L’animateur vedette de Radio Éclair, Luckner « Louko » Désir, est régulièrement interpellé par le Parquet de Port-au-Prince pour ses déclarations à l’emporte-pièce, et cela n’est pas sans raison. Le bonhomme multiplie les casquettes à la façon de bonnets d’âne : négateur du COVID, économiste du travail ès gang, initié des complots, connaisseur en sorcellerie, diffuseur de potins, et bien sûr, ancien candidat malheureux à la présidence. Il est très écouté, et ses élucubrations peuvent porter préjudice à la nation. On comprend qu’un commissaire de gouvernement juge nécessaire de, temps en temps, le rappeler à l’ordre. Cependant, si l’on prend du recul, Louko est un entertainer. Ses auditeurs ne prennent pas vraiment au sérieux l’homme à la cloche ; ils apprécient ses interventions pour ce qu’elles sont : une performance.,
L’ancien Sénateur Moïse Jean-Charles, par contre, n’est pas dans la performance. Du moins, pas seulement. Lorsqu’il incite à brûler les banques, des banques brûlent. Nous ne pouvons pas prendre ses déclarations à la légère. Nous avons laissé faire certain avocat du peuple qui appelait à réduire le pays en cendres, et le voilà désormais, dans un rôle encore à déterminer, profitant goulûment de cette destruction. Il ne faudrait pas répéter l’erreur avec l’ancien Sénateur Jean-Charles. D’autant plus qu’il est toujours prompt à se dédouaner de ses propres déclarations en jurant ne les avoir jamais faites et que nos yeux et nos oreilles continuent de nous mentir.
Lundi, lors de sa manifestation, Moïse Jean-Charles a invité ses partisans à détruire le pays à charge pour lui de les aider à reconstruire. Hier soir, sur son compte X, il est venu nous expliquer que, encore une fois, nos yeux et nos oreilles nous ont déçus. Il aurait juste dit que le pays était détruit, pas qu’il fallait le détruire. Nous avions compris de travers. Monsieur Moïse a seulement voulu nous rappeler ses qualifications de reconstructeur émérite de pays et d’État.
Dans le monde réel, l’ancien maire de Milot n’a réussi à rien faire pour sa commune après 3 mandats. Pourtant, la commune de Milot a un potentiel touristique énorme, le Parc national historique comprenant le Palais de Sans Souci, la Citadelle La Ferrière et la chapelle royale de Milot, étant enregistré au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1982. Monsieur Moïse avait tout l’héritage du roi Henri sous sa responsabilité et il n’en a rien fait, à part le laisser continuer à tomber en ruines. Pourtant, en 1995, lorsqu’il est devenu maire pour la première fois, il avait annoncé un vaste programme préservé dans les archives de Radio Haïti Inter.
Le nouveau maire de Milot Moïse Jean-Charles, du parti Lavalas, parle de son programme pour la ville et des problèmes actuels de Milot. … Il parle également des droits des paysans et des conflits de propriété terrienne, de la réforme agraire, de la question de la production nationale, de la privatisation, de l’impact du coup d’État et de l’armée sur Milot, des tensions avec la police et de la possibilité pour les élus de représenter loyalement les intérêts du peuple.
Face à l’Opinion: Moïse Jean-Charles, majistra Milo, bilan kèk jou nan lameri, avec Michèle Montas, 14 septembre 1995.
De ce programme, il n’est rien resté, à part un triple mandat pour lancer sa carrière nationale en tant que parlementaire puis en tant qu’opposant professionnel. C’est donc cet homme qui nous propose de nous aider à reconstruire un pays qu’il aura activement contribué à détruire et qu’il demande de détruire plus avant. Il est temps que la justice l’invite pour qu’il informe mieux sur son projet exact. Il n’y aura même pas besoin de chercher loin. Nous pouvons commencer par les articles 357 et 361, puis aviser.
Art. 357.- La menace d’incendier une maison ou toute autre propriété sera punie de la peine portée contre la menace d’assassinat, et d’après les distinctions établies par les articles 250, 251 et 252.- C. pén. 7-3°, 102.
Art. 361.- Tout pillage, tout dégât de denrées ou marchandises, effets, propriétés mobilières, commis en réunion ou en bande et à force ouverte, sera puni des travaux forcé
Code pénal haïtien
à temps.- C. pén. 7-3°, 15, 19, 20, 36, 73, 215, 382.





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