Ces enfants qui n’écoutent rien

Y est-il rien de plus tannant – on est au Québec ou on ne l’est pas – que des enfants qui n’écoutent rien ? En pleine période de fêtes, alors que les adultes ont tout fait pour leur payer de nouveaux jouets, ils s’amusent à les jeter, les casser et leur cracher dessus. En plus, ça braille, ça piaille, ça criaille. C’est à vous donner la migraine. Ils ne respectent rien. Même pas les injonctions. Même déguisées sous forme de souhaits. Alors, on s’improvise devin. On se lance dans des prévisions. Et pour quels résultats?

Le problème est que, la plupart des enfants n’écoutent pas leurs parents. Pas toujours. Surtout s’ils ne sont pas leurs « vrais » parents. Alors, ils se conduisent mal. Refusent de suivre les règles. La solution la plus simple est de ne pas en avoir. Éliminer la source du problème, c’est éliminer le problème. Le problème n’existant plus, il n’est plus besoin de trouver une solution. Pour ceux qui préfèrent se compliquer la vie toutefois,  voici trois conseils susceptibles de vous aider à mieux gérer votre enfant.

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Étudier les relations internationales, un devoir citoyen

Il y a deux jours, un étudiant en génie est venu me voir, curieux des Relations Internationales comme discipline et comme objet d’étude et désireux de savoir, avoua-t-il dans une charmante franchise, « ce qu’on y faisait ». Ce n’est pas la première fois que je me retrouve à répondre à cette question et ce ne sera certainement pas la dernière. Elle revient souvent, avec une régularité de métronome, dans une société haïtienne, au capitalisme primaire et précaire, préoccupée par la valeur marchande des formations acquises. Le « ce qu’on y faisait » c’est souvent un « à quoi ça sert » et surtout un « combien ça paye ». Aussi, ai-je commencé par répondre à la question de mon futur ingénieur de façon plutôt mécanique.

Je lui ai dit les changements politiques, économiques sociaux et culturels du système international; l’exploration des interactions et de l’influence de facteurs domestiques, régionaux et globaux sur les relations entre acteurs inter et transnationaux ; l’analyse des choix et des défis de relations entre les acteurs. Je lui ai dit les carrières dans le gouvernement, les organisations internationales, les organisations non-gouvernementales et le secteur privé, les possibilités d’admission dans des programmes de master en droit, affaires, économie et science politique … Mais il y avait quelque chose dans son regard qui m’a forcé à m’arrêter et réévaluer ma réponse. Il y avait, au fond de ses yeux, une lueur salutaire, un réel intérêt pour la question, comme un signal qu’il méritait mieux que des platitudes convenues. C’est alors que je lui ai parlé. Vraiment. Comme on parle à un frère. Que l’on vient de reconnaitre. Un membre de la famille que l’on ne savait perdu mais que l’on vient de retrouver. Et avec quel bonheur !

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Hello, it’s me.

Après quatre années d’absence, Adèle est de retour! Avec une autre power ballad sur l’amour perdu et jamais retrouvé et les regrets sans fin qui accompagnent cet état de fait. Comme à l’accoutumée, la formule a fait recette, la chanteuse britannique a battu tous les records et est à nouveau entrée dans l’Histoire. Pareillement, après 5 ans d’absence, les élections haïtiennes sont de retour! Avec le défilé de nos meilleurs qui se rappellent à notre bon souvenir et nous demande de bien vouloir les rencontrer à nouveau et jouer le jeu.

L’Organisation des États Américains a été on ne peut plus clair: les élections du 25 octobre représentent une grande opportunité pour la démocratie haïtienne qui ne devrait pas être ratée. Que l’organisation dont le Mulet s’est chargé personnellement de signifier, dans un mépris affiché pour le processus électoral haïtien, son choix de président au CEP de 2010, que cette organisation voie dans la messe du 25 octobre prochain une opportunité à ne pas rater pour la démocratie haïtienne nous dit tout ce qu’il faut savoir sur ces « élections ». Le reste de la communauté internationale n’est pas en reste. Continuer de lire « Hello, it’s me. »

Qui sème la démocratie récolte des migrants ?

L’année 2014 a été l’année de tous les records. Trente-huit (38) millions de gens à travers le monde que les conflits et la violence ont forcés hors de chez eux, dont onze (11) millions en 2014 uniquement. En ses dix années d’existence, jamais le rapport annuel de l’observatoire des situations de déplacement interne (IDMC) n’a enregistré autant de déplacés en une année. En 2014, ce sont 30 000 victimes qui, chaque jour, ont dû laisser leurs maisons, leurs quartiers, leurs villes, leurs régions … où vivre était désormais devenu dangereux ; confirmant une forte tendance à la hausse observée depuis trois ans.

En mai 2015, en prélude à la publication du rapport, le Secrétaire général du Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC), Jean Egeland, regrettait que « [l]es diplomates du monde entier, les cessez-le-feu, les pourparlers de paix et les résolutions des Nations-Unies [aient] perdu la bataille contre des hommes armés impitoyables, mus par des intérêts politiques ou religieux plutôt que des impératifs humains. » J’ajouterais, pas si humblement, le peu de succès de la communauté internationale dans sa responsabilité de protéger les peuples des pays ayant enregistré le plus (60%) de nouveaux déplacements : l’Irak, le Soudan du Sud, la République Démocratique du Congo, le Nigéria et la Syrie. Dans cette dernière, c’est 40% de la population (7.1 millions) qui a été déplacé ; le plus grand nombre enregistré à l’échelle mondiale. En 2015, ils amerrissaient (ou pas) aux portes de l’Europe.

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Les élections du 25 octobre 2015 n’auront pas lieu

Le Président de la République, Son Excellence Michel Joseph Martelly, vient, par une vidéo sur sa page Facebook officielle, de lancer un vibrant appel à la nation : celui de participer aux « élections présidentielles, législatives et municipales » qui seront organisées le 25 octobre 2015. Le peuple haïtien est de nouveau appelé en des comices qui sont tout sauf siennes puisque ce n’est pas sa volonté qui s’y exprime. Il doit toutefois s’y rendre par « devoir civique » envers un État qui ne respecte aucune des obligations de son contrat social avec son peuple mais qui attend qu’il observe et respecte des obligations toujours plus lourdes.

Dans les relations internationales, la responsabilité de protéger (R2P) réaffirme les devoirs de l’État envers sa population. Cette responsabilité particulière, c’est le concept selon lequel les États souverains ont l’obligation de protéger leurs propres citoyens contre des catastrophes évitables, mais en vertu duquel, s’ils refusent ou ne sont pas en mesure de le faire, cette responsabilité incombe à la communauté internationale. Celui-ci a pris une telle importance ces dernières années, notamment depuis la résolution A/RES/60/1 (par. 138 à 140) de l’Assemblée Générale de l’Onu, que certains auteurs, dont Bertrand Badie, y voient une équivalence croissante entre responsabilité (aussi réponse-habilité) et souveraineté, comme pour lier la légitimité du statut de souverain à celui de son respect des engagements contractés à l’égard de son peuple. Continuer de lire « Les élections du 25 octobre 2015 n’auront pas lieu »