Jamais je ne viellirai Mme D.

Il se moquait gentiment qu’elle ait de la peine à soulever la cuvette. La lui prenant des mains, il afficha fièrement sa vigueur, sourire en coin.

Elle lui fit remarquer, bon enfant, qu’il vieillirait un jour lui aussi. « Ah, mais je ne viellirai jamais Mme D. Je resterai ainsi pour toujours. »

L’été suivant, il est parti pour ne jamais revenir. Il s’était installé à Martissant. À Martissant où se trouvaient des corégionnaires. À Martissant où se trouvaient aussi des gangs armés. Il n’a pas survécu.

Mme D. me raconte l’histoire d’un ton résigné. Chercher la vie tue la vie, conclut-elle, philosophe.

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