Le président américain, jeffersonien qui s’ignore, désireux de se débarrasser du trop-plein de non-Blancs en Amérique, a décidé de commencer par les moins Blancs de tous: les Haïtiens. D’abord en mettant fin au Humanitarian Parole de son prédécesseur, puis en éviscérant le Temporary Protected Status vers lequel s’étaient réfugiés certains bénéficiaires du Humanitarian Parole. Désormais, ce sont un demi-million d’Haïtiens qui risquent de se retrouver du jour au lendemain en situation illégale aux États-Unis d’Amérique et, possiblement, renvoyés chez eux. Mais qu’ils se rassurent, la ministre des Haïtiens vivant à l’étranger, dont les rares compétences sont bien connues des lecteurs de ce blogue, veille au grain.
Hier, lors d’une conférence de presse, l’ancienne réceptionniste du groupe Deka a enfilé son costume marron pour rassurer nos compatriotes de la diaspora : le gouvernement haïtien a pris toutes les dispositions pour les accueillir. Certes, les railleurs se sont empressés d’évoquer les déplacés internes ou encore ceux qui nous arrivent régulièrement expulsés de la République Dominicaine, mais c’est mal comprendre la vision stratégique de Mme Verdier. Ces Haïtien.ne.s, fraîchement expulsés des États-Unis, viendront, certainement, enrichir le pays de leurs compétences, de leurs économies (s’ils en ont encore), et surtout de leur « expérience démocratique » acquise au contact de l’Amérique de Donald Trump.
Lakay se lakay, rappelle-t-elle à une diaspora qui, par distraction, s’était mise à s’inquiéter plutôt que de « garder la tête froide ». Certes, elle reconnaît volontiers que « lorsqu’un gouvernement étranger prend une décision, il n’y a rien que l’État haïtien puisse faire », mais on imagine volontiers que la ministre a sous le coude des logements dignes et décents, ainsi qu’un accompagnement psychologique au-delà des discours officiels et des banderoles aux slogans rassurants.
Encore un peu, elle remercierait chaleureusement le président américain pour cette « opportunité historique » de rapatriement massif du potentiel haïtien, destiné à partir à la reconquête des territoires perdus, wild west style.





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