Avec sa récente déclaration, Garry Conille se positionne désormais ouvertement dans l’opposition au Conseil Présidentiel de Transition (CPT). Sa lettre adressée aux Presses Nationales, dans laquelle il contestait la légitimité de sa destitution, a été tout simplement ignorée. La résolution du CPT a été publiée malgré ses objections, confirmant la nomination d’Alix Didier Fils-Aimé comme nouveau Premier ministre. Dans la logique du régime actuel, où les décisions se prennent en marge de toute légalité, Fils-Aimé succède ainsi à Conille – nommé lui aussi en dehors de toute orthodoxie constitutionnelle.

Ce scénario aurait sans doute pu être évité si Conille avait répondu favorablement à l’élégante convocation de la ministre des Affaires Étrangères, Dominique Dupuy, par un CPT alors dirigé par le seul conseiller-président disposé à lui être favorable, Edgard Leblanc Fils. Mais Conille a préféré l’humilier, partant à deux reprises pour l’ONU sans consulter convenablement le CPT. Il tentera même de faire porter à Leblanc la responsabilité du défaut de communication dans l’affaire des mercenaires de Studebaker. Pourtant, Edgard Leblanc est bien le seul des neuf conseillers-présidents à ne pas avoir signé la résolution pour le renvoi de Conille.

Pour la deuxième fois en deux mandats, Conille, imposé par les États-Unis, se voit révoqué par ceux-là mêmes qui, à contrecœur, avaient dû le nommer. Au moins ce cumul de mandats lui aura valu une année complète de Premier ministre, répartie entre deux périodes : du 5 septembre 2011 au 16 mai 2012, puis du 3 juin au 10 novembre 2024. Ce n’est pas mal comme ligne sur le CV. Peut-être. Du reste, avant même sa nomination, nous avions anticipé ici un mandat éphémère pour Conille. Le seul hic est que, avec cette déclaration, Conille se place dans l’opposition, risquant de nous donner tort – ce qui, vous en conviendrez, n’est pas le style de la maison. Mais nous pouvons avoir foi en ce que, en 2012, malgré qu’il ait annoncé qu’il ne pouvait faillir à sa mission et continuerait à gérer les affaires courantes, Conille est parti dans les heures suivant sa révocation, nonobstant les efforts désespérés de Laura Graham, son ancienne collègue à la Fondation Clinton.

Certains lecteurs, indignés par la présence de trois conseillers-présidents sous le coup d’accusations de corruption, ont réagi au cas pratique d’hier – concluant à la fragilité juridique de l’argument selon lequel le CPT n’aurait pas le pouvoir de destituer Conille – pour souligner que, bien que l’argumentaire présenté soit solide, ils trouvent la situation malsaine. Je n’en disconviens pas. Mais rappelons-le : accusations fondées sur un rapport de l’ULCC pour accusations fondées sur un rapport de l’ULCC, Conille lui-même a fait l’objet d’un mandat d’amener émis par le juge Al Duniel Dimanche. À l’époque, l’avocat de Conille, Me Carlos Hercule, avait évoqué des problèmes de procédures pour éviter que son client ne se présente devant la justice.

Aujourd’hui, Me Hercule est le ministre de la justice de Conille – ce qu’il ne sera plus longtemps puisque demain, le PM Conille ne sera plus – sa page WIkipedia a déja été mis à jour avec la date d’aujourd’hui comme celle de la fin de son mandat et l’AP a déjà sorti la dépêche. Demain, 11 novembre, Alix Fils-Aimé – rêveur de guerre civile – sera installé Premier ministre.


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Une réponse à « L’Opposant Conille »

  1. […] imposé en dehors des règles et révoqué sans cérémonie, n’aura été qu’un outil temporaire au service d’intérêts nébuleux, ne nous laissant que […]

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