Dimanche sans cosmétiques

Note: Je viens de recevoir par e-mail cette superbe réponse à l’éditorial de Frantz Duval qui en souligne tant l’impertinence que l’irresponsabilité. Je la publie ici avec l’autorisation de l’auteure.


Cher M. Duval,

Je sais où j’étais dimanche dernier. Là où je l’avais décidé! J’admets cependant que malheureusement mon pays puisse ne pas savoir où il en était/est. Car les rêves pour lesquels de nombreux sacrifices ont été consentis par une bonne partie du collectif sont constamment étouffés dans l’œuf par des individus dénués de tout sens de l’Histoire.

Je n’ai pas voté dimanche dernier et je n’ai rien suivi ni sur les réseaux sociaux, ni sur les médias. C’est une décision réfléchie, voulue et j’ai fait campagne auprès de mes collègues et amis pour un comportement similaire. Il faut arrêter de jouer à l’autruche et d’accepter d’être constamment les dindons d’une mauvaise farce. Tout était dit:

  • dès le boum des partis politiques et plateformes sans programme et sans vision,
  • dès l’alignement, une fois de plus, sous prétexte de pragmatisme politique, des « partis et des leaders » traditionnels,
  • dès le choix de certains des conseillers électoraux,
  • dès la validation de certains des candidats aux différents postes électifs,
  • dès la désignation du représentant du secteur patronal comme président du CEP.

Mon vote ne servira plus de cosmétiques aux magouilles des prédateurs nationaux et internationaux. Qu’ils mettent à la gestion de la « chose publique » les gens de leur cru- non pas ceux choisis par l’électorat-, sans se cacher derrière un « exercice démocratique » fait de bonne foi par des gens qui acceptent l’idée que l’expression du vote est une garantie de l’avènement d’un ordre social plus juste.

Mon souhait et ma lutte ont été d’aboutir à une participation de moins de cinq pour cent. Un score qui obligerait à poser la question du collectif ; une gifle à des leaders auto-proclamés. Avec moins de cinq pour cent de l’électorat, c’est l’obligation pour les prétendus leaders de ne plus parler au nom du « peuple » qui les aurait choisis, un déni de légitimité d’un système et d’élus non représentatifs, le déni de l’existence d’une opposition jusqu’au boutiste ou affairiste, en fonction des moments.

Notre compréhension des moyens à mettre en oeuvre pour faire bouger les lignes de failles de notre société et nos stratégies diffèrent. Pour ma part, la voie des urnes n’est plus le chemin qu’il convient de prendre. Donc par rapport à nos parodies d’élection, je saurai toujours où j’en suis.

Darline Alexis

1 Comment

  1. Je partage tout à fait votre position car comme l’autre l’a dit: un peuple qui élit un corrompu, un bandit légal à la tête d’un pays n’est pas victime mais complice. Moi je ne veux pas être complice.

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