L’inénarrable Directeur du Bureau d’investigation fédérale américain (FBI) a publié sur X une photo de fugitifs recherchés par son Bureau afin de vanter les prouesses d’une administration dont la relation avec la vérité est des plus ténues. Ainsi, sous le président Donald J. Trump, 6 des 10 fugitifs les plus recherchés par le FBI auraient été « capturés » après 50 ans en cavale — dont l’insaisissable voisin de l’ambassade américaine en Haïti : Vitel’homme Innocent.

Vitel’homme Innocent n’a pas été arrêté et encore moins transféré aux bons soins du FBI. S’il est vrai qu’il n’est plus sur la liste de 10 du FBI — au premier juillet de l’année dernière, il a été décidé qu’il ne satisfaisait plus aux critères pour y figurer — le chef du gang Kraze Baryè est tout autant recherché par l’agence fédérale américaine et sa tête n’en est pas moins mise à prix à 2 millions de dollars pour celleux d’entre vous qui se rêvent chasseur·e de prime.

Mais, vous devez bien vous demander, un Directeur du FBI fabulerait-il ainsi ?

La réponse courte est : oui, absolument. Kash Patel, ancien podcasteur de droite et combattant acharné des culture wars américaines, le ferait sans sourciller pour pacifier la base MAGA qui, depuis quelque temps, n’aime plus trop sa tête d’américano-indien. La réponse un peu plus longue est qu’il n’en est pas à sa première contre-vérité :

  • avant de se retrouver à en diriger une, et sans preuves vérifiables, Patel a longuement soutenu et relayé l’idée que l’assaut du Capitole le 6 janvier 2021 aurait été orchestré ou facilité par des agences fédérales ;
  • il a qualifié l’enquête sur l’interférence russe dans les élections de 2016 de « coup d’État bureaucratique », en déformant le contenu des faits établis ;
  • pour lui, l’appareil judiciaire américain aurait systématiquement saboté la présidence Trump, en même si les conclusions des enquêtes officielles confirment plutôt le contraire ;
  • il a déjà annoncé prématurément — voire fictivement — des arrestations ou succès policiers non confirmés ;
  • il nie l’existence de listes de représailles politiques tout en appelant publiquement à « nettoyer » les institutions fédérales de leurs opposants ;
  • enfin, il s’attribue un rôle décisif dans des opérations de sécurité nationale qui ne relèvent même pas de ses fonctions effectives.

La seule vérité à laquelle il semble tenir est celle de sa dévotion pour sa petite amie  qui lui vaut l’utilisation répétée de moyens logistiques du FBI — notamment des vols à bord d’un avion gouvernemental — pour des déplacements à caractère personnel liés à sa relation avec une compagne  plus jeune que lui d’une vingtaine d’années.

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