Kijan yo ekri Tyonp?

Hier matin, au Boulevard du 15 octobre, des Haïtiano-Américains, nombreux, se pressent dans une grande salle  pour exercer leur droit de vote. La tendance est claire. Tout le monde vote Hillary Clinton. Ceux qui ne lisent pas trop bien (la langue de leur pays d’adoption) demandent de l’aide à ceux qui savent. Très vite, une seule personne devient le scribe attitré et remplit les bulletins de vote. M pa fin konprann sa k ekri yo. Je n’y vois pas grand chose. Mete Hillary pou mwen. Notez Hillary pour moi.

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America, it’s time to stop worrying and love the Trump

About five years ago, while still in the throes of the most devastating earthquake of an history littered with tragic natural and man-made disasters, Haiti had a buffoon become its President. Today, an ongoing electoral and political crisis, a debilitating inflation, an abyssal social and economic record, and 2 billion dollars in debt later, we are soldiering on, keeping on keeping on. Things aren’t so bad, really. There is a saying here that as long your head isn’t cut off, you may dream of wearing a hat. Which brings me to you.

I know it might sound crazy and reasonably defeatist but Donald J. Trump will be your next President, whether you want him or not. It doesn’t matter what you think. It won’t matter that he is a vulgarian boasting about his successes and riches even though his many bankruptcies are public knowledge. It won’t matter that he has a history of public indecency, fraught with nudity and misogynistic remarks. It won’t matter that he is an entertainer with a tact for finding and encouraging the lowest common denominator. None of this will matter. Coming November 9th, Donald J. Trump will be confirmed as your next  President.

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Les joies d’une Ambassade Américaine

Il y a quarante-deux ans, le 11 septembre 1973, le président chilien démocratiquement élu, Salvador Allende, fut brutalement renversé pour crime de lèse-capitalisme. Déjà en 1958, lorsqu’il rata la présidence de seulement 3%, il inquiétait Washington. En 1964, celui-ci dépêcha la Central Intelligence Agency (et des membres du Département d’État) pour organiser la campagne anti-Allende au Chili à coup de spots radio et TV, posters, affiches, tracts … et de support financier au parti démocrate-chrétien d’Edouardo Frei qui remporta les élections avec 17% d’avance. Le succès fut de courte durée toutefois puisque, le 3 novembre 1970, Salvador Allende devint le premier président marxiste élu au Chili (et en Occident). Pendant trois ans, les États-Unis tentèrent de lui faire payer son outrecuidance par un embargo virtuel destiné à, selon les termes choisis du Président américain Richard Nixon, « faire hurler l’économie chilienne », mais ne réussirent qu’à consolider sa position au Parlement où il gagna une confortable majorité en 1973. Il fallait désormais employer les grands moyens. Le Général Augusto Pinochet, à qui nous devons la tristement célèbre Opération Condor, mit fin à cette dérive démocratique.

C’est un joli paradoxe de l’Empire Bienveillant américain, la plus grande force de bien dans l’histoire de l’humanité, le flambeau de la démocratie et de la liberté, que de promouvoir la démocratie en cherchant à renverser des dirigeants élus démocratiquement. En 1951, la CIA et le MI6 britannique décidèrent de se défaire du gouvernement très populaire et démocratiquement élu de Mohammad Mossadegh parce que, entre autres, celui-ci osa nationaliser, à l’unanimité, l’industrie pétrolière iranienne. Le succès se fit toutefois attendre; Mossadegh résista pendant deux ans aux assauts combinés de Londres et de Washington. Au même moment, la CIA se lançait, au Guatemala, dans ce qui allait devenir l’archétype du coup d’État bien fait, le modèle qui servira de manuel à tous ceux qui ont suivi : l’opération PB Success qui emporta la tête du président Jacobo Árbenz Guzmán, hostile aux intérêts de la United Fruit Company (hispanisée depuis sous le nom de Chiquita et en excellente position sur la longue liste de compagnies que je boycotte). Les États-Unis eurent gain de cause en Iran aussi (1953) où ils soutinrent le très incompétent et non moins détesté Chah jusqu’à la Révolution de 1979 qui leur vaut de s’en mordre le doigt aujourd’hui encore. Continuer de lire « Les joies d’une Ambassade Américaine »