Ces « journalistes » qui nous tuent

Tous les matins, crieurs dans le désert ou pas, je pars en randonnée dans un sentier aux pentes particulièrement ardues. J’essaie de respecter une promesse faite à mon enveloppe charnelle qui, depuis quelque temps, me réclame des muscles, à cor(ps) et à cris(sements). Quand on prend de l’âge, le corps ne pardonne pas et  je sais  de quel côté mon pain est beurré,  aussi, l’angélus de 5h du matin me trouve-t-il en train de franchir la barrière pour 30 à 40 minutes de randonnée à travers bois.

La marche alterne entre footing, jogging et hiking, selon que la topologie capricieuse nous force, mes compagnons de sport et moi, à choisir l’un plutôt que l’autre. Elle est aussi exigeante qu’euphorisante. Nous avons tous commencé avec nos objectifs respectifs mais, au final, elle est devenue sa propre motivation. Ces quelques minutes dédiées à nos corps tous les matins sont autant de fleurs que nous déposons devant leur autel, par gratitude certes mais surtout, avouons-le tout net, par intérêt bien compris.  Continuer de lire « Ces « journalistes » qui nous tuent »

Quand Gary Desrosiers blâme la victime 

Pour V. que ce genre de discours révolte. 

Ainsi donc, en réaction à un viol collectif qui a choqué toute la nation, le porte-parole de la Police Nationale d’Haïti s’est résolument installé dans la longue tradition qui consiste à  blâmer la victime. Un lecteur, furieux, vient de m’envoyer l’article de Loop News rapportant les propos irresponsables et dangereux du porte-parole de la PNH. Dans son « conseil salutaire »,  Monsieur Desrosiers invite les jeunes filles à « Evite ale nan chanm gason ». Et à deux reprises. Sispann antre nan chanm gason. Au cas où ce ne serait pas suffisamment clair que, si elles n’allaient pas retrouver ces messieurs, elles ne se retrouveraient pas victimes de viol à cinq.  Continuer de lire « Quand Gary Desrosiers blâme la victime « 

Des Chrétiens kidnappent et violent une fille de 12 ans

La voiture | la loi de ma bouche | mercredi 25/01/2017 – 07:48 Accusés de kidnapping et de viols aggravés sur une mineure de douze ans, deux Chrétiens ont demandé au tribunal de leur permettre d’assurer eux-mêmes leur défense. Ils comptent y arriver en utilisant « le seul code de lois qui vaille la peine« : la Bible. Originaires de Toledo dans l’Ohio, Timothy Ciboro et son fils … Continuer de lire Des Chrétiens kidnappent et violent une fille de 12 ans

Les pauvres devraient mourir

C’est une triste chose pour ceux qui se promènent dans cette grande ville ou voyagent dans la campagne, que de voir les rues, les routes et les portes des cabanes encombrées de mendiantes que suivent trois, quatre ou six enfants tous en haillons et importunant chaque passant pour avoir l’aumône. Ces mères, au lieu d’être en état de travailler pour gagner honnêtement leur vie, sont forcées de passer tout leur temps à mendier de quoi nourrir leurs malheureux enfants, qui, lorsqu’ils grandissent, deviennent voleurs, faute d’ouvrage …

Nous sommes en 1729, l’Irlande sous domination anglaise  est un pays où la famine des uns le dispute à l’indifférence des autres et où la misère règne en maître. Préoccupé par la situation, Jonathan Swift, patriote, offre sa Modeste Proposition pour empêcher les enfants des pauvres en Irlande d’être à charge à leurs parents et à leur pays et les rendre utiles au publicvendre la chair des enfants des pauvres aux (riches) propriétaires terriens « qui, puisqu’ils ont déjà dévoré la plupart des pères, paraissent avoir le plus de droits sur les enfants. » Continuer de lire « Les pauvres devraient mourir »

Parlons de viol

Aujourd’hui, nous allons parler de la Chute. Pas celle de l’homme – qui serait du fait de la femme – mais de celle de la Femme qui vint avant et fit des femmes la propriété des hommes. Commençons par le commencement. La Genèse donc. De la Bible s’entend. Dans le premier récit de la création, en Genèse 1, 26-28, nous apprenons que l’être humain est « homme et femme » ainsi qu’IL (Dieu) « les créa ». Chefs d’œuvre de la création, ils arrivent après la terre, les cieux, les plantes, les animaux … tout ce qu’IL avait fait et avait trouvé bons. Puis, quelque chose s’est passé. Un chapitre plus loin, au second récit de la création, en Genèse 2, 7/ 21-23, la femme devint tributaire de l’homme. Tirée de lui. Lui qui a été créé le premier. Lui qui domine les animaux et toutes les autres créatures qui vinrent après lui. Il y eut un soir… et nous nous battons, aujourd’hui encore, pour qu’arrive enfin le matin.

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C’est quand la dernière fois que vous avez battu votre femme ?

fbmessage1Ce matin, j’ai vu passer dans mon fil d’actualités sur Facebook le message ci-contre d’un bon samaritain qui pourrait se résumer à une injonction de ne pas m’immiscer dans la vie privée des gens, même en cas de violation de la loi, parce qu’il n’est de plus grand mal contre une victime que la dénonciation de tels actes. On comprend que Monsieur soit « très fâché ». S’il dit vrai, c’est grave.

Il n’est pas le seul. Les commentaires quant à ma lettre au Commissaire Clamé Ocnam Daméus sont une véritable mine de justification de la violence sur les femmes que l’on aime et qui, nature oblige, se révèlent être de véritables putes. Aussi, faut-il les corriger. Qui aime bien, châtie bien.

Mon chauffeur aussi s’est mis de la partie.   Madam si l fè sa se paske l renmen l. Je lui ai répondu que certain « ami du président » – c’est, d’après la TNH, son titre officiel – devait particulièrement nous aimer pour battre de la sorte les entrepreneurs, les étudiants, les femmes … L’on pourrait aussi proposer, pour faire bonne mesure, que les enfants dont les parents les battent par amour leur rendent la pareille, en les rouant à leur tour dans le goût de Jésus. Quelle société aimante nous ferions!

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Au Commissaire du Gouvernement de Port-au-Prince

Monsieur le Commissaire Clamé Ocnam Daméus,

Je souhaiterais, si tel n’a pas encore été le cas, attirer votre attention sur un cas de violence domestique qui m’interpelle en tant qu’être humain, en tant que femme et en tant qu’Haïtienne et pour lequel je souhaiterais la mise en mouvement de l’action publique.

Depuis bientôt une semaine une triste affaire défraie la chronique et alimente des débats des plus inciviques sur les réseaux sociaux. Entre accusations de toute pièce, humiliations en règle et spéculations galopantes, l’affaire Roody-Rutshelle, puisqu’il faut bien la nommer, semble laisser peu de gens indifférents. Il y a environ trois heures toutefois, mettant fin aux supputations effrénées des réseaux, le principal intéressé, Monsieur Roody Pétuel Dauphin – nom d’artiste, Roody Roodboy – vient, par lettre, de « présenter [s]es excuses … à Rutshelle Guillaume et à [s]es fans … [parce que] la persistance et la pertinence [!] de [leurs] escalades verbales ont failli [?] se transformer en violence physique ». Il confirme ainsi ce que savaient déjà ceux d’entre nous qui avions vu les photos de Mademoiselle Guillaume, un œil ensanglanté et le visage tuméfié.

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