L’Iran vient de réussir un tour de magie digne des plus beaux contes des mille et une nuits. Selon le gouvernement israélien, un missile parti de l’ancienne Perse aurait atteint une ville abritant une installation nucléaire. Nous savions depuis au moins quarante ans que l’Iran était sur le point d’avoir l’arme nucléaire. Israël n’étant pas un pays nucléaire, une seule conclusion s’impose : l’Iran a dû placer lui-même ces installations dans la ville de Dimona avant de les bombarder.

Le Centre de recherche nucléaire Shimon Peres du Néguev est réputé être le pilier du programme nucléaire militaire israélien qui, officiellement, n’en a pas. Contrairement au complexe nucléaire iranien de Natanz, sous surveillance de l’Agence internationale de l’énergie atomique, ce centre israélien opère dans l’opacité la plus totale, comme il sied à un programme inexistant.

C’est de bonne guerre. Le projet Manhattan, à qui nous devons les premières armes nucléaires, a lui aussi été longtemps inexistant. Puis, en 1945, les États-Unis d’Amérique annihilent les villes japonaises d’Hiroshima et de Nagasaki et, avec elles, le secret. Développées avec l’assistance scientifique du Royaume-Uni et du Canada, ces armes à la capacité destructrice inégalée changent à jamais l’art de la guerre. La démonstration de force des États-Unis d’Amérique, les premiers et seuls à faire usage de l’arme atomique, met effectivement fin aux guerres majeures, les rendant obsolètes.

En 1949, l’Union soviétique réussit à compléter ses recherches parallèles et se munit de sa bombe, quelque peu aidée par l’espionnage. Les deux désormais superpuissances se lancent alors dans une course à l’armement et une Guerre froide qui durera un demi-siècle. En 1952, le Royaume-Uni développe la sienne. Huit ans plus tard, la France annonce la sienne, construite indépendamment parce que la France est la France et entend qu’on comprenne qu’elle est une puissance mondiale. En 1964, ce sera au tour de la Chine, aidée au début par l’URSS, de présenter sa bombe.

Dix ans plus tard, l’Inde fait son test nucléaire « pacifique ». Le Pakistan (notamment avec l’appui de la Chine et des transferts technologiques venus d’Europe) et la Corée du Nord (avec l’appui de la Chine) ferment le club des États nucléaires officiels. Aucun État n’a toutefois jamais partagé la technologie avec un ennemi qui le bombarde régulièrement. La chose est suffisamment extraordinaire pour s’arrêter.

Aussi extraordinaire, il appert, que le fait que désormais l’Europe se réveille avec la possibilité de vivre sous la menace de bombes venues du Moyen-Orient, comme si elle était soudainement transportée au Moyen-Orient qui, depuis des décennies, a appris à vivre avec la menace constante de bombes occidentales.

Les missiles iraniens seraient hypothétiquement capables d’atteindre tout le continent européen hormis le Portugal et l’Islande. Le régime iranien faisait donc preuve d’une rare retenue, de celle que le processus éliasien indique comme clairement appartenant à une haute civilisation. Et pour cause, la Perse est quadrimillénaire.

Il faut tout de même reconnaître que ces moments inédits sur la scène internationale n’auraient pas pu exister sans la présence magique du président américain Donald Trump, à qui doit en revenir le principal crédit. Et, même si, dès sa première présidence, je lui prédisais un dessein aussi grandiose, je n’en reste pas moins interloquée, éberluée, admirative, stupéfaite même de la rapidité avec laquelle il met tout cela en marche.

Trinquons à sa santé !

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