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En attendant la Cour…

La question revient souvent. La Cour des Comptes doit remettre son rapport en janvier pourquoi ne l’attendez-vous pas gentiment? Hormis le fait que depuis 2015, nous attendons que la CSC/CA daigne remettre son rapport annuel tel qu’il lui en est fait obligation par les articles 200 et 204 de la Constitution, nous n’attendons pas sagement parce que nous ne nous sommes pas mobilisé.e.s pour un rapport. Nous en avons déjà eu deux. Alors, un de plus, vous savez…

Nous nous sommes mobilisé.e.s pour qu’il y ait un procès. Un procès où les responsables de ce crime financier contre un peuple appauvri et humilié dans sa chair paieront pour leur méfait. Un procès où l’argent détourné par des voleurs ayant pignon sur rue sera rapatrié dans les caisses de l’Etat pour nous servir cette fois. Un procès pour les âges qui signalera la fin de l’impunité profonde qui caractérise notre (non-) gouvernance actuelle.

La promesse d’un rapport de la Cour en janvier 2019 est une réponse à notre mobilisation. Comme un certain Jeudi Petro vite disparu et une Commission Corruption mort-née. Comme d’ailleurs le chef de cabinet de président se voyant démissionné et ses 17 conseillers renvoyés. Ce sont des réponses qui, pour médiatisées qu’elles soient, ne répondent pas à notre demande qui pourtant est simple : #KotKòbPetroCaribeA. La mobilisation s’arrêtera donc quand le procès aura eu lieu, les criminels auront été condamnés et l’argent recouvré.

L’audit de la Cour est important. Il est nécessaire pour que nous puissions juger celleux qui ont détourné l’argent public, qui ont porté préjudice au Trésor public. Il est nécessaire pour que puissent être prises des décisions quant à la décharge des anciens ministres et la mise en débet des autres comptables de deniers publics.

L’audit de la Cour participe donc du renforcement des institutions et de la confiance nécessaire à l’établissement de #AyitiNouVleA. Nous avons donc tou.te.s hâte à sa publication. Nous rêvons tou.te.s d’en prendre connaissance pour réagir en connaissance de cause. Nous n’en restons pas moins conscient.e.s du fait que la Cour s’attachera à faire un contrôle de régularité, soit une vérification de la conformité des contrats, du respect des procédures. Nous restons conscient.e.s du fait que les lois d’urgence de septembre 2008 et d’octobre 2012, en facilitant les contrats de gré et en mettant de côté la majorité des procédures, nous invitent à la prudence.

Nous attendons donc. Nous attendons, en sachant qu’un rapport de la Cour attestant que les procédures ont été respectées ne signifie pas qu’il y a une absence de corruption. Nous attendons en suivant ce que les autres institutions comme l’unité de lutte contre la corruption (ULCC), l’unité centrale des renseignements financiers (UCREF) ou même l’inspection générale des finances (IGF) auront à dire. Nous attendons, les yeux grands ouverts.

Voilà pourquoi l’#OditKolektif doit continuer. Dès le 10 décembre, un jour après la journée internationale de la lutte contre la corruption, nous la relançons en force. Parallèlement, l’association Ayiti Nou Vle A a lancé un appel à témoins. Si vous pouvez aider, n’hésitez pas. La nation a besoin de vous.

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Ayiti Nou Vle A

Patricia Camilien Tout afficher

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