Au début de l’année 2024, le 5 janvier, le sprinteur sud-africain Oscar Pistorius sortira de prison. Il y a près d’une décennie, le 14 février 2013, il avait tué sa compagne Reeva Steenkamp dans sa maison de Pretoria. Il l’aurait tuée par erreur, à travers la porte de la salle de bain, pensant qu’elle était un intrus. La justice sud-africaine n’a pas été convaincue par cette histoire et l’a condamné pour meurtre.

Samedi dernier, Melinda Nedgee Jolivert, la compagne du conseiller à la Cour des Comptes et ancien parlementaire Fritz Robert Saint Paul, se serait suicidée en se tirant deux balles dans le front dans sa douche. L’arme serait la propriété de M. Saint Paul – ou de la Cour, selon certaines sources – qui est attendu aujourd’hui à la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ).

Selon une étude publiée en 2018 par l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), le foyer est l’endroit le plus dangereux pour les femmes. Toutes les heures, 6 femmes sont tuées dans le monde par des personnes qu’elles connaissent; 58% des femmes tuées le sont par leurs partenaires intimes ou un membre de leur famille et, si la violence continue d’être mâle, les féminicides perdurent « en raison de l’inégalité entre les sexes, de la discrimination et des stéréotypes négatifs ». Et ces féminicides ont lieu à la maison, là où les femmes, privées d’espace public par le patriarcat, sont censées être protégées.

Petites, nous avons appris à nous méfier de l’étranger, symbole de l’inconnu et du danger. Nous avons intégré, la société aidant, que s’il nous arrive malheur, dehors, c’est que nous l’aurons cherché. Alors même que, pour la plupart d’entre nous, les premières violences que nous subissons viennent du dedans. Un dedans qui nous confine à domicile en exagérant le danger extérieur tout en banalisant celui de notre quotidien.

Hier, jour de Noël, à Meaux, en France, un homme a tué sa compagne haïtienne, et ses 4 enfants. Ce quintuple meurtre survient après deux incidents précurseurs. En 2019, le mari avait fait l’objet d’une « procédure relative à des violences avec un couteau », mais sa femme avait refusé de porter plainte, mentionnant seulement une gifle. En 2017, l’homme avait tenté de se suicider et depuis était « suivi pour des troubles dépressifs et psychotiques ». C’est un profil qui aurait dû alerter et qui aurait alerté s’il avait concerné un étranger. Mais il s’agissait de son mari, c’était son foyer, t nous avons toutes appris qu’il faut tout faire pour sauver son foyer et laver nos linges sales en famille.

Voilà pourquoi dans le temps que cela vous prendra pour lire ce billet, une autre femme sera tuée par son conjoint. Peut-être même davantage, car la période des fêtes renforce l’enfermement des femmes, étant une époque où elles sont encore plus confinées que d’habitude en famille. Ces décès passeront inaperçus. C’est le cours normal des choses. Surtout que la menace extérieure (à 42%) effraie suffisamment pour faciliter la perpétuation du danger à l’intérieur.

Une réponse à « L’endroit le plus dangereux pour une femme »

  1. […] Elles n’en ont pas le loisir. La violence est mâle. La misogynie s’est faite Dieu. Le foyer est dangereux. If anything, les femmes vivent dans la peur des hommes. Certaines en deviennent androphobes et, […]

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