L’État haïtien et la laïcité

En réponse à une question posée et débattue sur Twitter, le texte d’un exposé réalisé, il y a 11 ans, par une jeune étudiante, dans le cadre de son cours de sociologie politique.


Je n’ai jamais été anticlérical au sens réactif du terme, mais chacun doit rester à sa place. Si la religion est une démarche spirituelle, je ne vois pas pourquoi elle doit avoir des privilèges temporels. – Henri Pena-Ruiz / Interview dans le Journal L’Humanité / 11/12/2003

Introduction

Le candidat à la présidence du Mexique, Andrés Manuel Lopez Obrador, évangélique, ne fait pas appel au vote des croyants mais prône la laïcité[1]. La récente campagne présidentielle en Haïti nous a habitués à autre chose. Autre chose où un responsable de parti affirme que son parti est en position de force « au nom de l’Éternel »[2]. Autre chose où sur un blog mis sur pied pour la campagne d’un parti évangélique, on rappelle que le leader du parti, devra arriver à convaincre les chrétiens de « s’inscrire et de voter », ces derniers étant – du moins dans sa région – de l’ordre de 57%.

Autre chose où sur ce même blog, on lit (!):

In fact, while it is true that voodoo and its associated satanic rituals do enjoy significant influence in Haiti, it is equally true that the nation is populated by industrious and friendly people that are very family-oriented[3]. [4]­­­

Nous pourrions continuer longtemps sur le même registre, et avec des exemples éloquents, dans tous les domaines de notre vie de peuple. Ce qui explique la complexité réelle et avérée de toute analyse de la laïcité en Haïti et qui va, logiquement, rendre notre tâche ici ardue.

Nous commencerons par une définition de la laïcité qui nous conduira à poser la question de la laïcité de l’Etat haïtien pour enfin terminer sur une interrogation majeure : « L’Etat haïtien doit-il être laïque ? ».

Une définition de la laïcité

Laïcité : (du grec laikos : peuple). Dans le langage chrétien, un laïc était au Moyen Age un « baptisé » qui n’appartenait pas au clergé ; de nos jours, c’est une personne chargée de fonctions qui étaient autrefois dévolues au clergé, dans une institution catholique.

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, sous la IIIe République, en France, la laïcité est devenue une conception de l’organisation de la société visant à la neutralité réciproque des pouvoirs spirituels et religieux par rapport aux pouvoirs politiques, civils, administratifs. Le but était de lutter contre le cléricalisme, c’est-à-dire l’influence des clergés et des mouvements ou partis religieux sur les affaires publiques. La laïcité est aussi une éthique basée sur la liberté de conscience visant à l’épanouissement de l’homme en tant qu’individu et citoyen.

Concrètement, la laïcité est fondée sur le principe de séparation juridique des Eglises et de l’Etat (loi de 1905 en France), en particulier en matière d’enseignement.

Cette séparation a pour conséquence :

  • la garantie apportée par l’Etat de la liberté de conscience et du droit de d’exprimer ses convictions (droit de croire ou de ne pas croire, de changer de religion, d’assister ou pas aux cérémonies religieuses).
  • la neutralité de l’État en matière religieuse. Aucune religion n’est privilégiée; il n’y a pas de hiérarchie entre les croyances ou entre croyance et non-croyance.

Note : au masculin et au neutre, laïc (adjectif ou nom) désigne le non clerc (cf. ci-dessus) et laïque ce qui a trait à la laïcité, au féminin on doit utiliser la forme laïque dans les deux cas.

L’Etat haïtien est-il laïque ?

Pour répondre à cette question, la première référence qui vient à l’esprit est bien sûr la Constitution de 1987 qui, en sa Section D intitulé De la Liberté des Cultes proclame :

ARTICLE 30:

Toutes les religions et tous les cultes sont libres. Toute personne a le droit de professer sa religion et son culte, pourvu que l’exercice de ce droit ne trouble pas l’ordre et la paix publics.

ARTICLE 30.1:

Nul ne peut être contraint à faire partie d’une association ou à suivre un enseignement religieux contraire à ses convictions.

ARTICLE 30.2:

La loi établit les conditions de reconnaissance et de fonctionnement des religions et des cultes.

Cette section a le mérite d’être plus « libéral » que, par exemple, le Titre IV. – De la Religion et des Mœurs de la première Constitution d’Haïti[5] (celle de 1805) qui établit que « La religion catholique, apostolique et romaine étant celle de tous les Haïtiens est la religion de l’Etat. (art.35)» même si l’article 37, en prévision de l’ « introduction » d’autres religions, stipule que « nul ne pourra être empêché, en se conformant aux lois, d’exercer le culte religieux qu’il aura choisi. » Toutefois, elle ne suffit pas pour répondre à la question de la  laïcité de l’Etat haïtien et ce, en grande partie à cause de ces deux paradigmes majeurs :

  1. La liberté de culte n’est pas la laïcité
  2. Haïti n’a guère de tradition laïque

A.  La liberté de culte n’est pas la laïcité

Dans un article sur la laïcité  mis en ligne sur le site de l’Ambassade de France aux Etats-Unis le 21 février 2002, Jean Baubérot[6] explique ce qu’implique  le concept, qu’il considère, à juste titre sans doute, comme une « invention française » :

La loi de séparation des Églises et de l’État établit les dispositions fondamentales de la laïcité française : liberté de conscience et de culte ; libre organisation des Églises; non-reconnaissance et égalité juridique de celles-ci ; libre manifestation des convictions religieuses dans l’espace public. À cela s’ajoute la laïcité des institutions, et notamment de l’école et la liberté de l’enseignement. Sur bien des points, le consensus est tel que les pratiques sociales s’effectuent sans qu’il soit besoin, sauf circonstances exceptionnelles, de faire référence à la loi. Sur certains autres, notamment des problèmes encore très neufs, la loi et la jurisprudence laïques s’accompagnent d’un débat social.

Nous sommes encore très loin d’une telle vision en Haïti et à part quelques rarissimes prises de position – telle celle de Sabine Manigat à propos de la décision du gouvernement intérimaire de déclarer férié la fête de Notre Dame du perpétuel Secours le 27 juin dernier[7] – le sujet ne passionne pas particulièrement les foules. Ce qui, de toute évidence porte un coup sérieux à un éventuel débat social.

Le seul fait qui semble acquis est cette « rupture » avec la « religion officielle » que semble établir la Constitution de 1987 en prévoyant la liberté de tous les cultes et religions. Toutefois, si elle défend le principe de laïcité, elle ne fait pas de la République d’Haïti un Etat laïc.

Du reste, la laïcité est indépendante de la liberté de culte. Celle-ci apparaît historiquement bien avant, dans des États décidant de tolérer d’autres religions que leur(s) religion(s) d’État(s). L’Etat haïtien pourrait être tout au plus séculier – compris comme le fait de reconnaître aux Églises un statut spécial par rapport aux autres associations ou dont la constitution fait référence à Dieu[8]. Mais encore faudrait-il que s’établisse clairement la séparation de l’Église (compris comme religions) et de l’État. Et le fait qu’Haïti soit encore à l’heure actuelle un Etat concordataire[9] n’aide certainement pas beaucoup.

B.  Haïti n’a guère de tradition laïque

Quelle est la nature de l’Etat qui émerge après la lutte pour l’indépendance menée par les esclaves insurgés de Saint-Domingue de 1791 à 1804 ? Quel rôle l’Eglise catholique remplit-elle dans la construction et dans l’évolution ultérieure de cet Etat ? Quelles transformations l’Eglise va-t-elle connaître dans le contexte de luttes à rebondissements pour la démocratie ouvert depuis 1986 ?

Ces questions reviennent le plus souvent dans les discussions sur les rapports entre l’Eglise et l’Etat et mettent en lumière la fonction des religions en compétition en Haïti depuis la Conquête et la période esclavagiste (catholicisme, protestantisme et vaudou) dans la constitution du lien social. Un état de fait qui montre que la laïcité de l’Etat est un réquisit indispensable à l’établissement d’un système démocratique. Il s’agit de penser la crise théologico-politique que traverse encore de nos jours la société haïtienne, pour comprendre entre autre les sources du régime anarcho-populiste construit en Haïti autour de  » la Famille « , sur le modèle d’une Cosa nostra alors que les églises sont plus que jamais politiquement actives en Haïti, et que certains protestants sous prétexte d’avoir combattu Lavalasse recommencent à dire au peuple que Dieu va le sauver en lui donnant un vrai chef. Alors que les protocoles d’investiture impliquent un Te deum. Alors que la distribution de Bibles au Parlement est un événement national……

Et de dire avec Camille Loty Malebranche, éditorialiste de Le Contact[10] : « Qu’importe la religion du dirigeant, elle doit rester dans l’intimité. »

Un peu d’histoire

Haïti connaît un vide institutionnel et une perte du lien social. L’Eglise catholique, qui, dès le temps de l’esclavage, assurait traditionnellement ce lien à la place de l’Etat, y a contribué, et en est dans le même temps la victime ; son rôle dans la société s’amenuise, au profit de la laïcité et d’autres instances religieuses. Le paradoxe est que c’est la lutte pour la démocratisation, à laquelle l’Eglise a contribué, qui a induit cette évolution.

Telle est l’analyse développée dans un livre récent[11] par Laënnec Hurbon, sociologue haïtien, spécialiste des rapports entre religion, culture et politique. Pour l’auteur, un fil rouge traverse l’histoire du pays : la difficulté à reconnaître le principe de l’égalité entre tous les citoyens. L’enseignement notamment, longtemps dans des mains religieuses, assurait la justification idéologique de l’inégalité.

Après la chute de Duvalier, « l’expérience démocratique met fin à deux rôles fondamentaux de l’Eglise en Haïti » : la prise en charge de la question sociale et le contrôle de la culture et de l’éducation. Mais personne ne prend le relais, si ce n’est, en partie, les ONG, et le lien social s’effiloche. D’autant que le populisme d’Aristide a éclipsé les institutions intermédiaires. Rien ne permettrait donc encore assurer un « vivre ensemble quelconque ».

Cette approche est renforcée par Jean Eddy SAINT-PAUL, professeur à l’UEH et doctorant en sociologie. Répondant à la question : La République doit-elle être laïque dans le cadre des Réflexions sur l’avenir[12] du Ministère de la Culture et de la Communication, il commence par affirmer  tout de go: « M pa kwè Ayiti se yon Leta layik non[13] » et il explique :

San m pa pèdi tan m ap di an Ayiti yo te toujou konsidere relijyon Katolik tankou yon zafè leta menm. Leta te fonn nan katolik la tankou katolik la te makonnen ak leta a. Si nou analize yon gwo pati nan listwa peyi nou, […] nou ap rann nou kont pat vrèman egziste libète relijyon nan peyi sa a. Vodou […] pat janm te gen bon renome an Ayiti. […] majorite gouvènman k te pase nan tèt peyi a te mete legliz katolik la soutèt vodou ak tout lòt kalite relijyon k te gen nan peyi a.[14]

L’Etat haïtien doit-il être laïque ?

Nous commencerons cette épineuse question par cette précision de Luc Ferry, Ministre de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche de la France: « la laïcité n’est pas dirigée contre la religion en général (et elle) n’est pas non plus dirigée contre une religion en particulier. […] C’est parce que nous sommes profondément respectueux des croyances de chacun que nous souhaitons que l’école publique ne devienne pas un terrain d’affrontement et que la neutralité des comportements religieux y soit garantie ».

Selon lui, la laïcité est « une des bases de la paix civile et un régime de droit qui permet à toutes les familles religieuses de s’épanouir librement ». Car la laïcité est d’abord liberté religieuse et neutralité à l’égard des différentes croyances; elle assure une stricte séparation entre les églises et l’État et garantit une égalité de traitement entre tous les citoyens.

De plus, la laïcité est parfaitement compatible avec une liberté de culte restreinte (indépendamment de tout jugement sur la légitimité d’une telle restriction, qui frapperait par exemple un culte pratiquant les sacrifices humains…)

Maintenant que ces points ont été établis, nous pouvons passer à l’essentiel de cette question qui peut se concevoir de deux façons :

  1. Pourquoi l’Etat haïtien doit-il être laïque (ou pas) ?
  2. Comment cette laïcité doit-elle se concevoir ?

A.  Pourquoi l’Etat haïtien doit-il être laïque (ou pas) ?

Lors d’une conférence à Port-au-Prince dans la soirée du 22 novembre 2003 sur « Laïcité et République », où il s’est attaché à marteler des principes qui ont porté plus d’un à s’interroger sur la vie politique en Haïti, l’intellectuel français, Régis Debray, qui présidait le Comité français de réflexion et de proposition sur les relations franco-haïtiennes, a cerné la laïcité dans la séparation Église / État, privé / public. C’est un principe qui traverse toutes les sphères de la société républicaine, de l’école à l’administration de l’État, ce qui fait que « la liberté de conscience ne peut pas dépendre d’un homme, d’un tout-puissant, d’un parti, ni même d’une cour de justice ».

Bien qu’il ait précisé qu’il « se place dans le cas français, pas dans le cas haïtien », lorsqu’il affirme que « la personne d’un président n’est pas sacré » ou conclut qu’« un républicain ne se prend ni pour dieu, ni pour le prophète… », on ne peut s’empêcher de se reconnaitre dans ces propos.

Cette affirmation trouve un écho chez J.C. Noël dans son texte justement intitulé : Pourquoi la République doit-elle être laïque ?[15], pour qui une République laïque pose une désacralisation du pouvoir terrestre, une séparation de la sphère de la croyance, qui est privée, du domaine politique. Et de conclure que la laïcité de la République est une nécessité au sens où elle permet d’éviter la confusion des genres : tout est à sa place et considérée à sa juste valeur […] puisque c’est dans l’harmonie et le respect des différences que se joue l’existence de la République.

Pourquoi l’Etat haïtien doit-il être laïque ? Parce que la croyance religieuse relève de l’intimité de l’individu. Parce que les convictions religieuses – ou l’absence de conviction – de chacun, qu’il faut peut-être distinguer des options spirituelles ou métaphysiques théistes plus ou moins indépendantes des religions, doivent être  volontairement ignorées par l’administration.

B.  Comment cette laïcité doit-elle se concevoir ?

Elle pourrait se caractériser, dans une première approche, par un double refus : celui d’un athéisme d’État (la République respecte toutes les croyances) et celui de toute religion officielle (enseignement public laïque, séparation des Églises et de l’État) en vue d’assurer une complète égalité des citoyens en matière de croyance et une pleine liberté de conscience.

Ainsi définie, la laïcité apparaîtrait comme un moyen de relier le lien social à des valeurs reconnues comme universelles. La Constitution de 1987 est proclamée « Pour garantir [les] droits inaliénables et imprescriptibles [du peuple] […] conformément […] à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948. L’article 18 de la Déclaration précise que :

  • Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l’enseignement, les pratiques et l’accomplissement des rites.
  • La liberté de manifester sa religion ou ses convictions ne peut faire l’objet d’autres restrictions que celles qui,  prévues par la loi, constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité publique, à la protection de l’ordre, de la santé ou de la morale publiques, ou à la protection des droits et libertés d’autrui.

Il nous faut cependant éviter de tomber dans ce que Rachel Beauvoir-Dominique, intervenant dans le cadre des Réflexions pour l’Avenir susmentionnées, appelle une affectation quasiment dictatoriale et démagogique « des impératifs de laïcité » et éviter de tomber dans la radicalisation et la controverse qu’occasionna en France la loi sur les signes distinctifs tel le voile tout en autorisant les signes discrets telle la croix.

Il s’agit surtout de rendre haïtienne cette question et de créer une laïcité à l’haïtienne qui tiendra compte de notre identité de peuple. Il n’en saurait être autrement.

Cette décision se doit d’être prise dans le cadre d’un véritable débat national que nous pouvons initier aujourd’hui même à notre niveau d’étudiants en posant les bonnes questions et en y répondant franchement.

Conclusion

Avec la Constitution de 1987, l’Etat haïtien a fait un pas considérable en faveur de la laïcité. Mais il ne doit pas, il ne peut pas s’arrêter là.

Pas tant que les cultes en Haïti seront aussi radicux (rejet total des autres).

Pas tant que les programmes de partis politiques se résument à finalement laisser agir Dieu en élisant ses serviteurs.

Pas tant que les Eglises continueront de délivrer des actes administratifs (certificat de mariage, baptistères).

Pas tant que la séparation de l’Eglise et de l’Etat, du politique et de la foi ne sera pas complète.

Il n’est pas juste qu’un non chrétien ait à jurer devant une croix. C’est un viol de sa conscience. Imposer à des non catholiques les fêtes de saints comme jours fériés non plus.

Pour aller plus loin

Citations sur la  Laïcité

« La religion est une affaire entre chaque homme et la divinité. »
(Pierre Bayle / 1647-1706)

« Il est temps de dire que la laïcité ne peut être cantonnée à un mode d’organisation sociale. Elle est porteuse d’un idéal, celui de l’individu-citoyen qui sait qu’il n’y a de savoir-vivre collectif que dans la confrontation librement débattue de convictions individuelles. Celui, également, de la durée assumée au travers de l’affirmation d’une aptitude permanente à tirer des leçons de l’histoire les éléments de construction d’un présent acceptable et d’un futur qui conserve sa place au rêve. »
(Jean-Michel Ducomte / La laïcité)

« La laïcité, c’est la disponibilité universelle du patrimoine humain, c’est la loi qui veut que chaque homme soit maître de son bien et que son bien se trouve partout où il y a des hommes. »
(Robert Escarpit / 1918-2000 / Ecole laïque, école du peuple)

« Il faut refouler l’ennemi, le cléricalisme, et amener le laïque, le citoyen, le savant, le français, dans nos établissements d’instruction, lui élever des écoles, créer des professeurs, des maîtres… »
(Léon Gambetta / 1838-1882)

« L’Etat chez lui, l’Eglise chez elle. »
(Victor Hugo / 1802-1885 / Discours / 1850)

« La loi de séparation, c’est la marche délibérée de l’esprit vers la pleine lumière, la pleine science et l’entière raison. »
(Jean Jaurès / 1859-1914)

« La laïcité ne nous a pas été donnée comme une révélation. Elle n’est sortie de la tête d’aucun prophète; elle n’est exprimée dans aucun catéchisme. Aucun texte sacré n’en contient les secrets, elle n’en a pas. Elle se cherche, s’exprime, se discute, s’exerce et, s’il faut, se corrige et se répand. »
(Claude Nicolet)

« La laïcité est une valeur essentielle, avec ce souci de la liberté de conscience et de l’égalité de tous les hommes, qu’ils soient croyants, athées ou agnostiques. L’idéal laïc n’est pas un idéal négatif de ressentiment contre la religion. C’est le plus grand contresens que l’on puisse faire sur la laïcité que d’y voir une sorte d’hostilité de principe à la religion. Mais c’est un idéal positif d’affirmation de la liberté de conscience, de l’égalité des croyants et des athées et de l’idée que la loi républicaine doit viser le bien commun et non pas l’intérêt particulier. C’est ce qu’on appelle le principe de neutralité de la sphère publique. »
(Henri Pena-Ruiz, philosophe / septembre 2003)

« L’esprit critique va de paire avec la liberté de conscience. C’est une valeur essentielle de la laïcité. »
(Henri Pena-Ruiz, philosophe / septembre 2003)

« Trop souvent les hommes ont tendance à privilégier ce qui les divise. Avec la laïcité, il faut apprendre à vivre avec ses différences dans l’horizon de l’universelle, sans jamais oublier qu’on a des intérêts communs en tant qu’homme. »
(Henri Pena-Ruiz, philosophe / septembre 2003)

« La laïcité n’est pas un particularisme accidentel de l’histoire de France, elle constitue une conquête à préserver et à promouvoir, de portée universelle. »
(Henri Pena-Ruiz / « Laïcité et égalité, leviers de l’émancipation », article du Monde Diplomatique / février 2004)

« La laïcité ne confond pas non plus l’idéal d’une libre discussion avec la généralisation du relativisme : la distinction entre croyance et connaissance doit être bien marquée, sauf à inaugurer un nouveau type d’obscurantisme, et à faire le lit de nouvelles tyrannies. »
(Henri Pena-Ruiz / « Oser réaffirmer la laïcité », article de Libération / 23 avril 2004)

Bibliographie supplétive

La république doit-elle être laïque ? Eske yon repiblik dwe pou l layik ?, Réflexions pour l’avenir Refleksyon pou demen No 002, Ministère de la Culture et de la Communication, mardi 12 juillet 2005


Quelques éléments bibliographiques

Barbier M., La laïcité, Paris, L’Harmattan, 1995.

Baubérot J. (éd.), La laïcité, évolution et enjeux, Paris, La documentation Française, 1996.

Baubérot J., Histoire de la laïcité française, Paris, PUF (« Que sais-je ? »), 2000.

Costa-Lascoux J., Les trois âges de la laïcité, Paris, Hachette, 1996.

Doizy G. et Lalaux J-B., A bas la calotte ! – La caricature anticléricale et la Séparation des Eglises et de l’Etat, Editions Alternatives, 2005)

Ducomte J-M., La Laïcité, Les Essentiels Milans, 2001

Durand-Prinborgne Cl., La laïcité, Paris, Dalloz, 1996.

Ferreol G., Cauche P., Duprez J., Gadrey N., Simon M., Dictionnaire de sociologie, Armand Colin, 1996

Fourest C., et Venner F., Tirs croisés : La laïcité à l’épreuve des intégrismes juif, chrétien et musulman, Calmann-Lévy, 2003

Haarscher G., La laïcité, Paris, PUF (« Que sais-je ? »), 1996.

Michelat G., L’identité catholique des Français, Revue française de sociologie, 1990

Nérestant M., Religions et politique en Haïti, Editions Karthala, 2000

Pena-Ruiz H., Dieu et Marianne, Philosophie de la laïcité, PUF, 1999

Pena-Ruiz H., Histoire de la laïcité, Genèse d’un idéal, Editions Découvertes Gallimard, 2005

Pena-Ruiz H., Qu’est-ce que la laïcité ?, Editions Gallimard, 2003

Sallenave D., dieu.com, Gallimard, 2004

Schiappa J-M., 1905! La loi de séparation des Eglises et de l’Etat, Éditions Syllepse, 2005

Weber M., L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme, Paris, Plon, 1970 (1ère éd. 1920)


[1] NoticiaCristina.com, 9 mai 2006

[2] Haiti – Présidentielles : Pas d’entente dans le secteur protestant sur un candidat unique, AlterPresse, 3 juin 2005

[3] En fait, s’il est vrai que le vaudou et les rituels sataniques qui y sont attachés jouissent d’une influence significative en Haïti, il est également vrai que la nation est peuplée de gens laborieux et amicaux qui entretiennent des liens familiaux très forts.

[4] Chavannes Jeune looking to reverse 200 years of corruption and poverty, http://chavannesjeune.blogspot.com/, 6 août 2005

[5] Nous considérons la Constitution de 1805 comme la toute première constitution d’Haïti, celle de 1801 ayant été celle  « de la colonie de Saint-Domingue » ce que confirme par ailleurs son « Article 1er. – Saint-Domingue dans toute son étendue, et Samana la Tortue, la Gonâve, les Cayemites, l’île-à-Vache, la Saône, et autres îles adjacentes, forment le territoire d’une seule colonie, qui fait partie de l’empire français, mais qui est soumise à des lois particulières. »

[6] Professeur à l’École Pratique des Hautes Études et directeur du groupe de sociologie des religions et de la laïcité (CNRS).

[7] Editorial de Le Matin, 23 juin 2005

[8] Les prestations de serments, entre autres, du Président de la République et des membres de la haute Cour de Justice se font devant Dieu (cf. Art. 131 et 187 de la Constitution de 1987)

[9] Le Concordat de 1860 est un accord passé entre la jeune République d’Haïti et le Saint-Siège définissant les comportements que doit avoir l’Etat haïtien par rapport à l’Eglise catholique et à son clergé qui, aujourd’hui encore, perçoit un traitement de l’Etat haïtien.

[10] Le Contact est un journal en ligne de la Communauté haïtienne au Québec

[11] Religions et lien social. L’Eglise et l’Etat moderne en Haïti, Les Editions du Cerf, Paris, 2004, 273 pages.

[12] Réflexions pour l’Avenir Refleksyon pou demen  est une publication du Ministère de la Culture « sur une proposition du Collectif NON et dans le cadre de son programme de motivation citoyenne ». Elle se veut un « espace d’expression sur des thèmes importants de notre société. » Une copie est attachée au présent document.

[13] Je ne crois pas que la République soit laïque.

[14] J’irai droit au but et dirai qu’en Haïti on a toujours considéré la religion Catholique comme une affaire d’Etat. L’Etat se résorbait dans l’Eglise catholique tout comme l’Eglise catholique s’assimilait à l’Etat. Si nous analysons une grande partie de notre histoire […] nous nous rendrons compte qu’il n’existait pas vraiment de liberté de religion dans ce pays. Le vaudou […] n’a jamais eu une bonne renommée en Haïti. […] la majorité de nos gouvernements ont conféré une suprématie à la religion catholique par rapport au vaudou et toutes les autres religions présentes dans le pays.

[15] Réflexions sur l’avenir Refleksyon pou demen No 002, p 2

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