L’enseignant a une plume, le soldat, une arme 

L’on veut à tout prix nous donner une armée. C’est plus qu’important, vital, nous explique-t-on. Notre armée, nous apprend-on, va nous protéger contre tous les dangers : étrangers (dominicains) et locaux (cyclones et tremblement de terre et autres inondations).   Le retour de l’armée va enfin nous permettre de retrouver notre souveraineté et notre fierté de peuple et garantir la stabilité. Après tout, l’histoire de … Continuer de lire L’enseignant a une plume, le soldat, une arme 

Envoyez NON au 4444

Une affaire de SMS tient la ville en haleine. Elle prend des allures de croisade depuis que, hier matin, un commissaire à la convocation légère a invité, Maarten Boute, le président de la Unigestion Holding S.A. (Digicel) à se présenter au Parquet, le lundi 28 novembre 2016, pour s’expliquer sur des résultats électoraux que la compagnie de téléphonie mobile aurait publiés.

Si le commissaire est aussi sensible aux arguments logiques que les interlocuteurs de M. Boute hier sur Twitter, le pauvre aura besoin de plus que d’aller « jouer avec [s]es enfants » pour ne pas devenir fou. Encore que les récents succès du commissaire Danton Léger, dans son entreprise systématique de destruction d’excellents dossiers par sa remarquable impéritie, ne soient pas sans présenter l’assurance d’une fin rapide et célère à cette « affaire ». Continuer de lire « Envoyez NON au 4444 »

Un Prince de facto

Par un jour très spécial de février, une assemblée, de noir et blanc vêtue, nous a choisi un Prince vert. La cérémonie eut lieu, sept jours après le départ d’un roi-bouffon rose et de sa cour, selon les vœux d’un accord préalablement conclu entre personnes royales. L’assemblée consacra le Prince qui se vit confier les clés du royaume pour y organiser les élections. On lui accorda 120 jours pour accomplir le miracle. Comme il fallait s’y attendre, il n’y arriva pas.

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Faut-il rétablir le service militaire ?

Vous avez dû le voir, tout comme moi, nos militaires démobilisés sont d’une rare jeunesse. Si l’on considère que, selon les règlements des (actuelles anciennes) forces armées d’Haïti (FAD’H), il faut avoir dix-huit ans accomplis pour devenir soldat, ces militaires font vraiment très jeunes pour leur âge. Vingt-et-un ans après qu’un prêtre mal inspiré ait refusé l’absolution à et condamné à la déchéance l’institution, certains de ses membres ont l’air de fringants jeunes hommes de 23 ans.

Un ami, mauvaise langue, m’assure que si certains de ces hommes habillés en vert qui se promenaient dans nos rues aujourd’hui ont l’air d’avoir 23 ans, c’est que, en réalité, ils n’ont que 23 ans. Il en connaîtrait un qui, il n’y a pas si longtemps, traînait encore sur les bancs d’un lycée de la zone métropolitaine. Mon ami, logique et rationnel, a conclu à une vile imposture. Il se trompe probablement et la réalité est possiblement bien plus retentissante.

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Quand les aigris refusent de maigrir

Dans les temps anciens, ceux qui avaient la pêche se moquaient de ceux qui étaient dans la dèche, ceux dont la vie était rose éructaient sur ceux pour qui elle était morose, ceux qui opprimaient prétendaient défendre ceux-là même qu’ils brimaient.

Dans les temps anciens, ceux qui osaient signaler les dérives arbitraires, se rebiffer contre le banditisme légal des trafiquants de toute sorte et s’insurger contre le gaspillage normalisé et l’appropriation des biens publics par la famille et les amis du régime, n’aimaient pas leur pays.

Dans les temps anciens, un mariage somptueux défraya la chronique, de belles fêtes se célébrèrent avec rythmique, des touristes nombreux visitèrent un pays magnifique alors que son peuple en haillons était invité, triste spectateur, à battre la musique.

Puis, il y eut comme un arrêt soudain. Le vent avait tourné. La rue avait parlé.

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Il était une fois le 16 décembre 1990

Aujourd’hui, le septième épisode de la saga Star Wars, Le Réveil de la Force, sort dans les cinémas en France. Dans ce dernier épisode de la lutte achronique entre les chevaliers Jedi et les Sith, un Jedi (Kylo Ren, neveu du héros Luke Skywalker) est passé du côté obscur de la Force, comme avant lui, un autre Jedi (Darth Vader, le père même du héros). C’est le thème de la série entière: l’équilibre entre le bien et le mal et, en particulier, l’attraction que ce dernier exerce sur ceux qui étaient ou que l’on croyait préalablement bons.

Il y a 25 ans, jour pour jour, le peuple haïtien élisait dans la joie et la bonne humeur, un prêtre adepte de la théologie de la libération qui promettait justice, transparence et participation à un peuple qu’on avait toujours privé des trois. 25 ans plus tard, ce peuple attend toujours que se matérialise ce rêve fou qu’il croyait lavalassement possible.

Un très bon ami qui, dans son adolescence, a cru aux discours et aux promesses d’un lendemain meilleur du prêtre de Saint Jean Bosco, parle en ces termes de son « erreur de jeunesse »:  » Je voulais changer le monde. Et je refusais que le monde me change.  » Tout comme le peuple haïtien qui, ce 16 décembre 1990, s’était mis debout pour élire son premier et,  probablement seul, président démocratiquement élu. Il pensait pouvoir changer le monde (et sa manie de diriger la destinée de la première République noire). Mais c’est le monde qui l’a changé (en un peuple pathétique, à genoux, humilié).

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L’insécurité est un tyran qui n’épargne personne

La toute puissante insécurité du mois de décembre ne semble épargner personne. Dans une lettre au ministre de la planification en date du 3 décembre 2015, le Secrétaire Général de la Présidence, s’inquiète « des conditions précaires, souvent déplorables pour les agents de la sécurité qui l’accompagnent » dans lesquelles se réalisent les déplacements fréquents du Président « tout au cours de cette dernière période ». Il faut ajouter à cela les questions sécuritaires relatives à l’installation prochaine d’un nouveau président et l’on comprend aisément que  « ceci appelle à des débours immédiats et urgents, argent comptant ».

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Nous sommes laids mais sommes-nous là ?

Aujourd’hui, le plus ancien quotidien d’Haïti nous apprend que notre Président-chanteur, populiste d’obédience duvaliérienne, vient de remobiliser officiellement l’armée. Dans un de ces décrets en catimini dont il a désormais le secret, le Président Joseph Michel Martelly, s’évertue à laisser, comme s’en targuait son grand et défunt ami Jean-Claude, des cigarettes allumées aux deux bouts à son successeur. Parachutes dorées, communes contestées, militaires dé-démobilisés… rien n’est trop laid pour celui qui succédera à Monsieur Martelly, le 7 février prochain. Son Excellence ne regarde pas à la décence. Quelque soit celui sur lequel se portera le choix de nos meilleurs, il sera bien gâté.

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