Ce matin, je me débats avec une question existentielle: pourquoi des partis politiques qui ont refusé de signer l’accord du 21 décembre 2022 sont-ils si déterminés à le faire respecter ? J’ai vérifié. L’accord a recueilli plus de 600 signatures. Parmi celles-ci – et c’est cohérent – ne figurent pas celles de l’opposition actuelle. Voici ce qu’en rapportait alors Le Nouvelliste:
L’accord du 21 décembre n’a pas été adopté par d’importants partis politiques, y compris le PHTK, parti des deux derniers présidents élus, Michel Joseph Martelly et feu Jovenel Moïse, celui qui avait choisi Ariel Henry.
L’accord du 21 décembre publié dans le journal officiel Le Moniteur, Le Nouvelliste, 12 janvier 2023
Le Nouvelliste a également appris que Fanmi Lavalas, PHTK, OPL, En Avant, Unir Haïti, Pitit Desalin, font partie des structures politiques qui n’ont pas paraphé le document pour le moment. Hormis la Fusion des sociaux démocrates, les 10 partis arrivés en tête lors de la dernière présidentielle de 2016, notamment PHTK, Pitit Dessalines, Fanmi Lavalas, LAPEH, Renmen Ayiti, etc. boudent pour l’heure cet accord qui vise l’organisation des prochaines élections et le rétablissement des institutions démocratiques au 7 février 2024.
Aujourd’hui des responsables de ces partis non-signataires exigent le respect de l’accord et le départ d’Ariel Henry ce 7 février et je suis forcée de demander: pourquoi ?
Pourquoi Ariel Henry doit-il partir le 7 février 2024 ? Pourquoi pas le 3 novembre 2021, comme c’eût été logique, à accepter l’interprétation bancale de la Constitution qui nous a été servie à l’été 2021 ? Pourquoi accepter qu’un homme sans aucun rattachement à l’ordre constitutionnel préside à nos destinées pendant 30 mois plutôt que 31 ou le reste de sa vie ? Pourquoi exiger son départ sur la base d’un accord décrié ?
Même en mettant en avant le fait que le Dr Ariel Henry ne respecte pas ses promesses, hormis le fait que les promesses n’engagent jamais que ceux qui y croient, ces promesses n’ont pas été faites aux partis politiques qui mènent la grande mobilisation où, partout dans le pays, des dizaines de gens accompagnent la révolution.
C’est fatigant de devoir le répéter ad nauseam, mais Ariel Henry ne nous doit rien. Certes, il dispose de l’argent de nos impôts, il contrôle la vie publique – un contrôle qu’il partage avec ses confrères des gangs de la République – mais il ne nous doit rien. Pas plus que le cambrioleur qui pille notre maison n’a de redevance envers nous. Ariel Henry n’est pas notre mandant. Nous ne l’avons pas choisi. Nous ne lui avons confié aucune mission. Son contrat n’est pas avec nous. Ariel Henry est un usurpateur toléré. Et tant qu’il sera toléré, il pourra continuer à diriger comme il le fait, c’est-à-dire en ne dirigeant rien. Et le 7 février 2024 n’y changera rien.
Le 7 février n’est pas une date magique. Ce sera un jour comme un autre. Un mercredi, jour de marché dans la ville de P.





Répondre à Ariel Henry n’est pas plus « illégal » aujourd’hui qu’il ne l’était hier, pouvons-nous maintenant passer aux choses sérieuses? – La loi de ma bouche Annuler la réponse.