Hier, le Département d’Etat américain rappelait, via son sous-secrétaire d’État pour l’hémisphère Nord, que les États-Unis « dénonç[aient] les efforts de ceux qui cherchent à déstabiliser le pays ». Aujourd’hui, pour mieux enfoncer cette porte ouverte, le chef du parti politique Pitit Desalin a invité les manifestants à « détruire le pays » puisque lui allait les aider à le refaire.

Haïti est un pays singulier. C’est une vérité si évidente que c’est presque tautologique de le dire. Il se peut toutefois qu’elle atteigne un niveau de singularité capable de distordre l’espace-temps. Cela expliquerait la drôle d’attraction gravitationnelle que nous semblons exercer sur certains membres de la communauté internationale, savants fous, intrigués par le tour noir haïtien.

Nous voilà donc invités à ne pas déstabiliser un pays dont le président a été assassiné chez lui depuis deux ans, qui n’a aucun dirigeant élu et dont la capitale est occupée à 80% par les gangs. Mieux, nous sommes priés de détruire un pays dont l’économie s’est contractée sur 4 années consécutives, où la moitié de la population vit en dessous du seuil de pauvreté et où 90% de la population rêve d’ailleurs, à tout prix.

C’est tout de même fascinant de voir comment les leaders internationaux et les leaders nationalistes s’entendent pour faire dans l’absurde. Mais peut-être que c’est moi qui comprends mal et que la solution à tous nos maux (mots ?) était, depuis tout ce temps, littéraire et résidait dans la double négation.

Une réponse à « Déstabiliser un pays instable, détruire un pays détruit »

  1. […] lors de sa manifestation, Moïse Jean-Charles a invité ses partisans à détruire le pays à charge pour lui de les aider à reconstruire. Hier soir, sur son compte X, il est venu nous […]

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