Un ennemi redoutable

Devant le Roi et l’assemblée, le Comte de Mirabeau dénonce « l’ennemi le plus redoutable du royaume » : l’agiotage. VOTRE MAJESTÉ, il dévore vos revenus, il aggrave les charges de l’Etat, il corrompt vos sujets, il énerve votre puissance, s’il exerçait plus longtemps ses ravages il rendrait impossible jusqu’à vos bienfaits. Dénonciation de l’agiotage au Roi et à l’assemblée des notables ([Reprod.]) / par le comte … Continuer de lire Un ennemi redoutable

Le vote des électeurs vu par l’économiste

Le contenu de ce billet est le fruit d’une collaboration entre Ginette Tanis Jules et Stevens Azima. Le vote comme objet d’analyse économique L’actuelle conception du vote comme principal mécanisme de décision des institutions et du personnel politique n’a pas toujours prévalu. Même la démocratie athénienne reposait plus sur des choix par tirage au sort (s’en remettre aux Dieux) que sur le vote populaire (Jerôme … Continuer de lire Le vote des électeurs vu par l’économiste

Le secteur privé est concerné

Moi aussi. Quand j’ai reçu une copie de l’arrêté présidentiel l’Arrêté portant obligation de libeller les transactions commerciales sur le territoire dans la monnaie nationale, qui est la Gourde, ma première réaction a été de dire, mi-sérieuse, à un ami et lecteur du blogue: « je suis prise ». C’est que j’anticipe déjà la tête de mes clients quand je leur demanderai des centaines de milliers de … Continuer de lire Le secteur privé est concerné

שָׁלוֹם‎

Shalom! Aujourd’hui nous lançons une nouvelle catégorie de billets sur la religion et la société qui sera publiée tous les dimanches, 14 h sur ce blogue, jusqu’à ce que vous n’ayez plus de sujets à me proposer ou que je n’aie plus rien à dire. C’est la première fois que je lance une chronique sur la loi de ma bouche, aussi aurai-je besoin de votre aide pour la réussir. Ce qui est une autre façon de dire que son succès dépend de vous. Alors, ne soyez pas avare avec vos contributions.

Ceci me permet de passer au sujet du jour: l’évangile de la prospérité et en particulier la doctrine « seed faith » (littéralement, semence de foi) à la base d’une économie des miracles où la probabilité d’un miracle augmente avec l’argent investi. Il répond à une remarque de Soeu Rette RigoDon sur Facebook à propos de ce qui serait, selon elle, un désintérêt des journalistes pour la question.  Elle souhaitait une entrevue avec l’un d’entre eux mais ce n’est pas vraiment le but de cette rubrique qui a plutôt vocation à discuter des enjeux contemporains du religieux en Haïti certes mais aussi dans le monde.

Ici, nous parlerons des mutations religieuses, de la pluralisation de l’offre, des phénomènes de radicalisation et des implications identitaires du « retour de Dieu » dans l’espace public. Nous discuterons enjeux politiques et juridiques, théocratie et sécularisation. Nous ferons un peu de sociologie, un peu d’histoire, un peu d’anthropologie, un peu de psychologie et beaucoup de politique. Je lance toutefois cette série avec la préoccupation de RigoDon parce qu’elle a le bonheur de situer la réflexion au cœur d’une société néo-libérale où le fétichisme de l’argent semble avoir atteint à son paroxysme; l’argent donnant accès à tout, jusqu’aux bienfaits de Dieu.


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Non, votre argent ne travaille pas pour vous

Ce sont les gens qui le font. Les gens qui triment et s’épuisent à produire de la valeur. Les gens qui achètent les produits et les services fournis par les premiers. Ce sont eux qui font marcher l’économie. Ce sont eux qui créent de l’emploi.

Votre argent, pas plus que la terre du temps des physiocrates, ne travaille pas pour vous. Des gens le font. Et, puisque nous avons fétichisé l’argent et commodifié l’humain, ils le font pour un salaire largement au-dessous de la valeur produite, par peur de perdre des emplois qu’ils créent et maintiennent pourtant. Continuer de lire « Non, votre argent ne travaille pas pour vous »

La richesse est une vertu

Au retour de son premier voyage à l’extérieur après la proclamation de sa victoire aux présidentielles, le Président élu, Jovenel Moïse, a rencontré une presse visiblement peu intéressée à sa visite chez nos voisins – qu’il nous faut, je le répète, arrêter de détester par habitude – et déterminée à obtenir une déclaration sur le fameux rapport de l’Unité Centrale de Renseignements Financiers (UCREF) accusant le futur chef de l’État de blanchiment d’argent, entre autres. Dans sa réponse à ces questions, le Président élu a de nouveau rejeté les accusations d’un revers de main, qualifiant le rapport de manœuvres politiques méchantes d « institutions faibles » qui, sous sa présidence, seront « obligé[es] de devenir forte[s] » et « [a]rrête[r] de dire ce qui n’est pas vrai sur un citoyen car chacun à un droit au travail et le droit de devenir riche ».  La loi de chaque bouche s’arrêtant à la diffamation, M. Moïse a annoncé avoir « pris un avocat afin de réparer [s]a réputation » ternie dans cette affaire d’autant que, nous explique-t-il, « la richesse est une vertu ».

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et libera nos ab oeconomistae

Pour A. que les débats sur la seule vraie science (TM) indispose. 

À la mi-décembre, un ingénieur partagea cet article de RFI au titre provocateur: L’économie n’est pas «une science, mais une idéologie», provoquant une sainte ire chez deux économistes. Foutaises! s’écria l’un. Balivernes! confirma l’autre. Il est fort probable qu’aucun des trois n’ait lu l’article. La chose est d’ailleurs presque certaine. L’aurait-il lu, notre ingénieur qui, par définition, est plus technicien que scientifique, aurait compris qu’il n’y avait là rien pour conforter sa fausse fierté d’appartenir à la seule vraie science (TM), la physique. Nos deux économistes, s’ils avaient pris le temps de lire la réflexion de l’économiste bien connu Yash Tandon, auraient compris que celui-ci faisait référence à la mainstream de la discipline; celle que l’on enseigne dans les grandes universités anglo-saxonnes; celle dont son ancienne école, la London School of Economics, est un Haut-Lieu; celle qui est à l’oeuvre dans les institutions financières internationales; celle que récompensa, exclusivement, avant la crise de 2008, le faux Prix (de la banque de Suède en mémoire d’Alfred) Nobel de l’économie. Continuer de lire « et libera nos ab oeconomistae »