Ayant échoué à se mettre au vert, c’est vêtue de rouge que Stéphanie Mondestin s’est présentée devant le juge aujourd’hui, comme pour signifier qu’elle a bien compris qu’elle est à l’arrêt. Une prise de conscience qui a dû jouer en sa faveur puisque l’ancienne directrice générale adjointe de l’ONA a bénéficié d’une remise en liberté pour raisons humanitaires: la jeune maman doit allaiter son bébé de 10 mois.

Je vous vois déjà vous demander qui aurait allaité le pauvre bébé si sa mère avait réussi sa tentative de fuite présumée. Premièrement, demandez à Nestlé, ils vous expliqueront clairement que l’allaitement maternel est surcoté. Dans les années 70, la compagnie a particulièrement ciblé les mères dans les pays sous-développés pour insinuer dans ses publicités que « boire du lait maternisé au lieu du lait maternel rendrait les enfants plus en santé, plus heureux et plus forts », offrant gratuitement des biberons, des échantillons et d’autres fournitures aux mères afin de stimuler les achats. Mais le commissaire Edler Guillaume est pro-allaitement et s’aligne sur les chercheurs et experts en santé publique qui considèrent le lait maternel comme la meilleure nutrition – l’Organisation mondiale de la santé recommande aux nourrissons d’être exclusivement allaités pendant les six premiers mois de leur vie. Et tant mieux, bravo commissaire Guillaume!

On aurait souhaité que les autres mères nourrices bénéficient de cette même clémence. Selon un rapport de Human Rights Watch, les femmes détenues sont souvent victimes de violences sexuelles et de harcèlement de la part des gardiens de prison. Les conditions de détention sont similaires à celles des hommes, avec des cellules surpeuplées, mal éclairées, sans ventilation adéquate, sans eau potable ni installations sanitaires. Elles sont contraintes de déféquer dans des seaux qui ne sont pas régulièrement vidés et reçoivent une ration quotidienne avec un accès limité voire inexistant aux soins de santé. Ces conditions, selon l’ONU, s’apparentent à des traitements cruels, inhumains et dégradants, voire à des actes de torture. Sachant que, selon le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH), le pourcentage de personnes en détention préventive dans les prisons haïtiennes en mars 2021 était de 85%, on peut facilement voir en quoi les considérations accordées à Mme Mondestin pourraient être utiles pour le reste de la population carcérale.

Mais les pauvres détenus n’ont pas eu la présence d’esprit d’être crédiblement accusés de détournement de fonds au sein d’une institution étatique chargée d’assurer la retraite de ceux qui ont contribué au bien-être national. L’on comprend que le traitement que leur réserve le système judiciaire soit plus sévère.

2 réponses à « Quand la justice décide d’être compatissante »

  1. […] vraiment au vert. Un parti dont le chef est lui-même accusé de divers actes de corruption; avec des proches sont dans le collimateur de l’ULCC. EDE s’enlise dans ses propres contradictions alors que, […]

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  2. […] patience. Encore une fois : c’est quoi cette manie de voler petit ? Est-ce une spécialité des Stéphan(i)e que de devenir haut·e fonctionnaire pour voler des « kaka aran » ?  Voler […]

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