Monsieur le Commissaire, ne laissez pas assassiner Saahmie une seconde fois

Monsieur le Commissaire Clamé Ocnam Daméus,

Cela fera bientôt deux ans que des assassins nous ont enlevé Lencie Samuela Mirville. Deux ans depuis que je les surveille de loin, que j’épie chaque fait et geste, chaque changement de prison, chaque date proposée pour le passage aux assises. Deux ans depuis que j’attends patiemment que la justice fasse son travail. Jamais encore, je ne m’étais inquiétée.

J’avais bien compris que le cas Brandt était plus urgent et avais accepté, en toute confiance, que le cas de Saahmie soit renvoyé aux plus prochaines assises criminelles, celles qui doivent se tenir au mois de juillet 2017. L’essentiel était  que justice soit faite et s’il fallait attendre un peu, eh bien, nous allions attendre.  Hier soir, toutefois,  j’ai appris que le jugement pourrait  encore être renvoyé, le Parquet n’ayant toujours pas terminé son réquisitoire. Depuis, c’est comme si quelque chose m’avait pris à la gorge et refusait de lâcher.

J’ai passé la nuit à tourner et retourner les événements dans ma tête sans arriver à leur donner un sens. Je me surprends  à me demander s’il n’y aurait pas anguille sous roche. Ce n’est pas que j’y crois mais, en ce moment, mon esprit fiévreux me joue des tours et ma belle rationalité semble déterminée à décamper. J’en ai conclu que j’avais besoin d’aide et qu’il me fallait me tourner vers vous.

Monsieur le Commissaire,

Voilà la deuxième fois en deux ans que je vous écris publiquement pour vous demander justice pour une femme.  Cette fois, toutefois, ce n’est pas que la blogueuse qui écrit; c’est bien plus critique, il s’agit d’un meurtre et c’est personnel. Je vous écris pour vous demander de m’aider à tenir une promesse que j’ai faite à Saahmie. Une promesse que nous avons tous faite à Saahmie : celle de ne pas la laisser n’être qu’une victime de plus, celle de nous assurer que ses ravisseurs et assassins seront punis, celle d’empêcher à tout prix qu’elle soit de nouveau assassinée par un système judiciaire qui trop souvent nous abandonne à notre sort. Et pour cela, je compte sur vous.

Ma requête est simple. Je souhaiterais que vous m’aidiez à reprendre confiance, que vous mettiez fin à mes inquiétudes. J’ai besoin de savoir que tout ira bien, que justice sera faite. Si le Parquet manque de bras, je connais des étudiants et des professeurs qui ne demandent qu’à aider. Il suffit de dire. Nous sommes prêts. La saahmultitude est là. Il suffit de dire.

Avec toute ma gratitude,

Patricia Camilien

1 Comment

  1. Nous aussi on ne demande qu’à aider. Il faut que justice soit faite, il faut que les criminels cessent de tuer, il faut que nous cessons de vivre dans la peur

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