Ces « journalistes » qui nous tuent

Tous les matins, crieurs dans le désert ou pas, je pars en randonnée dans un sentier aux pentes particulièrement ardues. J’essaie de respecter une promesse faite à mon enveloppe charnelle qui, depuis quelque temps, me réclame des muscles, à cor(ps) et à cris(sements). Quand on prend de l’âge, le corps ne pardonne pas et  je sais  de quel côté mon pain est beurré,  aussi, l’angélus de 5h du matin me trouve-t-il en train de franchir la barrière pour 30 à 40 minutes de randonnée à travers bois.

La marche alterne entre footing, jogging et hiking, selon que la topologie capricieuse nous force, mes compagnons de sport et moi, à choisir l’un plutôt que l’autre. Elle est aussi exigeante qu’euphorisante. Nous avons tous commencé avec nos objectifs respectifs mais, au final, elle est devenue sa propre motivation. Ces quelques minutes dédiées à nos corps tous les matins sont autant de fleurs que nous déposons devant leur autel, par gratitude certes mais surtout, avouons-le tout net, par intérêt bien compris.  Continuer de lire « Ces « journalistes » qui nous tuent »

Ces dictateurs que l’on encense

Vu sur un groupe WhatsApp: 16 RAISONS RÉELLES POURQUOI ILS ONT ÉLIMINÉ LE COL. KADHAFI. Suivit une liste des prétendus délices de la vie des Libyens sous le Colonel qui fut accueillie par des bravos, des félicitations et des remerciements pour cette information qu’ILS nous cachent. En laissant passer la syntaxe proprement révoltante du titre et même les fausses vérités qu’elle assène avec une rare certitude, ce qui arrête ici, alors que s’annonce, chez nous, le retour d’un populisme de droite, c’est le raisonnement scabreux dans lequel s’engage ce texte qui conclut, de la plus sérieuse façon: « Si cela est appelé « Dictature », je me demande quel type de leadership ont les démocrates!!! »

La réponse semble pourtant claire. Les démocrates ont un leadership démocratique, c’est-à-dire un leadership qui respecte les libertés personnelles, qui traite l’être humain comme l’adulte qu’il est, qui ne pense pas savoir mieux que l’autre ce qui est bon pour lui. C’est Périclès qui, pour défendre la démocratie, rappelait que plus qu’un régime politique, elle est surtout un support philosophique social. Un régime tolérant, basé sur une flagrante fiction: celle de l’égalité entre les êtres humains. C’est donc un régime aussi généreux que philanthrope parce que fondé sur l’amour des autres et, ipso facto, le respect que nous leur portons. Continuer de lire « Ces dictateurs que l’on encense »

La drogue et nous

Nous avons arrêté d’en parler mais le mystère reste entier. Comment un parlementaire a-t-il pu se retrouver à vivre, avec sa famille, dans une maison scellée depuis 5 ans dans le cadre d’une affaire de drogues ? Le concerné dit l’avoir achetée, en 2013, à une certaine Mona Ciné qui partait alors pour sa retraite aux États-Unis et cria à la persécution politique. La Commission Nationale de Lutte Contre la Drogue (CONALD) insista sur le caractère strictement administratif de sa démarche et affirma avoir ignoré jusqu’ici que le Député y logeait. Nous, nous fûmes partagés entre indignation, fou rire et apathie. L’apathie semble avoir gagné. Possiblement parce que, au fond, nous n’en fûmes guère surpris. Parce que, aussi, le mois de juin 2016 a débuté (au 1er) par une saisie de plus de 200 kilos de cocaïne et s’est terminé (au 26) de la même facon. Parce que, enfin, la drogue et nous, excusez du peu, ça fait un bail*.

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Quand les aigris refusent de maigrir

Dans les temps anciens, ceux qui avaient la pêche se moquaient de ceux qui étaient dans la dèche, ceux dont la vie était rose éructaient sur ceux pour qui elle était morose, ceux qui opprimaient prétendaient défendre ceux-là même qu’ils brimaient.

Dans les temps anciens, ceux qui osaient signaler les dérives arbitraires, se rebiffer contre le banditisme légal des trafiquants de toute sorte et s’insurger contre le gaspillage normalisé et l’appropriation des biens publics par la famille et les amis du régime, n’aimaient pas leur pays.

Dans les temps anciens, un mariage somptueux défraya la chronique, de belles fêtes se célébrèrent avec rythmique, des touristes nombreux visitèrent un pays magnifique alors que son peuple en haillons était invité, triste spectateur, à battre la musique.

Puis, il y eut comme un arrêt soudain. Le vent avait tourné. La rue avait parlé.

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