Dieu éventra les femmes enceintes et autres instances d’avortement dans la Bible

La Bible, monument à la misogynie, ne parle pas d’avortement. Il est bien question dans le Psaume 58 verset 8 d’ennemi appelé à « péri[re]en se fondant, comme un limaçon; Sans voir le soleil, comme l’avorton d’une femme », mais d’avortement, non. Pas directement.

Dans la Bible, chef d’oeuvre misogyne, il est plutôt question de fendre le ventre des femmes et d’écraser leurs bébés. Parce que, dans la Bible, l’avortement est d’abord une punition contre les ennemis du Seigneur, idolâtres et mécréants. C’est le prophète Osée (9:14) promettant à Ephraïm un avenir fait d’un sein qui avorte et des mamelles desséchées et à la Samarie  des petits enfants écrasés et le ventre fendu de leurs femmes enceintes. En se tournant vers Baal, Israël a attisé la colère de Dieu. Comme il l’avait déjà fait du temps du prophète Élisée (2 Rois 8:12) qui, lui, pleurait sur ce grand malheur.

Nous sommes bien loin d’Exode 23:26 où Dieu promettait un pays où il n’y aurait « ni femme qui avorte, ni femme stérile ». Il s’agissait là avant tout d’une promesse de prospérité qui s’étendait naturellement aux brebis, aux chèvres (Genèse 31:38) et aux troupeaux en général ( Exode 7:14). Une promesse sur laquelle, Yahvé, dieu jaloux de son état (Exode 34:14), reviendra toutes les fois qu’Israël ne se sera pas entièrement consacré à Lui. L’avortement dans la Bible est donc quelque chose que les femmes – et les femelles en général – subissent. En représailles. Israël, Ephraïm, la Samarie … désobéissant, Dieu les punit à travers le corps de leurs femmes et de leurs troupeaux. Qu’ils arrêtent de se rebeller et voilà le sein de leurs femmes et de leurs troupeaux de nouveau fertile! Qu’ils retombent dans l’iniquité et voilà leurs femelles de nouveaux stériles !

Dans sa diatribe contre l’infidélité d’Israël, le prophète Osée se fait presque tragique, vengeur, pathétique. Pauvre berger, mari cocu, il s’identifie sans peine à Yahvé découvrant l’infidélité d’Israël comme lui a découvert celle de Gomer, sa femme. Sa femme qu’il a épousée devant Dieu, à sa demande (Osée 3:1) et qu’il a achetée « pour quinze sicles d’argent, un homer d’orge et un léthec d’orge » (3:2). Sa femme qui va « après [s]es amants, qui [lui] donnent [s]on pain et [s]on eau, [s]a laine et [s]on lin, [s]on huile et [s]a boisson (2:5). Au début, même si la rage est bien présente, le ton reste conciliant. S’il veut la faire mourir de soif (2:3) c’est dans le cas où elle n’ôte pas « de sa face ses prostitutions, et de son sein ses adultères » (2:2) pour retourner vers son mari qui s’engage à élever un mur pour qu’elle ne puisse plus rejoindre ses amants (2:7-2:9) et renonce à Baal (2:15 et suivants).

Le ventre de femme à fendre donc est d’abord celui de Gomer, femme adultère, dont les enfants sont des « enfants de la prostitution ». Des enfants dont il ne veut pas faire cas. Des enfants dont il aurait voulu purifier la mère pour qu’il puisse être de nouveau « [s]on fiancé pour toujours » (2:21) ?

Dan le Livre des Nombres, chapitre 5, versets 11 à 31, l’épreuve des eaux amères permet au mari jaloux de tester la fidélité de sa femme.

Le sacrificateur fera tenir la femme debout devant l’Éternel […] fera jurer la femme avec un serment d’imprécation … [et] fera boire à la femme les eaux amères qui apportent la malédiction […] Le sacrificateur prendra des mains de la femme l’offrande de jalousie […] et il la brûlera sur l’autel. C’est après cela qu’il fera boire les eaux à la femme. Quand il aura fait boire les eaux, il arrivera, si elle s’est souillée et a été infidèle à son mari, que les eaux qui apportent la malédiction entreront en elle pour produire l’amertume ; son ventre s’enflera, sa cuisse se desséchera, et cette femme sera en malédiction au milieu de son peuple. Mais si la femme ne s’est point souillée et qu’elle soit pure, elle sera reconnue innocente et aura des enfants.

Certains exégètes bibliques soutiennent qu’il s’agit là d’une potion à administrer lorsqu’une femme est suspectée d’être enceinte de son amant; ce qui en ferait un cas d’avortement forcé où deux hommes – un prêtre et un mari – décident, en toute souveraineté, d’envahir l’utérus d’une femme, dans l’espoir affiché de la rendre stérile pour avoir provoqué, inique créature, sa jalousie.

29 Telle est la loi sur la jalousie, pour le cas où une femme sous la puissance de son mari se détourne et se souille, 30 et pour le cas où un mari saisi d’un esprit de jalousie a des soupçons sur sa femme: le sacrificateur la fera tenir debout devant l’Éternel, et lui appliquera cette loi dans son entier. 31 Le mari sera exempt de faute, mais la femme portera la peine de son iniquité.

Nombres 5: 29-31

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