Erostrates

Le 21 juillet -356, alors que la déesse Artémis était occupée, selon le bon mot du biographe Hégésias de Magnésie, « à mettre au monde Alexandre Le Grand », un homme déterminé à devenir célèbre mettait le feu à son temple à Éphèse. Comme le fait justement remarquer Jean-Paul Sartre dans la nouvelle du même nom, Érostrate « ne fit pas un si mauvais calcul » . Même voué à l’interdit par les Éphésiens, son nom est passé à la postérité grâce à l’historien Théopompe – dans ses Helléniques – et ceux qui ont suivi.

Érostrate n’était pas un mauvais bougre à la base. Comme la majorité d’entre nous – l’auteur de ces lignes non incluse – il aspirait à l’immortalité. À défaut de la pierre philosophale, et autre garant d’une vie éternelle, il a trouvé « the next best thing »: devenir célèbre. Il lui fallait toutefois trouver un moyen d’y arriver et flamber le temple de la déesse en était un – et un excellent. Alors, il le fit. Il fit sauter le temple.

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