À Jocelerme Privert, merci

Hier, notre Prince de la Saint-Valentin a cédé la place au dauphin rose de l’ancien roi-bouffon. Il aura tenu sa promesse et accompli son mandat en organisant des élections présidentielles, législatives et locales, dans une certaine indifférence de la population, certes, mais dans une relative stabilité. Pour cela, il mérite bien quelques remerciements. Notre nouveau prince a salué l’exploit dans son discours d’investiture. Certes, nous … Continuer de lire À Jocelerme Privert, merci

Pour que l’État puisse être réconforté*

Habemus senatoribus. Hier au soir, après des semaines passées à crier à qui voulait l’entendre ses doutes quant à leur qualité d’élus,  le « Président du Sénat » a décidé de permettre la validation des pouvoirs des sénateurs issus des événements du 9 août et du 25 octobre 2015. Il le fallait, nous explique-t-il, par respect pour les institutions de ce pays. Les institutions de ce pays lui sont reconnaissantes. Jamais elles ne se sont senties aussi respectées.

Cette validation des pouvoirs des nouveaux sénateurs suit celle, en mode ninja, des nouveaux députés qui ont ainsi brillamment déjoué les manifestations planifiées par l’opposition pour protester contre leur investiture. La cinquantième législature démarre donc, de la belle et bonne façon, dans la confusion générale. Elle sera, nous assurent nos nouveaux chefs, celle de la rupture. Adieu, va !

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Étudier les relations internationales, un devoir citoyen

Il y a deux jours, un étudiant en génie est venu me voir, curieux des Relations Internationales comme discipline et comme objet d’étude et désireux de savoir, avoua-t-il dans une charmante franchise, « ce qu’on y faisait ». Ce n’est pas la première fois que je me retrouve à répondre à cette question et ce ne sera certainement pas la dernière. Elle revient souvent, avec une régularité de métronome, dans une société haïtienne, au capitalisme primaire et précaire, préoccupée par la valeur marchande des formations acquises. Le « ce qu’on y faisait » c’est souvent un « à quoi ça sert » et surtout un « combien ça paye ». Aussi, ai-je commencé par répondre à la question de mon futur ingénieur de façon plutôt mécanique.

Je lui ai dit les changements politiques, économiques sociaux et culturels du système international; l’exploration des interactions et de l’influence de facteurs domestiques, régionaux et globaux sur les relations entre acteurs inter et transnationaux ; l’analyse des choix et des défis de relations entre les acteurs. Je lui ai dit les carrières dans le gouvernement, les organisations internationales, les organisations non-gouvernementales et le secteur privé, les possibilités d’admission dans des programmes de master en droit, affaires, économie et science politique … Mais il y avait quelque chose dans son regard qui m’a forcé à m’arrêter et réévaluer ma réponse. Il y avait, au fond de ses yeux, une lueur salutaire, un réel intérêt pour la question, comme un signal qu’il méritait mieux que des platitudes convenues. C’est alors que je lui ai parlé. Vraiment. Comme on parle à un frère. Que l’on vient de reconnaitre. Un membre de la famille que l’on ne savait perdu mais que l’on vient de retrouver. Et avec quel bonheur !

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