Les parlementaires sont aussi des élus

Ces derniers temps, je me trouve dans l’improbable position de devoir défendre le droit des parlementaires … à parlementer. Cela devrait tomber sous le sens mais il semble de plus en plus inconcevable pour la plupart des gens que des parlementaires retardent ou bloquent les décisions d’un Président, quelles qu’elles soient. Réflexe présidentiel oblige, on peine visiblement à comprendre l’outrecuidance de ces empêcheurs-de-tourner-en-rond de laisser « [s]on pays marcher » en approuvant, au plus vite, la politique générale du Premier ministre nommé. Le Président, nous apprend-on, ayant été « élu par le peuple », il faut, et rapidement, lui donner les moyens de mettre en oeuvre son programme politique. Pourtant, le Parlement aussi a été « élu par le peuple » – et avec plus de trois fois le nombre de voix obtenues par le Président – il a donc aussi son mot à dire. Du reste, dans notre système chimérique, mi-présidentiel, mi-parlementaire, celui-ci est possiblement le véritable lieu de pouvoir, voulu par la Constitution. Continuer de lire « Les parlementaires sont aussi des élus »

Senatus Scribendi

Dans un monde où règne la démagogie, dans un pays où les démagogues sont rois, une nouvelle génération perpétue une vielle tradition. Refus d’un candidat de participer aux élections, festival contre l’homophobie, culture populaire, aide humanitaire post-cyclone … aucun sujet ne rebute nos intrépides sénateurs. Quand le pays va mal, quand catastrophes naturelles et humaines s’abattent sur nous, nous pouvons leur faire confiance pour s’attaquer, plume à la main, à la racine réelle du problème: ceux qui ne sont pas nous.

Certain Sénateur, mathémagiquement élu grâce à un mode de calcul appliqué exclusivement à lui-même et un autre collègue, est passé maître dans la question. Il caresse son électorat dans le sens du poil, en flattant son orgueil mal placé, en jouant sur sa culpabilité hypocrite, en encourageant les attitudes discriminatoires allant jusqu’à surenchérir pour donner une voix à et légitimer notre propre panier de déplorables. Continuer de lire « Senatus Scribendi »

Et si nous payions mieux nos responsables politiques ?

L’un des arguments qui est revenu le plus souvent pendant cette grève des médecins résidents est qu’il était indécent que les émoluments des Sénateurs soient si élevés – ils ne le sont pas, c’est nous qui sommes très pauvres – alors que les médecins résidents ne gagnent que très peu. Le raisonnement voudrait que celui qui a étudié le plus longtemps et, ipso facto, fait le travail le plus utile gagne plus. Pourtant, le Sénateur a souvent étudié très longtemps à l’école de la vie politique – et une campagne est une bien rude épreuve pour tout être humain normalement constitué – et son travail n’est pas, de sauver des vies, une personne à la fois, mais de sauvegarder notre vie, celle de la cité, tous ensemble. Il me semble que, en suivant cette logique au snobisme mal placé, le Sénateur gagne.

Certains m’objecteront, avec quelque raison, que nos Sénateurs sont souvent incompétents, ne font pas leur travail ou abusent de leur position. Je rétorquerais, preuves à l’appui, que nos médecins aussi. Notre République de suceurs dans son entièreté,  en fait. Le raisonnement ne tient donc pas. Il n’y a d’ailleurs aucun mal à bien payer nos élus. Tous, tant qu’ils sont. Nous les avons choisis pour faire un travail, il convient qu’ils soient convenablement compensés. Après tout, nous attendons bien de nos employeurs qu’ils nous payent un salaire convenable.

C’était aussi le point de vue d’un homme que le Président américain, Barack Obama a qualifié de « géant de l’histoire », un homme qui, en l’espace d’une génération, a fait passer son pays, ancien avant-poste colonial, exigu et sans ressources naturelles, « du Tiers-Monde au Premier Monde« , l’ancien premier ministre singapourien : Lee Kwan Yew.

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