J’ai vu passer la lettre du « secteur privé des affaires » au président kényan. Je n’ai pas réagi parce que ces associations, sans personnalité juridique, ne représentent finalement pas grand monde et n’ont donc d’importance qu’en prétendant en avoir. En ce sens, elles ne sont pas différentes des partis et autres regroupements politiques qui parlent au nom d’un pays qui ne les connaît guère, souvent même pas de nom.
C’est le propre de nos laideurs leaders de n’avoir aucune base, aucun bloc de solidarité, tout en prétendant diriger. Le dernier PSAR (2014) de la Banque interaméricaine de développement est clair. Le secteur privé haïtien regroupe un peu moins d’un million d’entreprises, dont 60 000 sont considérées comme petites (10-50 employés) et moyennes entreprises (50-250 employés). Les micro-entreprises représentent 93 % du secteur privé haïtien, il serait donc mieux servi par une association de celles-ci. Après tout, nous parlons d’un secteur dominé par l’agriculture, une activité économique financée presque totalement par les paysans eux-mêmes et qui emploie 51 % des travailleurs.
Pourtant les voix autorisées du secteur privé sont dans l’industrie du tourisme (0.39 % du PIB et 0 % du tourisme international dans la Caraïbe) et celui de l’import-export, surtout l’import – le textile représentant 90 % de nos exportations et 6 % de notre PIB. Sur quelle base donc des associations représentant moins de 10 % de notre PIB s’engageraient-elles pour nous ? Pourquoi le président Ruto, qui, nous le savons, attend surtout qu’on lui donne enfin son argent, se préoccuperait-il d’un secteur privé désargenté qui jusqu’à très récemment payait les gangs pour protéger ses biens et a ainsi directement contribué à faciliter leurs conquêtes de territoires.
Plutôt que d’écrire des notes, ces associations feraient peut-être mieux de contribuer à la cagnotte qu’il nous faudra nous résoudre à lancer pour financer cette mission d’appui. Qui sait? Cela pourrait marcher. Ce qui est certain c’est que ce sera une démarche plus utile que cette lettre.





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