rappeler aux bien-pensants et aux donneurs de leçons qu’il y a deux cent vingt quatre ans, dans la soirée du 14 au 15 août 1791, mes ancêtres asservis, à qui je dois la loi de ma bouche, ont fait le choix inconditionnel et incontestable de la liberté. Ce choix ils l’ont fait pour eux-mêmes et tous ceux à venir, lançant une révolution qui devait rendre les droits de l’homme effectivement et indubitablement universels.
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