Jan l pase l pase. Demain, la grève

Demain, dans un pays où plus de la moitié de la population est au chômage, on grève. Nous sommes priés entre temps de ne pas sortir de chez nous, un kokobe averti ne mourant pas à la guerre. La révolution pour libérer Haïti est en marche. Fini de jouer.

Le tract familier se termine sur la désormais traditionnelle injonction à noter son nom sous ses pieds (pour qu’on puisse nous identifier à la morgue), au cas où l’on déciderait de passer outre la mise en garde.

Ce n’est pas la sortie magistrale de l’adjointe au maire du Cap Haïtien au micro de la journaliste Amélie Baron paraphrasant Jésus et invitant les cadavres à s’occuper d’eux-mêmes :

mais il est là une prévenance qui arrête. Il n’est effectivement rien de pire que de se retrouver à la morgue avec peu d’espoir d’être identifié. Hormis le fait d’être mort, s’entend.

Après, ces genres de messages arrivent régulièrement et commencent à perdre de leur efficacité. Il faudra sans doute songer à être un peu plus créatif.

Cela fait plus d’une douzaine d’années que nous les entendons. Il est temps de trouver autre chose.

Autre chose comme une lutte constante contre la corruption, l’impunité, la précarité et l’insécurité,  ces puissants instruments des organisateurs de cette violence structurelle qui entretient et cherche à normaliser les inégalités les plus criantes en Haïti.

Malheureusement, cette autre chose ne viendra pas des utilisateurs professionnels du « peuple en colère ». Nous ne pouvons pas l’attendre de ces « charognards qui ont besoin que la démocratie haïtienne soit en décomposition pour survivre« . Cette autre chose ne peut venir que de nous. Comme l’a si bien dit un certain Barack Obama, « nous sommes celui que nous attend(i)ons ». Il est plus que temps de choisir notre bord.

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