Les États-Unis d’Amérique sanctionnent à tour de bras des membres du Conseil présidentiel — ainsi qu’un ministre aspirant au poste de Premier ministre — pour leur tentative de renvoi du Premier ministre Alix Fils-Aimé. Le Département d’État justifie ces mesures par la connivence de ces messieurs avec les gangs — une accusation pour le moins étonnante, ces politiques étant arrivés au pouvoir avec la bénédiction américaine via la CARICOM, à la suite d’un coup d’État mené grâce à des alliances assumées avec les gangs contre un Ariel Henry tombé en disgrâce auprès de l’Ambassade.

Washington a dû se dire que, les gangs étant des détenteurs majeurs de la violence dans un État qui n’en a plus le monopole, autant laisser leurs comparses se partager la carcasse du pays au sein d’un conseil à neuf, et de quelques milliers de postes, projets et prébendes grassement rémunérés par l’argent public. Je ne prétends pas comprendre les réflexions sans doute complexes de la première puissance mondiale, mais on ne peut s’empêcher de penser qu’il y a un peu de foutage de gueule dans cette (re)découverte des relations peu recommandables des membres du CPT. Après tout, la sagesse populaire ne dit-elle pas que celui qui se rend à un déjeuner de lucioles finit immanquablement par manger de la merde ?

Mais il est vrai que nous sommes à l’ère des sanctions brandies en représailles. Et la subtilité étant un art en déchéance, peut-être devons-nous nous habituer à de telles contorsions morales.

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