#AnbaDiktati – L’odeur du pauvre

« Tu ne comprends pas, Patricia, me dit la cousine de mon père. Sous Duvalier, le pauvre, on le sentait venir, bien avant qu’il n’arrive. Je te parle de son odeur. C’était une odeur caractéristique. Une odeur putride. À te donner mal aux yeux. » C’était peu avant les événements de juillet. Nous parlions du pays qui n’allait nulle part, de la nécessité que des gens de … Continuer de lire #AnbaDiktati – L’odeur du pauvre

Le déchoucage n’est pas fini

J’ai de mauvaises nouvelles. Les événements des 6 et 7 juillet 2018 n’étaient qu’un aperçu, un avant-goût, une préfiguration de ce qui nous attend. Ces pneus enflammés, ces routes bloquées, ces magasins pillés … sont des éléments d’un teaser nous invitant à nous intéresser à la suite de la communication et il importe de ne pas mésinterpréter le message qui nous est ainsi transmis.

C’est le propre de l’aguiche que d’être ambiguë. Son rôle est d’annoncer et non de dire. Elle a vocation à entretenir l’intérêt sans rien dévoiler de la production. Plutôt que de répondre aux questions, elle les encourage. Comment autant de gens ont-ils pu se mobiliser aussi bien en si peu de temps ? Mystère. Pourquoi s’en sont-ils pris cette fois aux beaux quartiers ? Suspense. Pourrons-nous retourner à notre vie d’avant où nous n’avions à nous préoccuper du sort de ces gens-là qu’en autant ils font notre service et nous servent de marqueur social ?

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