Observateur : personne qui observe un événement. Observer : considérer avec attention. Un observateur considère avec attention un événement, ici les délibérations du Conseil présidentiel. Selon l’accord du 4 avril 2024, les membres observateurs du Conseil sont désignés par des entités spécifiées mais sans rôle spécifique. Le projet de décret portant création du Conseil présidentiel mentionne que les observateurs, au nombre de deux, accompagnent le Président du Conseil présidentiel lorsqu’il préside le Conseil des ministres, mais là encore, aucune disposition n’est prévue pour leur participation active à cette instance. Alors, que feront Régine Abraham (agronome) et Frinel Joseph (pasteur) au Conseil présidentiel?
Si nous nous arrêtons au texte, strictement rien. Il fallait offrir quelque chose au « secteur religieux » et à la « société civile », on leur a permis de nommer deux représentants. Ceux-ci peuvent contribuer aux discussions, mais leur fonction principale est d’observer et de rapporter, présumément à ceux qui les ont désignés, et idéalement à la nation. Ce devrait être leur rôle final. Quitte à avoir des observateurs au Conseil présidentiel, autant qu’ils nous informent régulièrement de ce qui s’y passe. Ce serait une manière de satisfaire à l’exigence de transparence tout en contribuant à la légitimité du Conseil. Leur mission serait donc double :
- Surveillance et responsabilisation : La présence des observateurs servira de mécanisme de surveillance externe ayant pour objectif de garantir que les décisions prises par le Conseil sont conformes aux intérêts et aux valeurs de la nation. En fournissant des comptes rendus publics sur les activités du Conseil, ils rendent le processus décisionnel plus transparent. Ces rapports pourraient être régulièrement soumis aux entités désignantes ainsi qu’à la nation, via des déclarations publiques, des présentations médiatiques ou des plateformes en ligne dédiées.
- Renforcement de la confiance : Transformer les observateurs en rapporteurs en contact régulier avec la nation peut contribuer à renforcer la confiance du public dans le processus de transition et à réduire les suspicions de partialité ou de favoritisme, favorisant ainsi une plus grande acceptation des décisions prises par le Conseil et, par conséquent, augmentant sa légitimité et son efficacité.
Certes, il existe des défis potentiels pour la mise en œuvre. Certains membres du Conseil, craignant des fuites ou des interférences extérieures, pourraient se montrer réticents à partager des informations sensibles avec les observateurs. Pour y remédier, des protocoles stricts de confidentialité peuvent être établis, limitant la communication aux données non sensibles. Des défis logistiques peuvent également surgir dans la collecte et la diffusion des informations, mais en allouant des ressources adéquates et en fournissant un soutien logistique, ces obstacles peuvent être surmontés.
L’établissement de mécanismes de reddition de comptes peut aider à prévenir les conflits d’intérêts potentiels. Clarifier le rôle des observateurs et fournir des lignes directrices claires sur leur impartialité aide à assurer l’indépendance des observateurs tout en étant membres du Conseil. Enfin, une communication transparente sur le mandat des observateurs permet de gérer les attentes du public.
Dans l’ensemble, c’est une proposition gagnant-gagnant. Le public en sort informé; le Conseil légitimé. Certes, l’accord prévoit un Organe de Contrôle de l’Action Gouvernementale (OCAG) chargé de la supervison et du contrôle des actions du gouvernement mais 1)les membres de l’OCAG ne siègent pas au Conseil et 2)cet organisme risque de ne jamais voir le jour ou, le cas échéant, être privé de tout moyen d’action si nous nous fions aux transitions précédentes. Ce sera le sujet du prochain billet.





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